lundi 3 juillet 2017

L‘arnaque de la politique énergétique française



Emmanuel Macron annonce aujourd’hui les axes principaux de son action durant ce quinquennat, dans un monarchique exercice de communication fort dispendieux, surtout lorsque l’on annonce une dérive de 9 milliards sur un budget auquel il a participé en tant que Ministre de l’Économie. On aurait pu penser que s’étant fait élire sur un « programme », la nécessité de devoir le redire au peuple par le truchement d’un discours aux représentants du peuple était superflue. On doit en conclure que ce soi-disant programme était surtout destiné à mobiliser le peuple sur le mirage du renouveau plutôt que sur des orientations permettant à la France de retrouver une place dans le monde conforme à ses légitimes aspirations et au peuple de ne pas continuer à voir la pauvreté s’installer un peu plus chaque année. Mais parmi les grandes politiques économiques d’un pays, il en est désormais une qui a une importance capitale parce qu’à son aspect financier s’ajoute celui de l’indépendance du pays. Je veux parler de la politique énergétique qui est même l’axe principal des politiques des États-Unis, de la Chine et de la Russie, sans parler des pays exportateurs des richesses gazières et pétrolières.

Cet aspect de la politique de notre pays est noyé dans une doxa de dénigrement du nucléaire, de stigmatisation du diesel et surtout d’aliénation au réchauffement climatique C’est une politique de communication essentiellement basée sur la peur, peur de finir dans une apocalypse nucléaire, peur de s’intoxiquer par les pots d’échappement des voitures diesel, peur de finir déshydraté sous une chaleur accablante, emporté par des cyclones de plus en plus nombreux et puissants ou submergé par des mers créant des migrations innombrables détruisant l’équilibre du monde. La première disposition de ce nouveau gouvernement est d’interdire l’exploration des richesses possibles de gaz de schistes alors que de sérieux indices montrent que notre pays en a dans son sous-sol. Si l’exploitation de ces ressources présente de sérieuses réserves quant à son impact sur l’environnement, on peut néanmoins dire deux choses.

La première est que l’exploration ne présente pas de risque majeur et n’engage pas l’exploitation qui demande des autorisations et des investissements. La deuxième est que de nouvelles techniques, autres que celle utilisée aux États-Unis ne présentent pas les mêmes inconvénients sur l’environnement. La France sera longtemps encore dépendante de l’étranger pour ses fournitures de pétrole et de gaz, donc d’énergies fossiles. Ne pas savoir si une solution alternative est possible est une faute stratégique de ce gouvernement. Elle est un acte politique nuisible comme le fut la fermeture de Super-phénix pour le nucléaire qui fait la part belle à l’écologisme, cette idéologie qui menace l’essence même des bienfaits de l’écologie. 

La seconde disposition est la reprise en l’amplifiant de la politique climatique et énergétique qui influe la production électrique de notre pays. Se voulant le chantre mondial de la lutte contre le réchauffement climatique, rendue objectif mondial par un battage médiatique et les affirmations politiques basées sur des prévisions scientifiques de plus en plus contestées, Emmanuel Macron tient à montrer l’exemple en continuant la mise en place des Énergies Renouvelables intermittentes EnRi et l’arrêt du nucléaire. Sur ce dernier point pourtant la réalité rattrape toujours les paroles politiques prématurées ou hasardeuses. La mise en service du réacteur EPR de Flamanville retardée à 2019 oblige Macron à retarder aussi l’arrêt de Fessenheim. Si ce réacteur est vraiment dangereux, il s’agit d’une décision honteuse mettant en danger les populations environnantes jusqu’en Allemagne avec toutes les conséquences diplomatiques. Je dois rappeler que seule la décision d’arrêt par l’Autorité de Sûreté Nucléaire ne peut pas être transgressée par EDF. Or elle n’a jamais demandé celui-ci moyennant l’application d’un certain nombre d’actes de maintenance et de modifications suite aux enseignements de Fukushima.

Mais revenons à la politique des EnRi dont on laisse croire qu’elle bénéficie à la lutte contre le réchauffement, alors que les vraies raisons ne sont que la pression des lobbies intéressés par la surface de vente de ces énergies en Europe mais surtout après en Afrique. La COP21 a d’ailleurs insisté sur la mise en œuvre dans ces pays grâce au fond commun pour lequel il est demandé aux pays participants de verser leur obole, obole que la Chine, premier pollueur, se refuse à verser ! L’argument climatique, ressassé en permanence, porte et évite de s’appesantir sur le fait que l’Énergie nucléaire n’est pas polluante en CO2. On peut ainsi tranquillement surfer sur l’argumentaire de dangerosité pour supprimer cette énergie. 

La ficelle est grosse, mais chacun sait que, comme pour le mensonge, plus il est gros, plus il est crédible. En effet nous sommes devant la plus grosse arnaque politico-économique à laquelle nous sommes soumis. Les raisons qui montrent l’inutilité de ces EnRi et leur non-sens sont d’une grande clarté : 

  • Nous sommes exportateurs d’électricité et notre consommation annuelle est stable
  • La mise en œuvre des EnRi entraîne l’augmentation corrélative de la production thermique
  • La nuisance des éoliennes sur l’environnement est de plus en plus visible dans nos paysages
  • La nuisance des éoliennes terrestres sur notre santé est de plus en plus signalée et vérifiée. 
Nous sommes, bon an mal an, exportateurs de 6 à 8% de notre production électrique selon les chiffres officiels publiés par RTE. Il ne s’agit donc pas de faire face à une augmentation de notre consommation mais bien d’un acte politique basé sur la disparition du nucléaire, source d’énergie jugée dangereuse. On parle aussi d’épuisement des ressources terrestres, mais cet argumentaire ne résiste pas à l’analyse. Les gisements de gaz et de pétrole, dont le gaz de schistes, sont l’objet de constantes découvertes. Le charbon est surabondant pour plus de deux siècles et on ouvre et on rouvre des mines de lignite en Allemagne. L’uranium est suffisant pour des dizaines d’années, et les nouveaux réacteurs à neutrons rapides de quatrième génération, dits surgénérateurs, multiplieront les réserves par un facteur 60. D’ailleurs vu le faible coût de l’uranium naturel, les prospections sont arrêtées. Avec les efforts faits sur l’économie d’électricité, notre consommation reste stable malgré l’augmentation de la population. Ce qui pourrait faire croître celle-ci c’est une augmentation sensible du parc automobile électrique, mais alors nous ne pourrons y faire face avec le plan actuel des EnRi. C’est l’équivalent de 3 réacteurs nucléaires supplémentaires de 1000 MW qui seraient nécessaires pour assurer la transformation totale du parc.

Cette décision politique, basée sur une peur inculquée dans le pays le plus nucléarisé du monde par habitant et depuis plus d’un siècle sans accident au sens d’atteinte prouvée à notre santé, relève beaucoup plus d’un plan mercantile mondial qui allie deux peurs pour un seul but, celle du nucléaire et du réchauffement climatique. Mais il y a beaucoup plus grave, c’est d’une part que le but de diminution du CO2 auquel les EnRi doivent participer n’est non seulement pas atteint mais c’est à une augmentation du CO2 auquel il aboutit. J’ai plusieurs fois mentionné et démontré que 1kWh produit par les EnRi entraîne une production corrélative de 1 kWh d’énergie thermique pour pallier leur intermittence. Les calculs faits sur les productions annuelles de 2014-2015-2016 retrouvent le même résultat sur une période plus courte en 2017 dans la publication par RTE du bilan de mai 2017. 

La consommation du mois est 35032 kWh et la production de 41579 kWh soit une surproduction de 6547 kWh à hauteur de 18,7%. Le mois de mai est toujours fortement exportateur à la différence de décembre et janvier où nous pouvons être légèrement importateur. On notera que les productions nucléaire et hydraulique de 35856 kWh, les énergies les moins chères, suffisent plus que largement à répondre à la consommation de 35032 kWh. On notera aussi que la production des EnRi, solaire et éolien pour 2601kWh, correspond aux 2403 kWh de la production thermique à combustible fossile. On retrouve bien là ce que j’ai déjà montré. En gros la production de 1 kWh d’EnRi entraîne celle de 1kWh de thermique. Autrement dit, premièrement nous produisons inutilement de l’électricité avec les EnRi, deuxièmement cette électricité chère est forcément bradée sur le marché européen des échanges électriques, et troisièmement elle pollue indirectement en CO2 et autres polluants par l’énergie thermique obligatoirement associée.

Il s’agit bien d’une arnaque à laquelle nous participons en tant que contribuable pour payer les subventions à ce type d’énergie, et en tant que consommateur par une « contribution » CSPE, une taxe ajoutée sur notre facture d’électricité et qui ne cesse de croître au fur et à mesure de l’augmentation du parc des EnRi. De 0,0195 /kWh en 2015, elle est passée à 0,0225 /kWh au 01/01/2017 soit 15,4% d’augmentation… et cela ne fait que commencer. Cette imposture joue sur la crédulité de nos concitoyens en faisant miroiter la gratuité, et le recul de deux dangers, le nucléaire et le réchauffement climatique. Mais nous n’avons pas besoin des EnRi produisant une énergie plus chère et destinée à une exportation qui coûte plus qu’elle ne rapporte et qui va à contrario du soi-disant objectif de lutte contre le réchauffement climatique. Si l’on y ajoute les nuisances des éoliennes sur la santé et la détérioration de nos paysages, on voit que nous sommes le jouet des puissances de l’argent qui vont faire leur beurre avec notre argent. 

Oui mais le nucléaire est dangereux me direz-vous. Il l’est potentiellement comme l’est le détonateur pour le démineur, mais on peut maîtriser ce danger comme le prouve la France depuis plus d’un demi-siècle. Alors on ne peut pas comprendre un gouvernement qui retarde l’arrêt d’une centrale dite dangereuse, dont l’arrêt n’était pas demandé par l’autorité en charge l’ASN, … sauf si tout cela n’est que politique et non science. Mais on va néanmoins aboutir à des centaines de milliards tirés de nos poches, comme en Allemagne, mais en avons-nous même les moyens à l’heure des plans d’austérité et des dépassements budgétaires ?
 
Arnaque, désinformation, pompage de notre argent 

Pour des lobbies et non pour des causes nobles,

Tout est présent pour ce que vulgairement 

On nomme du « foutage de gueule » !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon