mercredi 12 juillet 2017

Budget, géopolitique et invasion migratoire (1ère partie)


Ces trois sujets devraient être la principale préoccupation du Président et de son gouvernement. Ce sont aussi des sujets qui intéressent nos concitoyens parce que derrière eux il y a le chômage, la sécurité et la défense des intérêts de notre pays. Malheureusement à ces trois sujets majeurs, ils en rajoutent un, l’énergie et particulièrement la production électrique pour laquelle le plan du mix énergétique est particulièrement coûteux. Or le suivi budgétaire fait par la Cour des Comptes montre que la trajectoire actuelle conduit à un dépassement du suivi budgétaire d’au moins 8 milliards. Ceci entraîne le non-respect de l’engagement pris, vis-à-vis de Bruxelles, d’un déficit budgétaire limité à 2,7% du PIB pour 2017. Le gouvernement a déjà renoncé à tenir celui-ci et le ramène à un peu moins de 3% (2,99% ?), sans doute après avoir pris contact avec Bruxelles. Il est évident qu’après déjà trois manquements à nos objectifs précédents, l’UE, talonnée par l’Allemagne, ne supportera pas que les 3% ne soient pas atteints. C’est ce qui explique que la priorité de ce gouvernement n’est plus le chômage mais la réduction des dépenses au niveau de 4,5 milliards pour atteindre le nouvel objectif.

ce stade il faut signaler que le report à plus tard du plan énergétique permettrait de trouver cette réduction de dépenses puisqu’il est chiffré à 50 milliards d’ici 2023. Je redis que nous sommes globalement exportateurs d’énergie électrique, que notre consommation intérieure n’évolue pas significativement, et même que la mise en service de Flamanville en 2019 compensera pratiquement l’arrêt de la centrale de Fessenheim en cas de besoin, alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire n’a toujours pas ordonné son arrêt pour raison de sécurité des populations et de l’environnement. Je sais que je prêche dans un désert de communication et un enfumage permanent des cerveaux mais je ne cesserai pas de dire que l’on nous prend pour des moutons écervelés, les 4,5 milliards sont là.

Comme évidemment on n’a pas fait venir Hulot pour rien, c’est l’austérité qui doit prévaloir en la pratiquant d’abord, à titre d’exemple, sur les budgets de certains ministères et non tous comme on l’annonce. On remarque d’abord que le compte n’y est pas puisqu’il manque 2 milliards. De plus les 850 millions de réduction des dépenses de la défense avaient déjà été votés par le Parlement. D’une part ils ne devraient pas être intégrés puisque l’on demande au Ministère des Armées de seulement respecter ses engagements, ce qui pousserait le manque de réduction restant à 2,8 milliards. D’autre part les opérations extérieures OPEX budgétées à 450 millions devront en plus être payées par les Armées, même si la France a réussi à faire admettre à Bruxelles que ces dépenses ne doivent pas être prises en compte dans le respect des 3%/PIB. On remarquera que ce sont les Affaires Étrangères qui sont le plus affectées en pourcentage et que cela touche l’aide au développement. 

Le gouvernement balbutie sur sa rectification budgétaire 2017 au gré des sondages et pratique la volte-face. Il oublie de dire s’il maintient la prévision optimiste de 1,5% de croissance et quelle valeur de l’inflation il retient. Autrement dit il nous communique des chiffres qui ne permettent en aucune façon de savoir ce qu’ils représentent par rapport à l’objectif final. Mais c’est entre 2 et 2,8 milliards qu’il faut trouver encore pour 2017. Apparemment on ne touche pas aux recettes car il est trop tard alors on peut s’attendre à des coupes sombres ailleurs. Le gros paquet des dépenses non touchées concernent les collectivités territoriales et il y a fort à parier que cela est envisagé mais là les présidents de région ne font pas encore partie de « En Marche » et ils ont déjà donné. La contestation risque d’être politiquement inacceptable. Le monde des entreprises ne peut guère être plus touché que par un report du crédit d’impôt sous peine de compliquer encore les négociations (si on peut parler encore de négociations tant les objectifs donnés par Bruxelles sont clairs et incontournables). Il s’agit d’aboutir à une nouvelle loi modifiée significativement en faveur des entreprises par des reculs sur les droits des salariés. C’est donc vers tout ce qui touche de près les citoyens qui va être l’objet de recherche des sous qui manquent et Bercy n’a jamais manqué d’imagination sur ce sujet. A noter déjà qu’en matière de CSG, les seuls qui vont payer sans bénéficier de rien sont les retraités dont on rogne le niveau de vie d’année en année. 

Tout est encore plus flou sur les prévisions budgétaires pour 2018. On est en marche dans l’improvisation mais avec une épée bruxelloise sur la tête qui fixe non seulement les objectifs budgétaires mais la manière d’y arriver avec un pouvoir de contrôle des résultats. Vive l’indépendance et la souveraineté française ! Les français avaient commencé à comprendre que l’écologisme pouvait devenir un luxe et que l’Europe n’était pas la panacée. On s’est empressé de leur remettre la tête à l’endroit par une communication tellement assourdissante qu’ils ont préféré jeter l’éponge… pour un temps. Les faits sont têtus. La facture d’électricité va croître bien au-delà de l’inflation par les taxes écologiques, la température du globe va refuser de suivre les prévisions catastrophiques, l’Union Européenne continuera son processus de dislocation et la bulle financière à grossir jusqu’à un éclatement proche dans une crise bancaire systémique en cours de démarrage. Les milieux économiques commencent à tirer la sonnette d’alarme. Nous en reparlerons. 

Tout ceci est clair pour tout citoyen qui s’informe ailleurs que dans les doxas de la pensée unique mais nous sommes entrés dans un monde politique servile qui manipule la communication comme l’a fait la Chine autrefois. Notre petit livre Rouge est la référence des médias mainstream et les discours politiques bâtis par les communicants professionnels. Pour couronner le tout on met en place un système de contrôle de la communication qui se donne le droit de la filtrer selon ses propres critères. Ce sont là les clés des régimes autoritaires pour ne pas dire de la dictature ou du fascisme. C’est ainsi que la communication est contrôlée sur les sujets majeurs économiques et sociaux internes, mais aussi sur la géopolitique et le sujet sensible de l’invasion migratoire. 

Macron nous vend avec la plus grande hypocrisie une UE qui se délite. L’Europe à deux vitesses n’est ni plus ni moins que l’éclatement de l’UE. Le recentrage sur les pays de l’euro les plus en forme signe aussi la mort de l’euro actuel et prend acte d’un clivage nord-sud. L’Allemagne fait savoir qu’elle ne veut pas de mutualisation de la dette et œuvre pour une évolution où elle tient le leadership. Sa vision de la défense européenne est d’y tenir le rôle principal en s’adjoignant la force nucléaire française et en étant le pôle central de l’OTAN en cas de besoin puisqu’il y a implanté sa base principale. Par ailleurs la Pologne réunit autour d’elle tous les pays anciennement sous domination soviétique dans l’Europe centrale et orientale, en y adjoignant l’Autriche, dans le groupe Initiative des Trois Mers (I3M). Un groupe interne plus restreint, le V4, montre qu’une opposition à l’UE et à sa politique migratoire s’appuie sur un rapprochement de plus en plus marqué vers les États-Unis. La visite de Trump à Varsovie à la réunion de l’I3M montre que la politique américaine a changé sur l’Europe. Ce sujet est d’une importance considérable pour notre avenir sous dépendance américaine et nous en parlerons dans le prochain article. 

La France amplifie encore une politique budgétaire immature 

En proie à une emprise du NOM qui se sert contre nous 

De notre goût immodéré pour l’idéologie irréaliste.

Il en est de même sur le plan géostratégique

Où nous abandonnons de plus en plus 

L’indépendance pour la servilité. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon