lundi 25 mai 2015

Le monde est sur une bombe à retardement



Le printemps et les paroles doucereuses de nos gouvernants, qui regardent l’arrivée des cigognes sur les cheminées alsaciennes en lorgnant vers l’Allemagne, ne sont pourtant pas suffisants pour nous faire regarder un ciel sans nuage. On nous tient dans la brume en affirmant que le beau temps est derrière. Un petit 0,6% de croissance, au-dessus de 0,3% prévus initialement, suffisent à nous prédire un soleil radieux. Ce discours est répété depuis la dernière crise de 2007-2008, mais il en est encore certains qui y croient. Un petit bout d’espoir agité comme un chiffon rouge permet de gagner du temps… et ça marche. La méthode consiste à se précipiter sur le premier chiffre positif qui sort et d’occulter tous les autres. La croissance est revenue, la baisse du chômage va suivre, c’est sûr. 

Malheureusement la hausse du chômage entraîne une baisse du pouvoir d’achat. Donc pour maintenir la consommation intérieure, ce n’est pas la panacée même si cela se traduit par une baisse des importations. Ce qui est bénéfique pour le bilan du commerce extérieur. Mais il y a des chiffres qui viennent assombrir les perspectives, c’est la hausse des faillites d’entreprises au cours du premier trimestre avec 18.000 faillites, soit une hausse de 7,6% par rapport au premier trimestre 2014. Cela représentera probablement 60.000 faillites pour l’année 2015. On a beau dire que cela concerne essentiellement le secteur du bâtiment et les très petites entreprises, c’est finalement plutôt inquiétant. « Quand le bâtiment va, tout va » était autrefois lancé par nos politiques comme le baromètre de l’économie. Ils sont devenus discrets et si les petites entreprises ferment c’est que le consommateur les boude. Nul doute qu’il fait un calcul de gestion rigoureuse de son argent. Quand les entreprises disparaissent, la croissance s’éloigne et le chômage persiste. La France ne va donc toujours pas bien. Elle reste tributaire de l’embellie des facteurs extérieurs, qui n’ont rien à voir avec la maîtrise interne de son économie, facteurs aléatoires d’ailleurs.

Le printemps et les paroles doucereuses de nos gouvernants, qui regardent l’arrivée des cigognes sur les cheminées alsaciennes en lorgnant vers l’Allemagne, ne sont pourtant pas suffisants pour nous faire regarder un ciel sans nuage. On nous tient dans la brume en affirmant que le beau temps est derrière. Un petit 0,6% de croissance, au-dessus de 0,3% prévus initialement, suffisent à nous prédire un soleil radieux. Ce discours est répété depuis la dernière crise de 2007-2008, mais il en est encore certains qui y croient. Un petit bout d’espoir agité comme un chiffon rouge permet de gagner du temps… et ça marche. La méthode consiste à se précipiter sur le premier chiffre positif qui sort et d’occulter tous les autres. La croissance est revenue, la baisse du chômage va suivre, c’est sûr. 

Mais si les regards se tournent à nouveau vers un autre pays d’Europe, encore plus en difficulté comme la Grèce, on voit qu’elle va poser un problème, plus grave que ne le pensent certains, pour l’UE. D’autres pays en difficulté vont regarder avec intérêt les largesses éventuelles faites à la Grèce et demander aussi d’en bénéficier. Si c’est l’Italie, les sommes seront autrement plus élevées et l’UE risque de ne pas pouvoir suivre. N’oublions pas que la France est le deuxième pays en importance derrière l’Allemagne sur la caution des prêts du fond de solidarité (FESF). Mais dans le secret l’Allemagne, la BCE, le FMI et les grandes banques se préparent au Grexit, la sortie de l’euro… voire plus. En effet la Grèce arrive au bout du rouleau de ses possibilités sans le versement des 7 à 8 milliards promis et mis sous conditions non remplies selon l’UE. Elle a déjà eu recours à un fonds d'urgence pour payer les 750 millions d'euros du FMI en mai. Les quatre échéances des 5,12, 16 et 19 juin totalisent 1,574 milliards. Selon les différents propos émis par certains ministres grecs, l’échéance du 5 juin pourrait être payée ainsi que les fonctionnaires et les retraites… mais plus les échéances suivantes.

L’heure de vérité est imminente pour la Grèce. Quelle que soit l’issue des discussions, l’UE va traverser une période de grand danger avec des pays qui ruent comme l’Autriche et la Hongrie ou qui vont le faire comme l’Espagne avec la poussée électorale des indignés, ou encore comme l’Italie en mauvaise posture, ou encore comme le Royaume-Uni qui va se faire de plus en plus exigeant de conditions particulières. Par ailleurs la croissance n’est pas encore au rendez-vous car elle est juste un peu redevable du QE de la BCE qui largue de l’argent à gogo dans le système bancaire jusqu’en 2017 à raison de 60 milliards par mois. On peut y ajouter les facteurs extérieurs favorables surtout pour les pays fortement exportateurs en dehors de la zone euro. 

Mais il nous faut regarder plus loin vers le monde. Le FMI abaisse les perspectives de croissance. Les Etats-Unis piétinent depuis l’arrêt des QE. La Chine diminue sa croissance, la Russie traverse une année 2015 difficile avec les sanctions occidentales, les BRICS marquent le pas. Pendant ce temps la dette globale mondiale progresse sans cesse en particulier celle des Etats-Unis avec 9.000 milliards de plus depuis la crise dont 800 milliards l’an dernier pour un total de 18.000 milliards de dollars, tout ça pour faire marcher les industries de l’armement. Mais les chiffres de la dette mondiale donne le vertige avec 199.000 milliards de dollars, soit 28.000 dollars par être humain, un montant record dans l’histoire. La progression est tout aussi préoccupante avec une augmentation de 57 trillions (milliards de dollars) depuis 2007. Ces chiffres montrent donc que nous sommes dans une situation bien pire que celle dans laquelle nous nous trouvions juste avant la crise financière. 

Selon le rapport de l’Institut McKinsey : « En fait, plutôt que de réduire leur endettement, toutes les grandes économies ont aujourd’hui un niveau d’emprunt plus élevé par rapport à leur produit intérieur brut qu’en 2007. (…) Cela pose de nouveaux risques pour la stabilité financière, et pourrait saper la croissance économique mondiale. » Tout ceci implique que la courte période de relative stabilité dont nous venons de bénéficier sur ces dernières années n’est imputable qu’aux emprunts effrénés et à l’impression d’argent qui l’ont accompagnée. « Quiconque doté d’une moitié de cerveau devrait être capable de voir qu’il s’agit d’une gigantesque bulle financière, et qu’elle est vouée à se dégonfler de façon très, très douloureuse », écrit Michael Snyder du blog économique The Economic Collapse. Seules les Bourses continuent sur leur lancée, ce qui montre une déconnexion complète entre la spéculation et l’économie réelle, distorsion qui ne pourra continuer indéfiniment. 

Nous vivons un monde cruel où l’argent est roi et se concentre dans un nombre de moins en moins important de riches, possesseurs du monde et du pouvoir. Nous vivons un monde qui marche sur la tête, un monde qui se croit civilisé mais qui n’a pas progressé par rapport aux rapports humains des tribus primitives. Nous tuons avec un Charles De Gaulle qui croise en mer les rafiots transportant des centaines de passagers que nous avons obligés à fuir leur pays dans le chaos. Pour cela nous jetons l’opprobre sur les passeurs. Nous nous focalisons sur la réforme des collèges et des programmes, pendant que la Grèce ne sera peut-être plus à même de payer ses professeurs en Juin. La guerre se répand partout et nous pensons à nos prochaines vacances, ainsi va la vie et nous nous raccrochons à nos petits bonheurs qui nous font oublier qu’on nous mène vers des moments de malheur. 

Il nous faut croire au bonheur d’aujourd’hui pour nos enfants 

Mais il est coupable de céder à « l’embrumage » constant

Qui nous mène comme des moutons dociles 

Vers un précipice que l'on nous cache ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon