mercredi 7 janvier 2015

Le Royaume-Uni fait la nique à l’euro et à la France !



Ps : L’attentat terroriste contre Charlie Hebdo endeuille la France et la met devant ses responsabilités face à l’Islam. Nous en parlerons demain. 

Pour ses vœux de l’année 2014, François Hollande claironnait la puissance mondiale de la France, cinquième puissance économique. « L’infernal déclin britannique » titrait le Point le 12 mars 2014.  « L’économie britannique est l’économie en forme actuellement » titrait le Monde le 24 octobre 2014. Dans le même temps on avait le verdict britannique « La France, le pays malade de l’Europe ». Ceci montre la difficulté des hommes politiques à regarder les choses en face, à se comparer et à en tirer des leçons. La France pense toujours être le centre du monde, comme si la Révolution française nous donnait une aura pour l’éternité. Nous avons eu du mal à accepter de ne plus être la première économie européenne, les faits nous ont obligé à en convenir, mais notre regard sur le Royaume-Uni était celui de la condescendance. 

Le Royaume-Uni représentait tout ce qui nous différenciait, une reine (quelle horreur), un système social déplorable, un pays non-aligné sur l’euro, une livre dévaluée, etc. Il n’était pas jusqu’aux sarcasmes de certains à voir les anglais installés en France repartir dans leur pays avec une monnaie ridiculisée. En 2008, la Grande Bretagne a laissé filer sa monnaie par rapport à l'euro avec une baisse d'environ 25%. Que n’a-t-on pas entendu chez nos économistes européistes ! La dette de ce pays croissait à vue d’œil avec 10% du PIB en 2010, 113 milliards en 2011, 150 milliards en 2012… Les tenants français de la sortie de l’euro avec une dévaluation similaire étaient réduits au silence même s’ils pouvaient rétorquer que la Suède en avait fait tout autant avec succès.

Pourtant aujourd’hui le Président Hollande aurait pu annoncer dans ses vœux, ce qu’il savait déjà, que la France laissait la place de cinquième puissance économique mondiale au Royaume-Uni ! L’explication est pourtant simple. D’un côté le Royaume-Uni maîtrise sa monnaie et a dévalué, condition nécessaire mais non suffisante, et dans un deuxième temps en 2010, avec l’arrivée de David Cameron, il a engagé une politique d’austérité des dépenses de l’Etat (“En % du PIB, le poids des dépenses publiques totales recule de 47 % à 43,8 % en moins de trois ans”) pour privilégier le marché et des réformes structurelles destinées à dynamiser le pays. La flexibilité du marché du travail a permis de créer deux emplois dans le privé pour un emploi supprimé dans le public. De l’autre côté la France a fait l’inverse, monnaie bloquée, pression fiscale accentuée, aucune réforme d’ampleur sur les dépenses de l’Etat au sens large englobant les territoires et les prestations sociales, code du travail paralysant. En résumé une politique volontariste et pragmatique d’un côté et une politique « au fil de l’eau » en espérant qu’elle conduira sans effort à l’Atlantide. 

On se gaussera en France sur le fait que le PIB britannique englobe les recettes de la prostitution et de la drogue, mais il n’en reste pas moins vrai qu’avec une croissance de 3% en 2014 (mieux que la prévision révisée à 2,7%), le Royaume-Uni a inversé la courbe du chômage bien avant nous. En 2014, les dépenses publiques en Grande Bretagne représentent 43,2% du PNB, contre 56,1% en France et le Chancelier de l’Echiquier estime que les dépenses publiques doivent se résorber jusqu’à 35,2% pour réaliser l’équilibre budgétaire dont l’échéance est repoussée à 2019. Le pragmatisme britannique ne promet pas monts et merveilles à son peuple mais encore 5 ans d’austérité tout en continuant à diminuer la pression fiscale comme la diminution de l’imposition des transactions immobilières. 

Il est intéressant de noter qu’avec un chômage de 6,8% le Royaume-Uni se rapproche du plein-emploi et que de ce fait le problème de l’immigration n’est pas ressenti de la même façon. Sur le plan économique le gouvernement constate que l’apport migratoire est plutôt bénéfique, car il y a de l’emploi pour eux. La population est beaucoup plus partagée par cet apport multiculturel dans l’une des densités de population les plus fortes d’Europe. En particulier les revendications musulmanes se font de plus en plus pressantes. Mais incontestablement le pays attire mais contrôle son immigration d’autant plus facilement que c’est une île. 

Même si l’inflation a été de 1,5%, le pouvoir d’achat des ménages commence à se relever. Par ailleurs, après la dévaluation de 25% en 2008, le PIB outre-Manche a profité de la revalorisation de la livre sterling, (de 5,4 % par rapport à l'euro) pour augmenter de 126 milliards d'euros environ. Pourtant à la différence de la France, David Cameron ne promet pas le beurre et l’argent du beurre et annonce que le Royaume-Uni n’est qu’à la moitié du chemin. Le constat est amer pour nous et nous faisons désormais bien pâle figure d’autant plus que les leçons de notre voisine britannique ne semblent pas devoir passer le détroit du Pas-de-Calais. Car il ne faut pas se raconter d’histoires, le grand levier a été la dévaluation de la livre et le pouvoir de la City d’injecter de l’argent dans l’économie n’en déplaise aux européistes qui laissent se dégrader notre économie au seul profit de l’Allemagne.

Le Royaume-Uni va voter en 2015 et si David Cameron est toujours au pouvoir, le pays votera pour son maintien ou non dans l’UE. C’est dire si cette année peut réserver des surprises à l’Europe, avec les difficultés grecques, italiennes, portugaises et espagnoles. Avec notre perte de crédibilité, la loi du siècle et le Pacte de passage de Responsabilité aux entreprises ne vont pas convaincre Bruxelles et le FMI sur notre capacité à rebondir au-delà d’une croissance molle et d’un chômage endémique qui est en passe de causer une perte identitaire grave dans notre pays. L’industrie automobile anglaise vient de dépasser la nôtre, un signe qui ne trompe pas ! Plus important encore la France n'est que 9ème en PIB/habitant ce qui reflète mieux sa position dans le monde et notre pouvoir d'achat, derrière l'Inde, la Russie et le Brésil !


Le Royaume-Uni, la Suède et d’autres pays du Nord prennent le large,

L’Allemagne nous pille avant de stagner tandis que la France coule. 

Sans moteur et sans énergie, et avec des atouts inexploités,

La France brille pourtant par l’incompétence… 

De ses dirigeants et leur couardise ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon