mardi 20 janvier 2015

La loi du talion est-elle la solution ?



Israël est un adepte de la loi du talion, le « œil pour œil » de chez nous, est devenu chez eux 10 arabes pour un juif. Sans cela Israël n’aurait pas survécu dit-on, à voir ! En tous cas Israël ne vit pas en sécurité et l’armée ne cesse de lancer des actions répressives. Alors la France a choisi de frapper le monde arabo-musulman avec l’idée d’éradiquer l’islamisme terroriste. Ceci a été présenté par le Président comme la solution « normale », votée par le Parlement dont d’ailleurs certains représentants politiques au nom de la protection des minorités chrétiennes entre autres. Au nom de la liberté d’expression je me permets de défendre une vision différente car je pense que les attaques en France sont le contrecoup des interventions dans le monde arabe et musulman. Ce que nous faisons là-bas a des répercussions en France, et non l’inverse car nous avons, avec les Etats-Unis, l’antériorité des actions. 

Voilà ce que dit à ce propos le journal britannique « The Guardian » sous le titre « Paris est un avertissement : il n’y a pas de cloison étanche entre nous et nos guerres » : « La réponse officielle de l’Occident à chaque attaque terroriste d’inspiration djihadiste, depuis 2001, a été de jeter de l’huile sur le feu. Ça a été le cas après le 11 septembre, quand George Bush a lancé sa guerre contre le terrorisme, dévastant des pays entiers et répandant la terreur dans le monde. Ça a été le cas en 2005, après les bombes de Londres, quand Tony Blair a réduit les libertés publiques et envoyé des milliers de soldats anglais en mission impossible en Afghanistan. Et ça a été le cas, la semaine dernière, après les horribles massacres à Charlie Hebdo et dans un supermarché juif de Paris. 

En écho à la rhétorique de Bush, la réaction de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, aux attaques contre “nos libertés” a été de déclarer une “guerre des civilisations”. Au lieu d’être simplement là avec les victimes – et, aussi, par exemple, avec le grand nombre de victimes de Boko Haram au Nigéria – on a élevé le magazine satirique, et sa manière de représenter le prophète Mouhammad, au rang de symbole sacré de la liberté occidentale. La sortie, mercredi, d’une édition de Charlie Hebdo sponsorisée par l’état est devenu le dernier test en date du “qui n’est pas avec nous est contre nous” dans l’engagement à “nos valeurs”, tout cela pendant que les députés français votaient, par 488 votes pour et un seul contre, la poursuite de la campagne militaire en Irak. Si l’on en juge par le bilan des 13 dernières années, cela se révélera être une décision dangereuse, et pas seulement pour la France. » 

On ne peut nier ce qui n’est qu’un simple constat. On n’a pas gagné en Afghanistan. On a créé le chaos en Libye, libérant des flots d’armes que nous retrouvons dans tous les conflits avec l’Islam. On soutient le même chaos en Syrie. Les Etats-Unis ont si bien réussi en Irak qu’ils y retournent et cette fois nous avec eux. On n’a rien résolu au Mali et on essaie de se protéger en filtrant les passages venant de la Libye. La menace terroriste s’est répandue dans une grande partie de l’Afrique. Nous apparaissons aux yeux du monde non pas la France des Droits de l’Homme mais la deuxième puissance guerrière derrière les Etats-Unis. Nous ne répandons plus un grand vent de démocratie mais la peur chez ceux qui osent penser autrement. Nous sommes devenus la justice immanente avec droit d’ingérence dans une nouvelle forme de colonialisme. 

On s’étonne d’avoir des représailles ? Mais comment peut-il en être autrement ? Ce n’est pas dix-sept morts que nous avons faits chez les musulmans mais des milliers. Qui peut désormais croire que les chrétiens d’Orient, qui sont le fruit de notre civilisation, pourront y vivre en paix ? Les Chrétiens syriens vivaient en paix en Syrie, ils ne le peuvent plus. Nous sommes englués dans un tourbillon comme le fut la Terreur révolutionnaire où l’on tuait sans jugement tout ce qui n’apparaissait pas conforme à la doctrine même dans tous ses excès. C’est ainsi que l’on a créé le génocide vendéen. Le terrorisme arabe que nous combattons, nous le combattons par la Terreur dans une folie guerrière. Où sont les terroristes alors ? 

Nous avons un problème avec l’immigration en général car nous n’avons pas du travail pour tout le monde mais nous l’aggravons chaque jour en important de nouveaux immigrés. Est-ce la faute des immigrés ou la nôtre ? Nous avons un problème avec l’immigration musulmane pour deux raisons qui s’ajoutent à la précédente. La première c’est qu’il s’agit d’une autre civilisation qui veut affirmer ses valeurs et qui est plus difficilement assimilable que les immigrants judéo-chrétiens ou même ceux non musulmans d’Extrême-Orient. La deuxième raison est que cette population croît plus vite que la population d’accueil par suite d’une fécondité de 50 à 100% supérieure. Est-ce leur faute ?


La nôtre par contre est évidente. Nous ne contrôlons pas l’immigration. Nous donnons la nationalité française à des immigrés non assimilés. Nous proposons des conditions d’accueil très favorables aux clandestins. Nous adaptons nos usages, voire nos lois à cette nouvelle civilisation par des reculs successifs comme le voile pour les sorties scolaires et les abattoirs halal. Pire nous faisons évoluer toutes nos lois judiciaires vers la minimisation des peines dans leur durée et leurs conditions d’exécution. Or il faut savoir que les auteurs des massacres de Montauban, de Bruxelles et de Paris ont été perpétrés par des multirécidivistes d’actes violents, condamnés à des peines souvent insuffisantes (par exemple simple rappel à la loi en dehors des meurtres par exemple) ou jamais exécutées même à moitié de telle sorte qu’ils n’auraient pas dus être libres à la date des attentats !

Ces assassins trouvent facilement dans l’Islam une raison de tuer avec un sentiment de défense d’une cause, à la limite n’importe laquelle, sentiment qui les déculpabilise. La prison ne fait plus peur, l’impunité est devenue la règle. Le nombre de délits où la victime porte plainte, où les auteurs sont identifiés et où les peines ne sont pas que symboliques représente moins de 20% de ceux commis. Selon l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale, moins de 50% des crimes et délits font l’objet d’une plainte, or il  s’agit pourtant d’actes graves (agressions physiques, viol, meurtres, etc.) en dehors des délits pour  trafics divers. On estime à 10 millions le nombre de victimes d’un délit, 4 millions de ces délits donnent lieu à plainte, 1,4 millions sont proposés à la justice, et 88% de ces derniers sont retenus par la justice. Mais ceci ne veut pas dire que l’auteur sera transféra devant un tribunal car la majorité des peines sont symboliques. 

Un délinquant « ordinaire » n’est jamais condamné à la prison ferme sans avoir été condamné d’abord à la prison avec sursis et les sursis peuvent s’empiler les uns sur les autres. Les peines de prison, par suite des remises de peine ne sont exécutées en moyenne qu’à moins de la moitié et parfois même non exécutées, etc. Voilà pourquoi nous sommes responsables du sentiment d’impunité qui règne chez les délinquants et les incitent à rentrer dans le cycle des trafics, des vols, des agressions, des crimes et du djihadisme.


Je n’adhère pas à la loi du talion quand nous avons tant de choses à nous reprocher, surtout quand on a été les premiers à tuer des milliers de musulmans avec les Etats-Unis en Afghanistan. Il y a beaucoup à faire par la diplomatie envers les fournisseurs d’armes et de bases de repli avec la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar sinon nous ne gagnerons pas comme en Afghanistan et nous exposerons un peu plus tous nos représentants de la civilisation occidentale dans les pays à population musulmane et nos citoyens résidants en France. Les candidats aux attentats ne feront que se multiplier comme à Béziers avec les 6 tchétchènes arrêtés aujourd’hui. Il y a beaucoup à faire à l’intérieur pour que les peines soient dissuasives et la probabilité de les subir soit augmentée. Il y a beaucoup à faire pour assimiler les musulmans qui sont assimilables avec le concours obligatoire de leurs représentants et de leurs guides religieux ainsi que celui sollicité des nombreux musulmans assimilés. Mais l’Etat n’est pas là pour former ni les prêtres, ni les pasteurs, ni les rabbins, ni les imams, c’est aux religions d’y pouvoir dans le cadre de la loi de 1905. 

Nous ne laissons pas emporter par la colère ou la peur, 

Elles sont toutes deux mauvaises conseillères. 

Au terrorisme ne répond pas la Terreur 

Même Républicaine derrière… 

Le drapeau de la Liberté ! 

Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon