lundi 20 juin 2016

La dette publique est-elle bénéfique au citoyen ?



Une question se pose : y-a-t’il un lien entre la dette/habitant et le PIB/habitant, lequel est lié au pouvoir d’achat du citoyen ? On peut regarder la relation entre le PIB/habitant et la dette/habitant dans un certain nombre de pays du monde. Le choix s’est porté sur les 10 pays ayant la plus grande population du monde, auxquels on adjoint les principaux pays européens limitrophes de la France, et enfin le groupe de pays du Nord (Norvège, Suède) plus la Suisse. Ces trois derniers pays ont montré dans un article précédent qu’ils avaient des performances très au-dessus de la moyenne européenne. On voit qu’il y a une croissance générale du PIB avec la dette. Toutefois le graphique en dollars ci-contre montre que 5 pays se singularisent des 12 autres : Norvège, Suède, États-Unis, Suisse et Japon. Les 4 premiers montrent que leur PIB est sur-performant par rapport à la dette. Si on retrouve la Norvège, la Suède et la Suisse qui avaient déjà été ciblés précédemment, les États-Unis montrent qu’ils ont une puissance venant d’ailleurs. On retrouve la puissance du dollar qui assure celle des États-Unis. Par contre le Japon apparaît comme virtuellement en faillite et son économie ne tient que par des manipulations du yen et la planche à billets.

Il est donc utile de sortir de cette étude ces 5 pays qui méritent chacun des commentaires très spécifiques. Il faut souligner cependant les bonnes performances de la Suisse et surtout de la Suède, pays de l’UE à monnaie nationale qui est en plus est très peu endettée. Le nouveau graphique avec les 12 pays restants met en lumière deux constats importants. D’abord la différence de niveau atteint par les pays européens majeurs avec les pays émergents. Ensuite c’est l’évidente corrélation entre le PIB et la dette publique. C’est près de 90% du PIB qui provient de la dette. Autrement dit l’augmentation du PIB provient en moyenne à 88% d’une dette que nous repoussons devant nous. L’Allemagne fait nettement mieux en ajoutant à l’effet de la dette un surplus de 35% de PIB et le Royaume-Uni avec 12% de mieux. Par contre on voit la contreperformance de l’Italie qui fait 25% moins bien que l’apport de la dette. La France est l’image moyenne de l’utilisation de la dette. Dans les pays émergents la Russie et la Turquie montrent une sur-performance relative malgré le décalage de PIB/habitant avec les pays majeurs de l’Europe de l’Ouest. C’est l’inverse pour le Brésil et l’Indonésie. L’Inde a encore un long chemin pour sortir rattraper la Chine et la Russie. 

Toutefois ces pays ont une dette très faible. Le PIB/habitant des pays de l’Europe de l’Ouest ne sont donc que dus à l’utilisation de la dette. Nous sommes riches de dettes que nous proposons aux générations futures. Nous sommes donc très vulnérables à une crise financière et bancaire. Le remboursement de la dette nous ramènerait au niveau de pays comme la Russie et la Turquie. La Grèce y court. Le graphique ci-contre montre que le Japon, l’Italie sont les pays ayant tiré le moins bon parti de la dette publique. Mais la France, l’Espagne et la Belgique seraient loin de respecter le critère d’endettement à 60% du PIB qu’ils ont signé dans le traité de Maastricht. Ils ne pourraient entrer dans l’UE aujourd’hui, la Turquie et la Russie oui !

Ce tour d’horizon des grands pays du monde et de nos voisins majeurs européens montre que la croissance du PIB n’est due qu’à 12% de nos efforts réels et que la voie que nous suivons ne peut mener qu’à une explosion tôt ou tard dont l’échéance se rapproche. Elle ne fait que confirmer la bonne réussite de la Norvège et de la Suisse en dehors de l’UE, comme celles de la Suède et du Royaume-Uni en dehors de la zone euro. Elle confirme que l’Allemagne est la grande bénéficiaire de l’euro au détriment des autres pays majeurs. D’une part la France n’a donc aucun intérêt à rester dans la zone euro et même dans l’UE, d’autre part la politique de croissance avec l’augmentation de la dette ne peut conduire qu’à une impasse douloureuse d’appauvrissement dramatique. 

Ce n’est pas aux banques et aux lobbies de faire l’Europe

Car l’Europe ne peut appartenir qu’aux peuples 

Sous peine d’être une machine inhumaine

Chargée de les maintenir en servitude ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon