lundi 10 juillet 2017

Hulot face à l’irréparable !



Hulot veut arrêter jusqu’à 17 réacteurs nucléaires pour respecter la loi sur la transition énergétique qui vise à ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025. Je tiens à rappeler qu’une autorité indépendante a été créée par l’État pour veiller aux problèmes de sûreté dans l’industrie du nucléaire, c’est-à-dire à tous les dangers présentant un risque inacceptable pour les populations et leur environnement. Elle se nomme Autorité de Sûreté Nucléaire. Son indépendance était voulue pour être non influençable par les exploitants. Il était convenu que seule l’ASN pouvait demander l’arrêt des installations et était habilitée à exiger les modifications et maintenance nécessaires à la sûreté. Nous étions encore alors dans le contexte de la politique nucléaire de l’État. Les choses ont changé car la politique rejette le nucléaire pour ses dangers… tout en le maintenant pour partie. Allez comprendre, est-il dangereux oui ou non ? Si oui il faut tout arrêter et vite ! Bref les préoccupations de ce ministre étant axées sur les problèmes économiques locaux et les problèmes humains des sites arrêtés, on voit bien qu’il s’agit d’une décision purement politique, les problèmes de sûreté n’étant pas de son ressort.


Le nucléaire n’est pas vraiment dangereux puisqu’on le garde et qu’il ne pollue pas en CO2. Il ne plait pas à l’idéologisme écologique qui rêve de vent et de soleil gratuits, seule raison puisqu’il n’agit pas sur le taux de CO2. En réalité l’écologisme trouve un appui puissant chez les prédateurs multinationaux qui voient un pactole dans les énergies renouvelables avec une implantation mondiale en commençant par l’Afrique. Je suis atterré par la politique énergétique française et la bêtise de nos dirigeants ou, s’ils savent, leur mépris d’un peuple que l’on enfume de contre-vérités depuis plus de 20 ans que ce soit sur les EnRi ou sur le climat. Un très grand nombre de scientifiques de haut-niveau, même au prestigieux MIT qui est une référence mondiale, affichent leur climato-scepticisme. La précipitation des politiques, pour se saisir de résultats scientifiques mal assurés dans une science jeune qui n’a pas encore pu prouver que ses prévisions se réalisent, est irresponsable. Bien au contraire la réalité diverge de plus en plus par rapport à elles. 

Si l’écologisme en matière énergétique nous permettait de disposer d’une énergie moins coûteuse, non polluante et non dangereuse, je serais le premier à y souscrire. Mais il m’est insupportable que l’on enfume notre peuple avec des solutions plus coûteuses et polluantes grâce au déni de la réalité technique incontournable dont les effets peuvent se vérifier chez notre voisine, l’Allemagne. On nous vend le mix énergétique comme on nous a vendu l’UE et Macron… par un battage médiatique et politique saturant tous les moyens de communication et laissant la place minimum à la contestation. Comme je ne suis pas homme à baisser les bras, je livre à votre lecture une étude personnelle sur les conséquences de l’arrêt de 17 réacteurs pendant le quinquennat. Il faut se reporter sur le tableau listant les réacteurs français. 21 réacteurs auront atteint les 40 ans dans quatre ans, le chiffre de 17 ne les inclue donc pas tous. Les sites de Fessenheim, Bugey, Tricastin, Gravelines, Dampierre et Saint-Laurent, devraient être dans le collimateur de Hulot. Mais d’ores et déjà un problème se pose car 11 de ces réacteurs sont équipés pour utiliser du combustible MOX, combustible mixte uranium-plutonium. Il faudra donc équiper 11 autres réacteurs, car on ne peut pas abandonner le plutonium qui sort du traitement des combustibles usés à la Hague. Ce serait abandonner cette option française qui minimise à 4% les déchets ultimes à stocker à long terme et permet d’économiser de l’uranium naturel.

Mais l’abandon de ces 17 réacteurs suppose l’implantation supplémentaire d’énergies renouvelables intermittentes (EnRi). On va prendre l’option des éoliennes comme solution 1 sur le tableau ci-contre qui donne les résultats de mon étude. On voit que cette solution impose 25246 éoliennes de 2 MW en plus. Je dis tout-de-suite que cette solution qui est suggérée à nos concitoyens, est physiquement idiote car pour que l’on puisse maîtriser le caractère aléatoire de la production éolienne, il faut ajouter de la production thermique soit 1kWh de thermique pour 1 kWh d’éolien. Je l’ai montré sans contestation possible à partir des chiffres publiés par RTE sur 2014-2015-2016. Cela conduirait à une surproduction électrique supplémentaire de 19% dont nous n’avons nul besoin, notre consommation restant constante depuis plusieurs années. C’est donc la solution 2 qui devra être prise avec un mixte moitié moitié éolien-thermique. Il ne faut plus que 12623 éoliennes de 2 MW mais une production thermique supplémentaire 2,75 fois supérieure à celle de 2016 qui peut être absorbée par les centrales existantes. En 2016, une part importante de l’énergie thermique a été produite pour compenser les arrêts pour carénage et maintenance des réacteurs nucléaires. Seule la part de 29 TWh a été retenue pour le calcul au lieu des 45,9 réels. On aboutit alors à une multiplication de la production thermique totale d’un facteur 3,75. Mais le plus inquiétant est l’impact sur la pollution en produits divers dangereux mais aussi du CO2 avec un apport supplémentaires de 67 mégatonnes portant les chiffres de 2016 à 92 Mt. En 2015 le chiffre de l’apport total de CO2 dû à la production électrique était de 40 Mt compte-tenu du surplus circonstanciel dû au carénage des réacteurs. 

Je vous laisse conclure sur ces 17 réacteurs en moins avec les problèmes économiques et humains locaux, ces 12623 éoliennes de 2 MW en plus et surtout une pollution près de 4 fois plus importante, pollution supérieure au 80 Mt de toute l’industrie manufacturière en 2015 et égale à 75% de la pollution du trafic routier ! Il faut savoir que l’ASN autorise l’exploitation sur des contrats de 10 ans après inspection du respect de la sûreté et les États-Unis sont en train de prolonger la durée de vie de réacteurs à 60 ans. Nous sommes en plein délire comme si nous pouvions nous permettre d’investir des centaines de milliards à terme pour détruire un outil dont la dangerosité n’est pas déclarée par l’organisme indépendant qui en est responsable. Les allemands, qui étaient loin d’avoir le même parc nucléaire, s’inquiètent de leur politique énergétique polluante et coûteuse, nous on fonce. 

La France ne sait plus quoi faire pour s’enfoncer dans la dette 

Elle a des politiques de pays riche en enfumant

Par la communication et le mensonge 

Notre peuple qui se dépouille

Lentement mais sûrement !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon