mardi 7 juin 2016

Des Français en colère, des Américains en révolte


La France est coupée en trois, une minorité agissante qui descend dans la rue et crie haut et fort son désaveu de la politique actuelle tout en prenant conscience que c’est Bruxelles qui a le pouvoir, une minorité qui rêve encore d’une « hollandie » prônant un changement à base sociale et démocratique, et une grande masse de citoyens désabusés qui laissent faire. Parmi eux il y a une forte proportion d’abstentionnistes potentiels, il y a aussi ceux qui subissent dans leur vie quotidienne les blocages des transports en acceptant ce mouvement de protestation. Cet ensemble soutient activement ou confusément, mais effectivement la mise en cause du gouvernement ainsi que celui qui l’a précédé. Jamais un Président n’a été aussi bas dans les sondages, jamais l’autorité de l’État n’a été aussi faible dans l’esprit du peuple. 

En mai 68 une partie importante de la population ne soutenait ni les syndicats, ni les étudiants. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, le rejet du pouvoir atteint toutes les couches de la population sauf les nantis qui tirent parti de la politique européenne, les banquiers, les multinationales, la haute Administration. On ne sait plus où est la gauche et le centre est devenu un balancier inutile puisque les deux derniers gouvernements ont mené la même politique, aux changements sociétaux près. Le gouvernement est acculé, arcbouté sur la loi du Travail, comme si elle était le symbole de son autorité. Il ouvre sa bourse à tout vent pour essayer de délester la colère sourde qui s’empare du pays. Il essaie de faire rentrer son peuple derrière l’écran de télévision pour regarder l’Euro 2016, mais le peuple sent le piège dont la ficelle est plus grosse encore que celle de la COP21. 

« Tout organisme de gauche ou qui se veut tel, atteint de macronite, est promis à la mélenchonisation » (terme utilisé par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis) a dit Mélenchon à Toulouse. Emmauel Macron, sympathisant de gauche, a enlevé le masque avec sa loi El Khomri. C’est l’homme de Bruxelles et du NOM derrière lequel se cache Jacques Attali. Ce dernier fait la paire avec Bernard-Henri Levy, représentant d’Israël et des grands banquiers juifs. La France se « libanise » avec une laïcité qui tend le bras au Coran en introduisant l’arabe en CP, creusant un peu plus le fossé entre des cultures maronites et musulmanes comme au Liban. La France se délite, sans but et en perte d’identité. Les jeunes regardent ailleurs comme jamais dans son histoire. Son patrimoine est lentement pillé et son impact international s’affaiblit en même temps que croît la détestation de notre pays guerrier dans l’oumma. L’atteinte aux libertés individuelles et collectives se met progressivement en place grâce à une oligarchie qui pratique un « fascisme rose ».

Notre destin est désormais lié à celui des États-Unis tant que nous serons dans l’Union Européenne. Ce qui se passe là-bas est directement transmissible sur la politique française par le biais de Bruxelles et de l’OTAN. L’élection présidentielle américaine est l’occasion de s’exprimer pour ce peuple et le constat d’une grande partie de celui-ci est en train d’ouvrir les yeux, de constater qu’il a été trompé comme chez nous. Le niveau de colère dans la population américaine est sans précédent, la seule conclusion rationnelle est que le résultat de l’élection est totalement imprévisible.  Le dégoût et la colère de nombreux Américains sont à coup sûr plus forts maintenant que dans les années 1970-1980, lorsque déjà des mouvements d'opinion si amples et rapides étaient possibles. Ce qui devrait jouer en faveur de Trump et contre Clinton qui apparaît comme le symbole même des  « choses-telles-qu'elles-sont » et du Nouvel Ordre Mondial qui finance sa campagne comme Goldman Sachs. Hillary Clinton représente désormais le parti des riches, terrain sur lequel l’attaque Bernie Sanders l’autre candidat démocrate.



L’opposition aux guerres inutiles est un slogan politique qui fait mouche tant les présidents précédents ont enfumé le peuple sur ce sujet en leur faisant croire à la nécessité des guerres pour leur sécurité. On parle toujours des Bush mais les libéraux n’ont pas été en reste. Jusqu’à la campagne de Donald Trump, il y avait un silence persistant sur ce droit divin meurtrier que les Etats-Unis se sont auto-accordés. Un tiers des membres des Nations Unies ont senti la botte de Washington que ce soit à travers le renversement de gouvernements, la subversion de la démocratie ou l’imposition de blocus et de boycotts. La plupart des présidents responsables étaient des libéraux : Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama. Voici ce que dit le journaliste John Pilger, par ailleurs scénariste et réalisateur australien, sur Obama. « L’un des présidents les plus violents, Obama a donné les pleins pouvoirs à l’appareil faiseur de guerres du Pentagone qui avait été discrédité du temps de son prédécesseur. Il a poursuivi plus que n’importe quel président les lanceurs d’alerte — en réalité des diseurs de vérité. Il prononça Chelsea Manning coupable avant même qu’elle ne soit jugée. Aujourd’hui, Obama dirige une campagne mondiale sans précédent de terrorisme et d’assassinat par drones. » Il ajoute : « En 2009, Obama a promis d’aider « à débarrasser le monde des armes nucléaires » et il a reçu le prix Nobel de la paix. Mais aucun président américain n’a construit autant d’ogives nucléaires qu’Obama. Il a modernisé l’arsenal du « jugement dernier », de l’Amérique, y compris une nouvelle « mini » arme nucléaire, dont la taille et la technologie « intelligente » ont fait dire à l’un des principaux généraux que son utilisation « n’était plus impensable ». 

Voilà pourquoi deux candidats de révolte contre le "Système" sont sur les rangs, Trump l’adversaire principal, Sanders en embuscade, et les révolutions s’arrêtent rarement à mi-chemin. La révolte du peuple américain se nourrit de 100 millions d’américains pratiquement sans ressource et de ce pouvoir oligarchique qui n’a cure de la pauvreté et ne fait plus de différence là-bas aussi entre les Républicains et les Démocrates. Le NOM pourrit les deux. Il y a des similitudes frappantes entre nos deux pays mais le réflexe d’autodéfense des peuples se répand dans l’UE moribonde. C’est un peuple qui n’en fait pas partie qui a sonné la révolte le premier, l’Islande. La France est à la peine car elle est quadruplement cadenassée par le NOM, l’OTAN, Bruxelles et l’euro. Pourtant elle commence à secouer vigoureusement ses chaînes. 

La France doit s’enraciner dans son histoire, 

Enrichir le monde de son rayonnement, 

Affronter mais ne jamais trahir 

Liberté, démocratie, laïcité 

Cadeaux de ses ancêtres ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon