samedi 15 juillet 2017

Budget, géopolitique et invasion migratoire (4ème partie)



J’ai montré dans l’article précédent que le déficit budgétaire de 2017 était finalement parfaitement encadré par la Commission de Bruxelles et que « d’un commun accord » celui-ci devait être inférieur à 3% et non plus 2,7% comme s’y était engagé le gouvernement Hollande. Il faut bien comprendre qu’à partir de ce moment, ce nouvel objectif devient une directive à laquelle la France ne peut plus échapper sans être menacée de sanctions financières prévues dans les traités. La Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros. La France a négocié et il est probable que les 850 millions d’euros de l’OPEX et de l’OPINT, imputés de nouveau au Budget des Armées, n’ont plus pu être extraits des dépenses hors du nouvel objectif des 3%/PIB pour des raisons de conjonctures exceptionnelles comme cela est prévu dans les traités. Macron ne décide pas, il applique. On ne saura jamais si Macron, ancien Ministre de l’Economie, était au courant ou non des manipulations budgétaires de son Ministre des Finances sous Hollande, mais il est certain qu’on peut au moins lui reprocher d’avoir pris sa suite budgétaire sans y regarder de plus près.

Il a fallu que la Cour des Comptes parle d’insincérité du budget 2017, donc d’hypocrisie : « Un budget insincère est un budget voté en équilibre mais dont le conseil sait parfaitement qu’il ne tient pas la route (minimisation des dépenses par rapport aux ressources) et que des décisions budgétaires modificatives devront être votées en cours d’année pour enregistrer des ressources nouvelles ou pour annuler ou pour reporter à l’année suivante des dépenses initialement prévues. (Stefano Boffo, Pierre Dubois, Roberto Moscati, Gouverner les universités en France et en Italie, page 193, 2008.) » Autrement dit on a refilé à Macron un cercueil budgétaire de 8 milliards qui sent le Sapin. Le passage de 2,7% des dépenses à 3% permet de ramener l’effort budgétaire à 4,5 milliards. Il faut noter que celui-ci est d’autant plus difficile à avaler par les Ministères concernés que ceci doit être réalisé sans préavis en moins de 6 mois. On comprend la colère du CEMA dont le budget est le plus impacté en pourcentage. 

La France a présenté à la Commission de Bruxelles son programme national de réforme (PNR) qui a été consigné dans les GOPÉ à la date du 28 avril 2017, donc entre les deux tours de la Présidentielle. Ceci prouve que d’une part Macron n’a plus qu’à exécuter, et que d’autre part il s’agit aussi des moyens à mettre en œuvre pour arriver à l’ensemble des objectifs finalement fixés par la Commission qui sont présentés comme des recommandations :

Ce document officiel présenté par l’UPR sur son site mérite toute notre attention, car on y retrouve tout ce que nous a dit le Premier Ministre sous une forme délayée, voulue moins indigeste. « Réexaminer de manière exhaustive les postes de dépenses dans le but de réaliser des gains d’efficacité qui se traduisent par des réductions de dépenses. » Tous les Ministères doivent être concernés d’où la réponse de Macron au Chef d’État-major des Armées. On notera le terme « efficacité » plusieurs fois utilisé par le Premier Ministre. « Consolider les mesures de réduction du coût du travail afin d’optimiser leur efficacité de manière budgétairement neutre et d’accroître leurs effets sur l’emploi et l’investissement, ». L’État doit donc, sans y mettre un sou, faire baisser le coût du travail. C’est impossible d’y arriver en baissant les charges salariales puisque cela diminue les recettes. La solution est donnée dans le reste de la phrase : « élargir l’assiette de l’impôt, », c’est la CSG qui a été choisie par Macron. On a encore le choix de la corde avec laquelle on sera pendu. « poursuivre la mise en œuvre de la diminution prévue du taux nominal des impôts sur les sociétés. » C’est une raison pour laquelle le budget 2018 sera plus difficile à boucler… sans nous demander de nouveaux sacrifices. 

Le « budgétairement neutre » oblige au passage d’abandonner la suppression de la taxe d’habitation car on ne peut simultanément supprimer les charges salariales payées par le salarié. Mais le véritable objectif est clairement dit, diminuer les charges des entreprises pour leur permettre d’investir et d’embaucher… mais qui en priorité ? « améliorer l’accès au marché du travail des demandeurs d’emploi, notamment pour les travailleurs les moins qualifiés et les personnes issues de l’immigration » C’est l’ouverture à l’immigration et à la pression générale sur les salaires par l’embauche des moins qualifiés et un nouveau transfert de richesses des salariés vers les entreprises. C’est explicite dans : « veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emploi et la compétitivité. » Dans le point 4 cité plus haut on retrouve tout un pan de loi Travail en gestation et l’uberisation de nos sociétés de service et des professions réglementées (notaires, comptables, architectes, etc.)

L’UE est maîtresse de notre économie et même du marché du travail. Cela dépasse la personne qui exerce le pouvoir en France et touche la France elle-même. Macron est captif et ne peut que suivre la feuille de route qui lui est imposée. Il manie les discours enjôleurs mais devient autoritaire quand on lui demande de ne pas respecter les directives de Bruxelles. Ces directives nous conduisent à des mesures d’austérité de plus en plus pesantes, c’est pourquoi Macron a choisi les ordonnances qui jouent le rôle d’anti-monte-lait avant que la grogne populaire déborde. Il est en de même sur l’immigration mais aussi de la France qui ne peut que s’enfoncer lentement dans un processus à la grecque. Pourquoi ? Ce sera l’objet du prochain article.

Rester dans l’UE c’est accepter l’austérité allemande 

Et la tutelle des États-Unis et de l’oligarchie.

C’est accepter le rôle qu’on nous impose 

Dans un protectorat et dans la misère

Qui s’étend sur notre pays.

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon