mardi 25 juillet 2017

Macron rentre dans le dur. Du verbe à l’action.



Son utilisation de l’argent de l’Etat pour commencer une campagne relationnelle et présidentielle sous couvert de déplacements ministériels, c’est fini. Sauf que les perdants vont en faire une arme d’autant plus redoutable que sa popularité baisse. L’utilisation sans précédent de l’univers médiatique, aux mains de quatre patrons du monde des puissants, a poussé ce candidat en enfumant soigneusement la vision d’un peuple désemparé. Mais toute fumée ne cache la vérité qu’à condition d’être entretenue. Macron est en place, la pression des patrons de presse sur les médias se fait moins forte. Le virus professionnel du journaliste en quête de faux-pas voire de scandales, sur celui qui se place en haut de l’Olympe, présente un attrait irrépressible. La couverture médiatique sans précédent avec une mise au pas cadencé des journalistes et commentateurs s’étiole. Les discours de Macron montrent le vide de son verbiage et l’heure de l’action devient pressante.

La scénographie des rendez-vous des chefs des grands États où l’essentiel était d’en mettre plein la vue des invités qui voulaient connaître le nouveau locataire de l’Élysée que la presse nationale et internationale avait porté aux nues, ne dure qu’un temps. Les rodomontades lors du G20 et les phrases alambiquées pour ne rien dire ne passent plus comme pendant les promesses enflammées des discours de campagne. Une de celles du discours de clôture du G20 montre l’inconsistance du personnage : « On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique ». Luc Ferry la résume ainsi : « il a franchi le mur du çon » et un commentateur l’a illustrée par des exemples : « Qu’était Adolf Hitler ? une sécheresse prolongée. Joseph Staline ? des orages de grêle en Sibérie. Le génocide Tutsi ? une saison des pluies excessive… la reductio ad climatum fait penser à la servante dans le malade imaginaire qui, déguisée en médecin, se moque de son maître en s’écriant le poumon chaque fois qu’il lui décrit les symptômes les plus variés. » On peut y ajouter ses propos inconsidérés sur le sous-développement africain qu’il qualifie de « civilisationnel » en pointant les cultivateurs de chanvre indien et les fornicateurs avec 7 à 9 enfants. Il commet en plus une énorme erreur statistique car le taux de fécondité est passé à 4,7 par femme en 2016. 

Son discours du Vel d’hiv a montré aussi sa méconnaissance historique ou sa complaisance au représentant d’Israël, dont on peut dire qu’il est plutôt dans le camp des oppresseurs, par cette phrase liminaire : « l’antisionisme est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Il semble en effet, selon l’historien Shlomo Sand, « ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites. Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale ». On peut aussi relever qu’il culpabilise l’État français dans ce discours alors que cet État n’était plus constitutionnel, comme cela a été prouvé par la suite, car sous dépendance ennemie tout-au-moins dans la partie nord de la France. La culpabilité incombait alors aux partis politiques et aux français collaborateurs. Cette culpabilisation de la France a été réaffirmée à Alger en « crime contre l’humanité » dans le souci de plaire, et adouci en crime contre l’humain. Mais l’ONU n’a jamais demandé d’inculper la France pour un crime contre l’humanité, alors pourquoi un Président se permet-il d’abaisser son pays au nom de son peuple qui n’a rien demandé ?

Ce peuple doit aussi lui-même subir des opinions blessantes à l’emporte-pièce comme les bretons illettrés et les chtimis alcooliques ou comme ces gens de rien qui n’ont pas l’idée de travailler pour s’acheter un costard à la Macron. L’homme à la dentition carnivore, ce reptilien de la politique, passe sans arrêt d’attitudes pharaoniques à des actions jupitériennes, de la pyramide à l’Olympe. Plus rien ne doit lui résister, pas même le CEMA qui ose, devant des députés en quête d’informations, critiquer le rabotage d’un budget 2017 voté. Le transfert des crédits OPEX et OPINT répartis sur les Ministères sont réaffectés au budget des Armées pour 850 millions d’euros. Macron a même le culot d’annoncer que 1,2 milliards seront débloqués pour les Armées en le présentant comme un cadeau, alors que cette somme a été votée par l’Assemblée, donc attribuée mais « gelée » par Bercy. Les Armées n’avaient pas l’autorisation de les dépenser mais, sous peine de ne pas respecter le budget voté par les représentants du peuple, Bercy devait les débloquer avant la fin de l’année. Le processus est anti-démocratique mais marche depuis longtemps. On gèle le plus longtemps possible des autorisations de dépenses jusqu’à ce que les Armées ne soient plus en état de les dépenser sur l’année. Ces sommes font alors partie du budget suivant… et les Armées sont cocues. 

Seulement la réalité se manifeste toujours dans sa dureté et les paroles s’y heurtent. Les amis affluent quand le vent souffle dans le bon sens, ils se dispersent dès que le bateau prend du gîte. Les journalistes se souviennent tout-à-coup des principes de leur charte, les marcheurs demandent à être entendus. Ni le pharaon, ni Jupiter, ne peuvent supporter des médias qui ne soient pas aux ordres à commencer par ceux qui diffusent des fakes news. Le Décodex doit jouer à plein et la communication ministérielle être autorisée par le chef. Les marcheurs élus à l’Assemblée, dont la plupart n’ont pu l’être que par la saturation médiatique du peuple pour leur patron, constatent que les statuts du nouveau parti « En Marche » leur demande de continuer leur rôle de… supporters. Ce qui veut dire applaudissement des discours ministériels à l’Assemblée et vote sans murmure des ordonnances. Les cadres du parti sont là pour leur dire ce qu’ils doivent faire en remerciement d’une députation qu’ils auraient eu peu de chances de conquérir sans leur nouveau Président.

Mais celui-ci s’est brutalement éloigné d’eux dans son palais pharaonique et franc-maçonnique où la ligne directe est avec Washington et Rothschild. Les militants de LREM constatent qu’ils ont marché vers une servitude dorée et pour un parti dont ils ne connaissaient même pas les statuts mais qui les enchaînent pour 5 ans. La grogne monte chez eux pendant que la cote de popularité du chef descend de 10% à une vitesse en un mois que l’on n’avait pas vue depuis 1995 sous Chirac. Il ne faut pas oublier que l’élection de Macron ne lui a donné qu’une faible part de 15% de votes favorables dans l’ensemble des électeurs pouvant voter. L’abstention a battu un record et une grande partie représente ceux qui attendent pour voir. Ils commencent à bien voir. Les retraités comprennent qu’ils sont une variable d’ajustement sans risque, les militaires, qui l’ont été depuis longtemps, expriment leur ras-le -bol, les étudiants n’apprécient pas d’être l’objet d’un coup de rabot après avoir été encensés comme l’avenir de la nation. 

Les étudiants n’ont rien à perdre et pour beaucoup les parents assument, leur grogne peut devenir une arme destructrice du pouvoir. Les explications données pour justifier la diminution des APL ne tiennent pas. Dire que les APL ne font qu’alimenter la hausse des loyers aux étudiants ne justifie pas de les baisser. Il est bien meilleur d’ajuster un prix de loyer maximum aux étudiants donnant droit à un crédit d’impôt pour le propriétaire de façon à maintenir l’aide d’État au même niveau. Si l’ajustement doit s’adapter à la localisation des logements, ceci n’est pas du domaine de l’impossible. En réalité il s’agit tout simplement de trouver les 2 milliards qui manquent pour atteindre les 4,5 milliards d’économies qu’il va falloir présenter à Bruxelles. Avec les ordonnances, les augmentations de recettes ou les diminutions d’aides diverses, pour lesquelles le mois d’août est toujours privilégié, la rentrée sera mouvementée pour un Président qui confond autorité et autoritarisme.
 
Macron fanfaronne et nous enfume par le verbe 

Mais il y a toujours loin du verbe à l’action

Et beaucoup moins du Capitole 

A la Roche Tarpéienne !

 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon