jeudi 8 janvier 2015

La France en deuil doit s’en prendre à elle-même !



La mort dans un carnage de guerre frappe au cœur de notre pays, au cœur de nos valeurs, au cœur de notre civilisation. La liberté de penser, décrire, de dessiner, de dire, d’échanger, de se réunir donnée à chacun d’entre nous est au cœur de notre civilisation. Mais c’est bien d’un choc de civilisation qu’il s’agit et ce n’est pas seulement la liberté qui est atteinte, ni la démocratie toutes deux évoquées par le Chef de l’Etat et d’autres politiques et intellectuels. Charlie Hebdo est un symbole de notre civilisation où l’individu manifeste une appartenance à une nation et une culture mais ne s’interdit pas de la critiquer, de la caricaturer. « Je suis Charlie Hebdo », parce que des journalistes ne sont pas « morts de rire » mais de la bêtise humaine. Le fait que je n‘adhère pas à sa position politique n’a rien à voir avec la sympathie profonde que nous devons avoir pour les deuils qui affectent ce journal et révoltent la plus grande partie de nos concitoyens.

Il faut se rassembler oui bien sûr mais derrière ce qui doit encore nous réunir tous, le drapeau et ses chants symboliques comme la Marseillaise et le chant des partisans. C’est ainsi que nous montrerons notre attachement à notre civilisation, à ses valeurs et à notre refus d’un multiculturalisme destructeur de notre identité nationale. Dans notre civilisation tout être est respectable, il n’y a pas de dhimmitude, il n’y a pas d’infidèles, la femme et l’homme ont droit aux mêmes lois, aux mêmes règles de vie et Dieu ou son prophète ne sont pas au-dessus de l’Etat. Ce sont ces différences fondamentales que nombre de politiques et intellectuels ont minimisé ou refusé de voir ouvrant leur bras à une immigration massive du Maghreb et du sub-saharien. Ce sont ces hommes et leurs erreurs qui sont responsables et non les musulmans en tant que tels. 

Il faut se rassembler pour crier notre désir de vivre en paix dans la civilisation que nous avons choisie ou adoptée mais pas pour soutenir des hommes et femmes politiques veules, des lobbies devenus de nouveaux esclavagistes, des intellectuels angéliques accrochés aux Droits de l’Homme qu’une autre civilisation foule aux pieds ou arrange à sa façon. L’heure est à la tristesse et au recueillement mais aussi au règlement de comptes, non pas contre les musulmans en général, mais contre tous ceux qui ont contribué à ce qui se passe en France aujourd’hui. Le musulman est souvent une victime car il doit suivre sa religion et faire le dos rond devant des excès qui le dépassent ou qu’il ne comprend pas mais que sa religion ne stigmatise pas radicalement. Certains d’entre eux y voient une revanche d’une civilisation que le monde occidental avait reléguée dans le Moyen-âge grâce aux progrès scientifiques et technologiques. Le pétrole a changé la donne, l’Islam est redevenu conquérant. Al-Qaïda, Boko Haram et l’Etat islamique recrutent et la France est spécialement visée.

Nous avons failli pour ne pas avoir dit stop à une politique d’immigration non contrôlée et ne pas avoir développé une véritable politique d’assimilation s’assurant de la véritable adhésion des immigrés à notre culture, à notre langue et à notre histoire. Nous avons failli par nos reculs successifs sur la laïcité avec le voile dans les sorties scolaires, les cantines halal, les ablations dans l’enseignement de notre histoire. Nous avons failli en acceptant des entorses à la loi de 1905 qui interdit à l’Etat et à ses représentants de se mêler de la construction d’édifices religieux nouveaux. Nous avons failli par notre laxisme sur les lois pénales. Nous avons failli pour ne pas avoir vu que le droit du sol était la porte ouverte à la naturalisation sans contrôle. Nous avons failli à développer toutes les attirances sur notre sol par l’accueil social et sanitaire et pas seulement par le travail comme au Royaume-Uni et en Allemagne. Nous engrangeons ainsi une population qui nourrit le chômage, les zones de non-droit et le trafic de tous genres.

Mais nous avons failli aussi dans notre politique extérieure. Nous n’avons pas ciblé les pays d’émigration en particulier en Afrique pour développer une politique d’assistance dirigée vers un développement fournisseur d’éducation et de travail pour ces populations et en particulier de retour au pays des élites formées chez nous. En cela nous avons négligé les causes dans une politique de quotas d’immigrés comme avec l’Algérie qui s’avère toujours ne pas être suffisante aux yeux de ceux pour qui la France est plus attractive. Mais si les émigrés syriens, libyens, irakiens arrivent sur les côtes italiennes au péril de leur vie c’est que nous avons participé à une politique d’ingérence et de chaos américaine dans ces trois territoires.


Les résultats de notre intervention en Libye sous Sarkozy sont désastreux et le pays tombe aux mains de l’Islamisme religieux intégriste que Kadhafi avait éloigné du pouvoir, ainsi qu'en Syrie où Hollande est prêt à en découdre avant qu’Obama hésite sur une intervention autre que masquée à laquelle nous participons. La Syrie est économiquement détruite mais Bachar el-Assad est sauvé par une grande partie de son peuple et par les russes. Une partie de son territoire est aux mains de groupes sous influence turque, saoudienne et américaine d’une part et d’un Etat islamique armé par l’OTAN et désormais combattu. On peut ajouter l’Afghanistan, que nous laissons aux mains de bases américaines et aux talibans, ainsi que le Mali où nous avons dépassé le stade de l’intervention humanitaire et de règlement des conflits ethniques et religieux, pour, avec l’opération Barkhane, se concentrer sur la guerre contre l’Islam aux portes de la Libye.


Nous avons porté la guerre au nom de prétextes de démocratie et de droits de l’homme, prétextes fallacieux d’une part et qui ne sont que l’image d’une civilisation honnie par ceux qui se sentent envahis. Nous avons donc nourri le sentiment de vengeance qui propulse entre autres de jeunes français dans le djihad. En accueillant un cheval de Troie dans notre pays, il ne faut pas s’étonner qu’il s’ouvre pour lancer ses combattants qui se sont dispersés sur tout notre territoire. En ne développant aucun effort  d’ampleur d’assimilation, de repérage des non-intégrés et de leur expulsion (comme les rappeurs du « Nique la France »), nous nourrissons le ver dans le fruit.


En guerroyant inutilement dans les pays à forte présence musulmane nous attisons un sentiment de haine qui pousse au durcissement d’une population qui n’accepte pas notre culture, nous considère comme des envahisseurs et veut sa revanche derrière le drapeau de l’Islam combattant dans un grand retour à ce qu’il était sous Mahomet et les califats suivants. Attention cependant à ne pas créer la guerre civile en France, car il faut savoir qui revendique cet odieux attentat et il serait suicidaire de cibler la population musulmane dans son ensemble. N’oublions pas que la théorie du chaos est américaine, que les USA nous espionnent alors que nous guerroyons avec eux, or c’est le chaos que nous risquons.


Pleurons certes, indignons-nous, rassemblons-nous


Derrière notre drapeau et nos valeurs culturelles,


Mais battons notre coulpe et agissons


Sinon les tragédies s’amplifieront !


« Mea culpa, mea maxima culpa »


Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon