jeudi 29 janvier 2015

6.211.700 citoyens inscrits à pôle emploi et ça va continuer à croître !



C’est le chiffre officiel donné par la DARES, Dom-Tom compris, pour décembre 2014. En métropole c’est  5.879.000 demandeurs soit 5,6% de plus en un an et 33.800 depuis novembre. Le pari de Hollande est perdu et il se garde de donner des dates pour la baisse, préférant lier ceci au retour de la croissance. Pas de diminution du chômage sans croissance à 1,5% serine-t-il. Le tout pour le chômage est devenu le tout pour la croissance et le tout pour l’entreprise. Enfin le tout se limite à des cadeaux fiscaux liés à l’investissement et à l’embauche. On ajoute le fourre-tout de la loi Macron et l’Etat est au bout de ce qu’il sait faire.

La savante ambiguïté entre les demandeurs d’emploi et les chômeurs cache la réalité d’une France de plus de 9 millions de chômeurs à temps plein ou partiel ou non-inscrits. Il suffit d’ajouter les radiations (298.100 en décembre pour cause de non-actualisation, de radiation administrative, de morts, de suicides, etc.), les 1.321.600 foyers bénéficiaires du RSA, à la louche les 1.000.000 d’handicapés et de pensions alimentaires aptes à travailler mais non-inscrits et les 1.000.000 de sans-droits comme les jeunes de moins de 25 ans et primo-demandeurs d’emploi, les dépassements de plafond de ressources, etc. Mais le chiffre le plus parlant est sans doute que 1 chômeur inscrit à pôle emploi sur 2 (52,4 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER). 

Ajoutons que pour ces 5,9 millions de demandeurs se sont vu proposer 238.384 offres d’emploi et qu’il n’y a eu que 86.600 reprises d’emploi. C’est-dire combien il y a, soit une inadéquation entre les offres et les emplois, soit un manque d’emplois proposés ou les deux. Ceci doit nous faire réfléchir sur la politique d’immigration où les arrivées recensées par an sur notre territoire représentent 230.000 bouches à nourrir de plus soit 100.000 à 140.000 emplois à pourvoir, hommes et femmes. On peut y ajouter le double de clandestins qui, pour une part, s’approprient du travail illégal pour survivre. On doit s’étonner que cette évidence d’une politique mortifère de l’immigration ne saute pas aux yeux de nos politiques au pouvoir, mortifère pour le chômage et mortifère de plus pour la paix sociale. Si ce n’est pas le cas, c’est que certains y trouvent leur compte, en particulier les entreprises qui trouvent là l’occasion d’avoir un marché de l’emploi déprimé permettant de maintenir les salaires au plus bas.

Se cacher derrière une croissance de 1,5%, rêvée mais non obtenue, ne peut suffire à dédouaner le gouvernement de ses responsabilités, pas plus que derrière les cache-misères des emplois aidés, contrats de génération et autres. Si les Espagnols sont dans les difficultés actuelles, les gouvernements successifs ont leur part de responsabilité, il en est de même pour la France. Il est évident que, sauf injection permanente d’argent aussi bien dans les entreprises que dans tout ce qui peut favoriser la consommation, la croissance réelle à laquelle on doit s’attendre sera inférieure à 1%, disons même plus proche de 0,5%, dans le cadre de la zone euro. C’est la croissance liée aux progrès techniques, à l’innovation, à la diminution des prix de revient. Nous ne sommes plus pour l’instant dans une période de révolution technique comme la machine à vapeur et l’électricité qui ont boosté les économies des XIXème et XXème siècles. 

Il nous faut donc apprendre à mieux gérer nos dépenses, en les diminuant par une meilleure efficacité et arrêter de voir l’Etat s’emparer de l’argent qui devrait être recyclé dans les entreprises et les infrastructures rentables à court et moyen terme. La France est un Etat glouton qui s’endette et qui de plus pompe l’argent des citoyens pour son propre compte et non pour l’économie productive. Avec 57% du PIB en charges publiques, nous sommes le mauvais exemple de l’Europe. Si l’on ajoute à cela un Code du Travail trop lourd et contraignant et des dépenses sociales plus élevées que les autres pays, le navire France est un paquebot doté d’un moteur de hors-bord et qui n’arrête pas de prendre plus de passagers que sa construction ne le permet. Ce faisant sa ligne de flottaison remonte vers le pont et des SOS sont déjà lancés vers Bruxelles.

Il n’y a aucune raison de fond qui explique la situation actuelle, sinon le choix de l’euro, pour que nous fassions moins bien que d’autres pays moins armés que nous. De plus la France, hormis la démographie,  recule sur presque tous les tableaux, l’économie, la dette, l’éducation, le chômage et désormais la sécurité. Nous venons de battre les records de chômage depuis 1945. Le constat est sans appel et le verdit aussi. L’euro est un mauvais choix, l’immigration est mal gérée, les dépenses publiques sont pléthoriques, la liberté d’entreprendre est trop jugulée par la Code du Travail et la pesanteur administrative, les charges publiques de fonctionnement plombent les charges d’investissement dans les infrastructures et augmentent la pression fiscale. La conclusion qui s’impose est que nous sommes responsables du mauvais choix de nos gouvernants et pas seulement des derniers, coupables eux par incompétence ou par penchant vers eux-mêmes plutôt que vers le Bien Public ! Il nous faudrait penser à en changer et on ne peut que déplorer que le Président Hollande retrouve des voix devant un résultat aussi mauvais, hormis nos interventions guerrières dont l’efficacité n’est pas en rapport avec le coût. 

Le minotaure grec va souffler sur l’Europe jusqu’à la faire exploser.

Les français devraient bien retenir leur souffle 

Ils vont en avoir besoin ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon