dimanche 19 juin 2016

La France d’en bas ou au plus bas ?



« La France d’en bas » disait Jean-Pierre Raffarin. Ce propos avait son côté vexant d’une dichotomie qui n’allait pas dans le sens du « vivre ensemble » dont les politiques des partis de gouvernement répètent ce discours dans une logorrhée répétitive. Qui sont les français d’en bas ? Ceux qui sont en-dessous du revenu médian de 1772€/mois en septembre 2015 ? Cela fait beaucoup de riches en haut ! Non la France d’en bas, c’est la France au plus bas, celle du chaos et de la violence qui la gangrènent un peu plus chaque jour. Les évènements comme la COP21, auto-satisfecit de François Hollande, et l’Euro 2016, sonnent faux dans le paysage d’une France qui s’apprête à des bouleversements politiques. Oui il faut des jeux et du cirque pour que la France d’en bas oublie de mesurer l’ampleur de la descente. Le « La France va mieux » ne peut avoir d’écho quand on sait que le commerce extérieur est très déficitaire. Le consommateur français n’achète pas préférentiellement des produits français. En important plus qu’en exportant, c’est l’étranger que nous payons, pas nos entreprises.

François Hollande a dit que la finance était son ennemi, mal lui en prend car notre balance des paiements est excédentaire à cause… des organismes financiers, assureurs et banques entre autres, qui performent à l’étranger, et les services. La France continue donc à réduire l’impact des produits français dans le monde pendant que l’Etat ment sur ses efforts d’austérité dans les dépenses. Le budget 2015 prévoyait 7,3 milliards d’économies, et Michel Sapin a annoncé 15 Mds€ réalisés. Malheureusement la Cour des Comptes ne trouve que 0,3 Mds€ si l’on prend en compte les dépenses exceptionnelles de 2014 pour l’UE comme le Mécanisme Européen de Stabilité, et les programmes d’investissement d’avenir. Malgré cette omission dans le satisfecit que se décerne Michel Sapin, le déficit est néanmoins de 70,5 milliards, donc supérieur aux recettes de l'impôt sur le revenu (69,3 milliards) ou aux dépenses pour l'enseignement scolaire (66,4 milliards). 

Ceci étant dit, les dépenses de l'État n'ont dépassé la loi de finances initiale que de 400 millions, sauf que ce résultat tient compte d’une économie sur la charge de la dette de 2,2 milliards, grâce à la faiblesse des taux d'intérêt. Sans cet aspect bénéfique non maîtrisable, les dépenses auraient augmenté de 2,6 Mds€ par rapport à 2014. On peut ajouter que des postes importants budgétés n’ont pas été dépensés comme les infrastructures de transport (1,1 milliard) ou le remboursement de la dette à la Sécurité sociale. La politique d’austérité du gouvernement ne s’applique pas à lui-même mais aux salariés publics et privés. La France s’enfonce toujours dans la dette et on peut s’attendre à une année 2016 où Bruxelles nous montrera du doigt. On peut d’ailleurs s’étonner que la dette n’augmente que de 48 milliards alors que le déficit est de 70. Dernier tour de passe-passe en vendant des obligations à des taux de 5 à 6% d’intérêt qui s’arrachent mais que nous devrons payer dans l’avenir au prix fort. Cela s’appelle repousser la dette.

Mais la France présente un visage chaotique de violence, de grèves, de blocages, d’attentats et de manifestations diverses. Le dialogue social est bloqué et l’affrontement se passe dans la rue. La sécurité des français est mise à l’épreuve et on finit par soupçonner Hollande de ne penser qu’à sa réélection. Avec 14% de français satisfaits de son action et 7% prêts à revoter pour lui, la défiance du peuple paralyse la France même si la croissance semble flirter avec le 1,5% nécessaire à la stabilisation du chômage selon les économistes. Les casseurs accompagnent toutes les manifestations dans nos grandes villes et détruisent les biens publics et privés. Les forces police sont sur les dents et sont partout, même au nombre de 2.000 à Lille pour l’Euro 2016. 

La France offre une image de chaos aux yeux du monde. Il y a quelques places symboliques dans notre capitale. Parmi celles-ci la place de la République a été choisie pour le recueillement des français suite aux attentats. Quoi de plus symbolique pour la France d’aujourd’hui ? Cette place avait fait l’objet de travaux de rénovation et d’embellissement importants en 2013 et présentait un bel espace de convivialité. Ce lieu est symbolique à cause de son accessibilité et de sa localisation au carrefour de grandes avenues, c'est un des lieux habituels des manifestations parisiennes, le plus souvent à l'initiative des organisations politiques de gauche ou des organisations syndicales. C’est aussi un lieu touristique dont l’histoire récente est liée au cadre choisi en 1958 par le Général de Gaulle pour une manifestation, le 4 septembre, en faveur du Oui au référendum instituant la Constitution de la Cinquième République.

Les manifestations se déroulaient dans le calme. Mais un tournant s’est produit depuis que le 11 janvier 2015,  cette place fut le départ de la marche républicaine destinée à rendre hommage aux victimes décédées dans les attentats et prises d'otages des jours précédents et à s'opposer au terrorisme. Depuis elle est devenue le cloaque de la République. Il est plus facile d’exprimer le changement par l’image que par les mots. Les deux photos ont été prises respectivement en juin 2013 et mai 2016. On imagine le commentaire des touristes qui trouvent cette place dans leur guide touristique ! 

Mais ceci ne limite pas là. Les résidents et tous les parisiens qui en avaient fait un lieu convivial pour s’y rencontrer voient désormais le rassemblement et le lieu de vie des sans-abris immigrés ou non. La place est littéralement squattée et c’est le lieu de la France d’en bas, du très bas, une sorte de nouvelle Cour des miracles !

Voilà une représentation de la France de la France de demain dans nos villes. Que l’on ne s’y trompe pas, si rien ne change, nous allons vers une France à la Grecque. La paupérisation en cours à laquelle vient s’ajouter une immigration volontairement non maîtrisée fera bientôt honte à nos concitoyens de la France des retraités, des travailleurs et des entrepreneurs et pas ceux du CAC40 et aux banquiers qui prendront encore de l’argent à une France exsangue comme en Grèce. Il est temps de nous réveiller avant d’être dépouillés et jetés à la rue ! 

Si le Royaume-Uni peut se poser la question de son avenir,

La France n’a même plus le référendum pour s’exprimer. 

La statue de la Liberté trône sur une place devenue

Le cloaque symbolique de la République ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon