mercredi 29 juin 2016

Slogan euro-fasciste : Revoter ! Slogan français : Dépenser !



A près de 52% les Britanniques ont voté le Brexit, sans doute sans savoir pourquoi Cameron l’avait proposé alors que le référendum est devenu persona non grata à Bruxelles. Ils ont saisi cet effet d’aubaine tant la colère contre Bruxelles s’est amplifiée devant son attitude sur le flux migratoire alors que l’âme britannique a toujours mal supporté de se voir imposer quoi que ce soit par le Continent. Alors le clivage apparaît nettement entre les « riches initiés » s’appuyant sur les « Sans Dents » et les « riches non-initiés » associés au peuple des européistes béatifiés. Il n’est que de regarder les mouvements de capitaux pour s’apercevoir que les « riches initiés » étaient peu nombreux. Ils n’ont rien perdu bien au contraire et leurs déclarations récentes sont intéressantes. Georges Soros prédit le démantèlement de l’UE avec délectation. Goldmann Sachs demande de faire comme si le Brexit n’avait jamais existé.

Ces grands manitous de la finance manipulent l’UE comme une pâte à modeler. Il faut bien la pétrir pour la rendre encore plus souple, autrement dit la démanteler, et pour ce qui concerne les « affaires » se comporter comme si le Brexit n’avait aucune importance, sauf qu’il permet de s’enrichir un peu plus. Le TAFTA ou TTIP est beaucoup plus important pour eux et la montée d’une certaine peur des dirigeants européens est nuisible à leurs plans. Il est donc urgent de réduire la résistance en divisant les pays. D’ailleurs on voit que, Allemagne mise à part, les pays de l’UE ne savent plus par quel bout prendre le problème et ils ne prennent pas le même. Les « Sans Dents » ont bien récupéré un peu de la liberté qu’offre le souverainisme mais on se chargera de progressivement les en dépouiller. Ils sont utiles, on les utilise, ils ne le sont plus, on les réduit au silence. Pourtant les « riches initiés » ont ouvert la boîte de Pandore et les peuples peuvent avoir un pouvoir de nuisance qui peut changer la donne… à eux de s’en rendre compte. Si ce n’est pas encore gagné, la luciole britannique apporte un peu de lumière. 

Mais dans l’autre camp c’est la rage, les « riches non-initiés » et les européistes béatifiés se sentent floués d’une victoire tant promise par les bookmakers et autres sorciers. Alors tous font chorus pour le No Brexit et un nouveau vote. Les partisans du multiculturalisme, de la tolérance jusqu’à la submersion migratoire, les élites bien-pensantes et le monde des entreprises exportatrices ferventes de libéralisme, se rassemblent pour crier leur déni de démocratie dans une attitude euro-fasciste. Une attitude que l’on retrouve dans l’écolo-fascisme, avec le martèlement du réchauffement climatique, que les Bretons attendent ce mois-ci, en faisant fi de tous les scientifiques de plus en plus nombreux qui doutent surtout sur son origine. Pour eux il faut bien voter, c’est-à-dire comme ils pensent, sinon on revote selon la méthode imposée aux français et aux hollandais pour la Constitution européenne. Mais le masque tombe. Les BHL, Attali, Minc et consorts crachent sur la démocratie et les « Sans dents » ignares auxquels on ne devrait donc pas demander l’avis.

Le catastrophisme du Brexit qui devait aussitôt mettre par terre le Royaume-Uni va faire pschitt dans quelques mois. Le RU va retrouver sa place et la City son rayonnement. Les marchés digèrent déjà la gifle et la monnaie de singe va couler un peu plus vite hors des banques centrales. La livre qui était à plus de 1,4 euros il y a un an était retombée à 1,25 euros en avril. Le 28 juin elle atteignait son point bas avec 1,1 euros mais dès aujourd’hui elle aborde une remontée vraisemblablement jusqu’à sa nouvelle valeur d’équilibre à 1,25. Le catastrophisme n’est pas là, ce qui ne veut pas dire que de nombreux ajustements ne devront pas être faits de part et d’autre. Les perdants seront les pays qui n’ont pas réussi leur évolution socio-économique pendant la période d’un environnement extérieur très favorable comme nous ne l’avons jamais connu en particulier avec le pétrole bon marché, des taux d’emprunt voisins de zéro, et un euro revenu à 1,10$ au lieu de 1,40 en mars 2014. Avec plus de 20% de variation de la monnaie, c’est beaucoup mieux que le Pacte de Stabilité et le Crédit d’impôt pour les entreprises exportatrices ! 

Malheureusement le coup de pouce involontaire dont nous bénéficions n’a apporté que de maigres résultats avec une croissance qui a même du mal à stabiliser le chômage de la catégorie A que l’on traficote en augmentant les radiations à Pôle Emploi et les mises en formation. C’est tout-de-même près de 600.000 demandeurs d’emploi depuis mai 2012. A titre de comparaison, de mai 2007 à mai 2011 soit aussi quatre ans, le nombre supplémentaire de demandeurs d’emploi de la même catégorie était de 566.000. Nous venions alors de traverser l’une des pires crises financières en 2008 avec un euro à 1,45$ en moyenne au lieu de 1,20$ pour les 4 ans Hollande, des taux d’emprunt de 3,5% de mai 2007 à mai 2011 pour 1,25% en moyenne de mai 2012 à mai 2016 et devenu 0,168% aujourd’hui à 10 ans et négatifs en-dessous de 8 ans. Pour le pétrole la comparaison sur ces deux périodes de 4 ans, on a respectivement 95$ le baril et 85$ en moyenne mais aujourd’hui on est à 55$. La comparaison montre de toute évidence que les premiers 4 ans de Hollande ont été bien pire que ceux de Sarkozy même si la crise de 2008 a été maîtrisée par un endettement plus important avec 6% par an en moyenne contre 4% sur 2012-2016.

La France reste un pays cigale qui profite de l’afflux d’argent des banques centrales, lequel cache encore l’endettement des États et des banques, pour faire flamber sa protection sociale et son nombre de fonctionnaires payés à crédit. Sur ce dernier point, non seulement cela alourdit la dépense publique par habitant, l’une des plus élevées de l’UE, mais elle reporte sur l’avenir un paiement des retraites plus lourd qui n’est pas provisionné dans les comptes publics. La cour des Comptes et l’Ifrap viennent de publier un document signalant que le budget dépenses 2016 ne sera pas tenu. L’État compte sans doute sur des rentrées supplémentaires, comme la chasse aux capitaux expatriés, pour se répandre en largesses électorales et en dépenses militaires dont une partie sera mise à part pour Bruxelles et vendre l’exécution de son budget. Pourtant c’est toujours nous qui payons les dépenses mises sous le tapis. 

Le fascisme envahit la vie publique et politique

Et c’est avec la bénédiction des européistes. 

Les britanniques bravent la tutelle

Quand nous, nous dépensons 

Ce que nous n’avons pas

Pour rester serviles ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon