lundi 12 janvier 2015

Le chemin sera encore long pour changer la politique de la France

Les drames que nous venons de vivre se répèteront, ils n’auront servis à rien si, au-delà de la prise de conscience d’un certain nombre de citoyens que le danger de l’extérieur est au sein de notre pays et se nourrit de nos propres concitoyens, la politique de la France n’évolue pas fondamentalement. La radicalisation ne s’arrêtera pas, nos gouvernants imbus de laïcité et de franc-maçonnerie ne mesurent plus la force d’une religion en pleine expansion, sûre d’elle-même et conquérante. On peut illustrer le fossé qui existe encore entre ceux qui ont été ou sont encore au pouvoir entre ce qu’ils perçoivent ou aimeraient percevoir et la réalité qui pourtant leur saute à la figure.

Je vais donc vous livrer les propos d’un député UMP pour lequel j’ai une attention particulière parce qu’il est de ceux qui se démarquent souvent de la pensée unique, ce qui me permet d’entretenir une sincère cordialité même si celui-ci n’envisage pas pour l’instant de quitter la grande barque UMP. Voici ce qu’il m’a adressé et la réponse que je lui ai transmise :

« Après le drame des attentats barbares la France vient de vivre une profonde communion nationale. Jacques Myard a participé avec de nombreux députés UMP au défilé de la République à la Nation. Il est indéniable qu'on ressent du tréfonds de la Nation un sursaut qui dépasse tous les clivages politiques, philosophiques et religieux et qui s'inscrit dans le cadre de la citoyenneté, au-delà de nos différences nous sommes tous français. Mais soyons lucide tout est à reconstruire, ces attentats révèlent une rupture dramatique de notre vouloir vivre ensemble, ce n'est pas un accident c'est une cassure structurelle de notre société qui conduit à la guerre civile si elle n'est pas immédiatement cicatrisée, cautérisée au fer rouge !

Le chemin va être long et difficile, la réussite exige des mesures drastiques :

  • un programme d'enseignement d'une laïcité militante dès l'école maternelle,
  • l'enseignement de la philosophie pour insuffler le doute dans les esprits,
  • la fermeté à l'égard de tous les élèves qui se félicitent de ces actions criminelles,
  • le contrôle des écoles coraniques qui constituent de véritables madrassa et qui doivent être fermées pour la plupart car leur enseignement est contraire à l'ordre publique,
  • l'application ferme de la loi sur l'interdiction du voile qui est bafouée quotidiennement par la lâcheté du gouvernement qui fuit ses responsabilités,
  • la mise en place d'actions de programmes de « déradicalisation » dans les prisons et partout où cela est nécessaire,
  • la déchéance de la nationalité pour tous les djihadistes qui possèdent une double nationalité,
  • le contrôle renforcé de nos frontières devenues de véritables passoires.
Il est urgent d'agir car il y a risque de gangrène ! »

Ma réponse :

" Je suis de ceux qui voyaient venir le danger de loin, comme quelque chose d'inéluctable. Ma souscription à l'ensemble de vos mesures, et à d'autres de la même facture, m’amène à souligner que, comme toujours, ce n'est pas seulement les effets qu'il faut combattre, mais d’abord les causes. On ne résoudra pas ce problème sans revoir notre politique extérieure dans laquelle les deux partis successivement au pouvoir se sont engagés. Vous faîtes partie de la Commission de Défense, je suis officier supérieur de réserve d'Etat-Major, nous pouvons parler de ce sujet avec une certaine expérience. Nos expéditions tant en Lybie, en Syrie, qu'au Mali et en Irak n'ont rien résolu, et la plupart du temps ont créé des dégâts humains et économiques graves voire jusqu'à des désordres incontrôlables. Nous avons armé consciemment ou inconsciemment ceux qui nous combattent aujourd'hui et nous leur donnons sans cesse des raisons de nous haïr. Il faut arrêter le gâchis car sinon nous ne résisterons pas à la haine que nous suscitons, et ce plus que d'autres pays voisins. Voilà pour l'extérieur mais il n'est pas jusqu'à nos réformes sociétales qui heurtent la population qui pratique le culte musulman.

Il y a quelques grandes idées force à émettre avant de rentrer dans les détails d'application. L'Islam doit reconnaître la primauté de l'Etat sur la religion et son intégration dans un Etat laïc, sinon ses représentants n'ont rien à faire sur notre territoire. Nous étions quelques-uns, derrière Philippe De Villiers entre autres, à demander de repartir sur une autre politique de la France avec une immigration contrôlée au plus juste alliée à une politique familiale revigorée, une vraie politique d'assimilation, un « retoquage » du droit du sol, une aide ciblée aux pays migrateurs sur l'éducation, la santé et les infrastructures (au lieu de la guerre qui fait fuir ses habitants). Il y a quelques grandes idées force à émettre avant de rentrer dans les détails d'application.

C'est ce que j'attends des politiques, ayant été ou étant au pouvoir, politiques qui doivent aujourd'hui d'abord se battre la coulpe d'avoir œuvré à créer les conditions de déclenchement d'un tel drame qui ne sera pas le dernier. Il serait bon aussi que les autorités musulmanes fassent amende honorable pour n'avoir jamais rien fait pour lutter contre le fondamentalisme, sinon de crier haut et fort qu'il ne faut pas confondre les modérés et les extrémistes. Non il y a un problème spécifique posé par l'Islam qui vient de la collusion de l'Etat et de la religion, et des fondements d'une civilisation différente de la nôtre. S'il reste encore une chance de sauver notre pays, elle tient pour une bonne part dans ce que nous construirons avec les musulmans assimilés dont les rapports avec la religion sont forcément distendus, comme chez bon nombre de catholiques."

Sinon le multiculturalisme n'est que destructeur de notre identité et de la paix intérieure.» 

Le sursaut émotionnel, l’électrochoc a secoué notre pays,

Mais les politiques en tireront ils les vraies leçons ? 

La première serait déjà de battre leur coulpe

Sinon il faudra encore d’autres drames ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon