dimanche 3 mai 2015

L’Europe, un continent, une culture ou un morceau d’ « Eurasiafrica » ?

Alors que les élections anglaises vont faire réfléchir ce peuple sur son appartenance ou non à l’Europe tout en fêtant le nouveau bébé royal, il ne serait pas inutile que les français se posent la même question. Si l’on s’en tient à la géographie, nul doute que nos deux pays appartiennent à l’Europe. La dérive des plaques tectoniques ne nous a séparés d’ailleurs que de quelques dizaines de km nous permettant désormais d’aller de Marseille à Londres en 6h30 par TGV sans quitter notre siège. Le tunnel sous la Manche, qui a fait couler tant d’encre et coûté si cher, est bien la concrétisation irrépressible du désir de ces deux peuples de vivre une histoire commune. L’histoire, à travers Guilhaume le Conquérant et Marie Stuart, reine de France et d’Ecosse, l’avait décrite depuis bien longtemps.

Mais la France, c’est le continent pour les anglais qui marquent ainsi le splendide isolement que la mer leur procure. Nous avons ciselé notre identité dans l’Empire Romain et fait revivre celui-ci dans l’empire de Charlemagne inscrivant ainsi que le centre de l’Europe passait par Aix-la-Chapelle et nous liait à l’Allemagne pour le meilleur et pour le pire. Assez bien protégée au sud par les Pyrénées, sauf des invasions mauresques, la France a défendu son pré-carré entre la poussée d’anglais rêvant de colonies dans le continent et de germains conscients d’une position centrale favorable à un empire germain. Héritière de la colonisation de la Méditerranée par les Romains, les Grecs et les Phéniciens, la France a été confrontée, comme aujourd’hui, aux trafiquants arabes d’esclaves pratiquant le piratage du trafic maritime de marchandises dans cette mer. Cette guerre maritime l’a conduite jusqu’à Alger, principal port d’attache de ces trafiquants. On connaît la suite. Le lien entre l’Europe et l’Afrique était rétabli depuis l’Empire romain, car, entre ces deux grands espaces, dits continents, il n’y a qu’un étroit détroit de Gibraltar.

Ce qui nous rapproche entre pays européens en dehors de la continuité des terres facilitant le commerce et la culture, c’est bien à cette dernière, qui fait fi de la lutte économique, que se rattache une identité qui nous sépare encore de l’Afrique. C’est elle qui dessine une Europe, celle qui va de l’Atlantique jusqu’à l’Oural. La religion y a joué un rôle central malgré les « schismes » orthodoxe et protestant. Ces derniers affirment des différences comme les sunnites et les chiites mais les fondements sont les mêmes, la chrétienté d’un côté, l’islam de l’autre. C’est peut-être dans l’église Sainte-Sophie d’Istanbul ou dans la mosquée-cathédrale de Cordoue que l’on mesure leur incompatibilité puisqu’on ne peut y assister qu’à leur juxtaposition, l’une venant emprunter les édifices, symboles  de l’autre, pour y substituer ou ajouter ses propres stigmates. 

On perçoit alors que depuis des millénaires, par égyptiens, grecs, romains, arabes, mongols, alamans, goths, sarrasins, perses, etc., l’Europe n’est que la partie occidentale de l’Eurasie et un carrefour entre l’Asie et l’Afrique. En voulant construire une Europe économique, on a détruit ce qui fait l’identité de l’Europe, la culture. L’Europe s’est autodétruite à sa naissance. Son dernier souffle s’est éteint lorsque, dans le projet de Constitution Européenne, elle a enlevé toute référence à son histoire judéo-chrétienne, donc à ce qui a cimenté sa culture. La fondation économique de l’UE la tiraille dans des alliances économiques, comme le Traité transatlantique, ou en fait repousser d’autres vers l’Asie. Nous sommes plus préoccupés par la protection de nos intérêts économiques en Afrique que par les alliances culturelles alors que le français se diffuse largement sans nous par la simple démographie.

La géographie et la démographie ont toujours imposé leurs lois à l’histoire. C’est pourquoi on ne peut l’étudier sans les cartes et sans les chiffres du nombre d’humains au km2. Les flux migratoires, les guerres pour manque de ressources alimentaires, donc souvent d’eau, sont les premières causes sur lesquelles surfent les religions pour étendre leur pouvoir et les marchands pour la captation des richesses humaines, et celles du sol et du sous-sol. La géographie et l’histoire s’entrelacent pour nous faire comprendre que nous n’échapperons pas au constat que l’Europe n’est que la partie occidentale de l’Asie et irrémédiablement liée à l’Afrique en attendant que ce continent se colle à l’Europe par mouvement des plaques tectoniques. 

Alors il nous faut ouvrir les yeux. Notre histoire n’est pas au-delà de l’Atlantique, même si Christophe Colomb et La Fayette y ont débarqué. Les Etats-Unis sont partis à la conquête du monde et se considèrent être le peuple élu, comme le peuple juif qui l’influence. Seuls les moyens rapides de transport nous ont rapprochés après l’esprit de conquête des migrants de pays européens dans une situation comparable à l’immigration africaine d’aujourd’hui. Leur nombre et la puissance des armes européennes ont submergé les populations en faible densité sur ces territoires colonisés. Mais nous européens, nous sommes face à l’Afrique et les flux migratoires ne vont que croître par le simple constat démographique de l’évolution d’ici 2050, Europe 4%, Asie 20%, Afrique 115%. L’ « Eurasiafrica » est dans un déséquilibre géographique grandissant et l’Europe en est une plaque tournante vouée à la récession par le vieillissement de ses populations si rien ne change. C’est une terre offerte vers laquelle les transhumances se dirigent.

L’Europe n’existe que dans notre culture et nos mœurs, ce sont nos biens les plus précieux, mais ils s’effacent devant les problèmes économiques qui se sont moqués de l’esprit européen et qui vont continuer à le faire pour prendre à leur compte les divergences démographiques. Ce morceau de continent « Eurasiafrica » ne devra sa survie qu’en rééquilibrant les disparités entre les populations et les ressources alimentaires, et celles du sol et du sous-sol. Mais c’est une image de non-prédateur que doivent porter les pays européens. Celui-ci est bien différent de celui des marchands, des conflits que nous alimentons, des ingérences au nom de la démocratie, voire impures et injustifiables. Tout est à faire pour les jeunes si on les y invite.  

L’Europe n’existe pas pour n’être livrée qu’à la finance et à l’économie.

L’Europe des citoyens n’existe pas quand sa démocratie est un leurre. 

Mais les grandes lois de l’histoire de l’humanité se rappellent à nous.

Les guerres ne résolvent rien et ne rapportent qu’aux puissants. 

Seuls les peuples endoctrinés ou qui ont peur ou faim

Choisissent la guerre ou l’émigration !
 

Claude Trouvé 

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon