samedi 18 juin 2016

France : tes mauvais choix sont dans les chiffres ! (suite)

A l’heure de l’assassinat, le 16 juin 2016, de la britannique Jo Cox, championne du camp pro-UE, sept jours avant le référendum pour ou contre le Brexit, on voit que ce référendum a une grande importance. Il faut d’ailleurs se souvenir du 12 septembre 2013 avec l’assassinat en Suède d'Ana Lindh, championne du camp Pro-euro, trois jours avant le référendum pour ou contre l'Euro. Ce sont les mêmes coïncidences qui ont lieu lors des exercices de santé et de sécurité publique qui ont lieu systématiquement peu de temps avant les attentats provoquant un grand nombre de victimes comme à Boston et à Paris en novembre. Je vous laisse vous faire une opinion. Pour les plus matheux, ils peuvent évaluer la probabilité les chances que cela soit dû seulement au hasard.

Une chose est sûre, l’ « Establishment » est toutes dents dehors contre le Brexit qui vient perturber leurs plans. Leur crainte est l’explosion de l’UE. Les danois ont déjà annoncé qu’ils lanceraient un référendum en cas de Brexit. La question de l’euro ne se pose pas aux britanniques qui ont même pris des distances par rapport à l’Union Européenne. Pour la France la réponse est double, sortie de l’euro ou sortie de l’UE, sachant d’ailleurs que la sortie de l’euro n’a pas été statutairement prévue contrairement à la sortie de l’UE. Regardons ce que nous amène notre participation à l’euro et à l’UE en nous comparant à des pays (hors pays de l’Europe de l’Est) qui n’ont pas fait ce choix : Danemark, Islande, Norvège, Suède, Suisse. Comme dans l’article précédent nous allons regarder le PIB/habitant qui est le critère global de réussite économique le plus significatif. La France pointe au dernier rang avec 37675 dollarsUS très loin derrière la Norvège et la Suisse qui ne sont pas dans l’UE, mais aussi derrière la Suède et le Danemark qui sont dans l’UE et pas dans la zone euro. On est même derrière la petite Islande. Que dire alors de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal et de la Grèce qui sont encore derrière nous et dans la zone euro ? Sortir de l’euro serait une catastrophe ? 

Aurons-nous plus de chance avec le taux de chômage ? Malheureusement ce n’est pas le cas et nous sommes ridiculisés par la Suisse avec son chômage à 3,3% pour 10,3% chez nous en 2015. Mais les 4 autres pays font mieux que nous, même la Suède avec 7,4%. On remarquera au passage que ce sont les 3 pays hors UE qui ont les plus bas taux de chômage. Il est intéressant de noter que la Norvège et la Suisse ont été assez insensibles à la crise de 2008 sur ce marqueur social. Le renoncement de l’Islande à l’UE, retrait officiel de candidature en 2015, lui donne depuis 2010 une baisse spectaculaire du chômage. Ce pays est un exemple d’opposition au « Système ».

Qu’en est-il du taux d’emploi ? Nous n’avons des données que jusqu’en 2014, mais là encore, la France fait pâle figure. Le taux d’emploi de l’Islande est de 40% supérieur à celui de la France, mais le pays le moins bien placé après nous est à 58% quand nous affichons 50% dans une population de plus de 15 ans. Là encore on voit que la Suède et le Danemark, pays dans l’UE, font moins bien que la Suisse, la Norvège et l’Islande qui sont hors UE. Ni l’UE, ni la zone euro sont donc des moteurs de l’emploi. 

Les pays hors UE ou hors zone euro le payent-ils par une dette supérieure ? La comparaison est encore plus dure pour nous. La réussite spectaculaire de l’Islande est due à deux dispositions totalement opposées aux choix de l’UE. La première c'est la dévaluation de la couronne qui a atteint jusqu'à 70%. Certes, cette baisse de la monnaie dans une économie si dépendante de l'étranger a provoqué une inflation qui a frôlé les 18% en rythme annuel au cours de l'année 2009 (elle atteint encore 4,3%). Il a fallu ralentir la hausse des salaires en 2009 et 2010. Mais cette baisse de la monnaie nationale a permis aux «parties saines» de l'économie nationale de profiter à plein de la reprise de l'économie mondiale. La deuxième c’est le refus de sauver les banques après la crise de 2008. Les trois géants bancaires, dont les bilans cumulés étaient 10 fois supérieurs au PIB du pays, n'ont pas été recapitalisés. Les créanciers étrangers ont été mis à contribution d'emblée. Reykjavik n'a jamais tenté de sauver leur mise, comme cela a été le cas pour les créanciers islandais. Ainsi, il n'y a pas eu, comme en Espagne, de transfert du risque bancaire vers les finances publiques. Pourquoi parle-t-on de catastrophe si la France dévalue de 10% l’euro par rapport au dollar et cesse d’être tributaire de la BCE qui renfloue les banques et commence à acheter les obligations souveraines pourries ?

Tout cela se traduit-il dans la croissance ? Le PIB/Habitant et le chômage sont-ils liés à la croissance dans des zones différentes, hors UE, UE hors euro et zone euro ? Examinons les pays hors UE. On trouve Islande 3.96%, Norvège 1,57%, Suisse 0,86% alors que la France est à 1,14% en 2015. Pour les pays de l’UE hors zone euro, on a Suède 4,09% et Danemark 1,26%. Il n’y a aucune corrélation de la croissance avec les indicateurs PI/habitant, taux de chômage. On remarque seulement que les pays du Nord, Islande, Suède, Danemark, sont généralement plus performant mais la Norvège ne se détache pas. La Norvège et la Suisse montrent que les bons résultats économiques et sociaux ne sont pas liés à la croissance ou tout au moins à des surperformances de croissance. Il y a là un sujet dont nous reparlerons, en particulier sur le lien entre la dette et le PIB/habitant. 

En conclusion l’argumentaire des européistes ne tient absolument pas. Ni l’euro, ni l’UE ne sont des vecteurs de croissance, de pouvoir d’achat et d’emploi. Les exemples de la Suède, du Royaume-Uni et particulièrement de l’Islande sont là pour montrer que la dévaluation n’est pas signe de catastrophe mais un moyen de rétablir l’économie et l’emploi. On peut y ajouter la dépendance de notre politique étrangère qui nous embarque dans des conflits générateurs d’attentats et d’immigration. La seule gagnante des pays européens majeurs est l’Allemagne qui pompe la richesse des pays riches de l’UE et la main d’ouvre des pays pauvres.

Les choix de la France et des pays méditerranéens sont des mauvais choix. 

L’UE européenne n’apporte rien aux pays européens. 

La zone euro ne bénéficie qu’à l’Allemagne,

L'UE aux pays mineurs de l’Est européen. 

La France est une poire et un vassal

De l’Allemagne et des États-Unis ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon