dimanche 25 janvier 2015

Racisme, communautarisme, individualisme ou nombrilisme politique ?

Billet d’humeur du dimanche
L’appel à l’unité nationale est le slogan sur lequel le gouvernement entend surfer après cette vague moutonnière soudain stupéfaite que l’on ne puisse plus dire n’importe quoi sans déclencher un bain de sang ni même ne pas suivre la charia sans risquer sa peau. Mûe par l’horreur et le ras-le-bol, une population française a pris conscience de ses valeurs fondamentales en disant spontanément « je suis Charlie », par simple réflexe de défense de ce qui lui reste de liberté. On pleure toujours les morts même s’ils l’ont cherché, et on ne peut admettre de perdre la liberté d’expression quand on essaie de nous enlever la liberté de pensée par l’omniprésence de la « pensée unique ».
Mais le gouvernement a tôt fait de demander l’unité nationale derrière lui, c’est-à-dire sans « moufeter ». Il est là, fier du travail accompli comme ses prédécesseurs, luttant sans relâche contre le racisme, le communautarisme, l’individualisme. Si les résultats ne sont pas là, c’est que nous n’avons pas encore assez donné de notre aide et que nous avons toujours ces mauvais penchants contre lesquels il lutte. Les beaux discours sur l’élan national de tous, entendons socialiste, doivent faire croire en l’avenir radieux que l’on nous promet depuis quarante ans et spécialement depuis 2000. Les politiques sont à la barre et le navire vogue toujours, cela suffit à donner des galons à ses commandants successifs. 

Les passagers, qui comptaient découvrir l’Atlantide, se retrouvent en mer australe parmi les icebergs et transis de froid mais ils sont invités à chanter la Marseillaise. Ils doivent chanter leur chance car pas très loin d’eux les navires italiens, espagnols, portugais et grecs tentent de se dégager des glaces et rationnent les vivres. D’ailleurs sur le navire grec, une bonne partie des passagers tentent de s’éloigner dans des chaloupes pendant que d’autres chantent « plus près de toi mon Dieu ». Notre commandant est lui, droit dans ses bottes, fier de son itinéraire qu’il a choisi sans tenir compte de notre intuition que l’Atlantide ne pouvait se trouver près du pôle. Ce n’est pas de sa faute si l’Atlantide est sûrement là parmi les icebergs mais de la nôtre qui avons douté, avons un moment détourné sa route et rallongé le parcours. Il doit donc nous rationner un peu et nous demander une fois pour toutes de nous taire.

Voilà l’aventure du navire France. Les politiques ont tout fait ce qu’il fallait malgré notre racisme, notre communautarisme et notre individualisme. Les tueries djihadistes c’est notre faute avec notre islamophobie. C’est de notre faute s‘il faut aller en découdre contre l’Islam qui recrute parmi nous ceux qui veulent se venger des massacres que nous perpétrons ou que nous aidons en terre d’Islam. C’est la faute du communautarisme si les professions libérales refusent d’aller doucement vers la fonctionnarisation, stade ultime du bonheur servile. La faillite de l’euro c’est la faute de notre réticence à plus d’Europe et à ceux qui mettent de la mauvaise volonté à accepter que UE et USA ne fassent qu’un. 

Décidemment ce peuple est souvent, ce que disait De Gaulle, « des veaux ». Heureusement que certains d’entre eux finissent en taureaux. Les autres finissent en vaches à lait et en bœufs à viande, consommations appréciées de ceux qui les mènent aux champs. Ces autres sont condamnés à travailler et leur liberté se résume à ruminer. Non vraiment il nous faut reconnaître que le salut c’est l’unité nationale derrière ceux qui nous mènent aux champs à moins que ce soit en bateau depuis quarante ans. Il ne peut venir à l’idée de ces meneurs qu’ils ont beaucoup plus raté que réussi dans leur tâche, sinon nous ne perdrions pas dans tous les secteurs par rapport à notre position mondiale.

Le fait que la Grande-Bretagne, pays moins peuplé que nous, nous ravisse la cinquième place mondiale, le fait que l’Allemagne nous ravisse le leadership de l’UE, le fait que nous soyons le pays qui a le moins besoin d’immigration à cause de sa bonne démographie, le fait que nos « politiques de la ville » successives aient englouti des budgets considérables pour aboutir à la multiplication des zones de non-droit, foyers privilégiés de la délinquance et de la radicalisation, le fait que notre chômage ne cesse de croître, etc. etc. ne sont en aucune façon le fiasco de nos politiques qui brandissent la Liberté, l’Egalité et la Laïcité, à défaut de la Fraternité, tout en s’accrochant au pouvoir et à tous les avantages des élus et des planqués. 

Non tout va bien dans ce pays où l’on peut caricaturer les convictions religieuses mais pas un membre du gouvernement, dans ce pays où le racisme religieux est puni sauf dans les cas définis par la loi, la justice ou le gouvernement, dans ce pays où l’on peut expliquer la théorie du genre et l’acceptation des enfants d’homosexuels à des enfants, dont la culture familiale rejette ces déviations, au nom de la laïcité et du vivre ensemble. Le racisme demande chez nous une interprétation aux mains du gouvernement et des associations dotées d’influences outrancières, voire même judiciaires. Il donne libre champ à la chasse à l’islamophobie plutôt qu’à celle du radicalisme et des djihadistes. « Pour l’unité du pays, faites ce que je vous dis, je fais ce que je veux » devient le slogan d’une démocratie dévoyée, une illusion démocratique. 

Il est temps que les veaux deviennent taureaux. 

Une chape de plomb se répand sur le pays.

La main d’un Etat, puissant et servile, 

Nous conduit à l’abrutissement

Par l’enfumage et le servage ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon