mardi 1 novembre 2016

Une semaine avant la guerre ?



Le 8 novembre nous connaîtrons le nouveau Président des États-Unis, un homme ou une femme, et quelle femme ! A moins de ne s’en tenir qu’au journal télévisé de 20h sur les principales chaînes d’information, plus personne ne peut dissocier Hilary Clinton du surnom de la « Va-t’en guerre ». Elle veut la disparition de Bachar el-Assad en Syrie, même les pieds devant. Mais son véritable objectif est la Russie, à qui elle conteste le droit d’exister car son existence même menace les États-Unis. Le fait que la Russie s’oppose aux États-Unis en Ukraine et en Syrie suffit à en faire l’ennemi « numéro 1 » en attendant la Chine ensuite. La Chine et la Russie sont entourés de bases américaines et l’État-major américain ne cesse d’exprimer son impatience d’en découdre. Avec L’EI le chaos se répand partout et la déstabilisation des régimes du Maghreb est en cours sauf s’ils sont devenus aux ordres des États-Unis comme la Tunisie. Le chaos continue en Libye et nous y revenons. On attend la mort de Bouteflika en Algérie et ça commence à bouger au Maroc. Le Yémen est massacré par l’Arabie Saoudite avec la complicité étasunienne et occidentale. Les manœuvres se multiplient aux frontières de la Russie de part et d’autre. Les avions russes et américains se frôlent en Syrie et il suffit d’un rien pour enclencher un processus incontrôlable mais voulu.

Voilà l’enjeu des élections américaines. Hillary Clinton, financée par les pays du Golfe et les principales banques américaines, est l’objet de révélations sur son influence, en dehors de la légalité, sur la politique américaine grâce à Wikileaks… et au FBI. Elle se trouve brutalement en position de faiblesse devant des accusations graves, et son arme de dissuasion basée sur une soi-disant connivence de Trump avec Poutine ne trouve pas de preuves tangibles comme vient de le dire le FBI. Malgré la puissance financière et médiatique derrière sa campagne, il apparaît que le trucage des élections reste la menace sérieuse pour Donald Trump. Les machines à voter ont été fournies par George Soros, le milliardaire dont on connait le rôle occulte mais prépondérant dans la politique étrangère américaine. Les journalistes de la chaîne de télévision CBS à Chicago ont découvert que certains Américains réussissaient à voter même après leur mort. Vu du côté français, nous n’avons pas à prendre parti, mais nous avons le droit de dire que nous ne voulons pas la guerre proposée par le parti démocrate et que finalement cela nous regarde car l’Europe sera au centre du conflit russo-américain. 

Le débat de la primaire française à droite du 3 novembre n’offrirait qu’un intérêt mineur devant le résultat de l’élection américaine, si elle ne nous présentait pas le guignol de droite dont les chances de devenir Président seront très grandes. Or la Présidence de la République perd chaque jour de son pouvoir réel de conduire la France selon le vœu de ses concitoyens, mais pas son pouvoir de nuisance qu’ont si bien incarné les deux derniers présidents. Cela nous permet de constater que les primaires ne sont qu’une pâle copie du système américain et que l’utilisation que nous en faisons est nuisible finalement au fonctionnement de l’État et de la démocratie. Par exemple le flou sur les catégories d’électeurs qui vont voter pour la primaire de droite enlève toute crédibilité à un véritable ancrage politique. Que viennent faire des électeurs de gauche, des Mélenchonistes, des souverainistes, des frontistes dans une primaire chez Les Républicains qui étendent leurs ailes vers le Centre ? Jusqu’où ? La primaire de gauche pour la présidentielle de 2012 a laissé de graves traces dans le parti socialiste avec des rancunes tenaces dont on voit le résultat aujourd’hui avec la défaite et l’éclatement prévisibles de ce parti. Nul doute que ceci se produira de la même façon à la suite des joutes de la primaire de droite dans le prochain quinquennat.

Le bricolage des principes fondateurs de la Vème République, passage du septennat ou quinquennat, modification des relations entre le législatif et l’exécutif à l’Assemblée Nationale, prééminence du Président de la République dans l’exécution de la politique intérieure qu’il a non seulement avalisée mais définie dans le détail, pratique de primaires dans les partis, sont autant de modifications qui aboutissent à un régime où règne la confusion. Quel est exactement le rôle du Premier Ministre quand le Président est omniprésent sur le terrain et que le Premier Ministre s’exprime sur ses visions pendant ses visites à l’étranger ? Quel justice y a-t-il dans l’utilisation des médias pour le Présidentielle quand les partis les mobilisent pour leurs primaires, droite, gauche, verts, et que de plus on ne donne plus le même temps d’antenne à tous les candidats ? Ce n’est ni plus ni moins qu’un bricolage de la démocratie.

Ce n’est pas d’une VIème République dont nous avons besoin mais de revenir aux principes de la Vème dont le but principal était de s’éloigner du régime des partis qui conduisaient à d’incessants « arrangements » et « coalitions » éphémères. Le suffrage universel pour l’élection du Président de la République en était le socle. La candidature à la Présidence était ouverte à tous, sous réserve de détenir une représentativité suffisante de ses concitoyens. On peut jouer sur le nombre de signatures nécessaires mais les conditions de répartition sur le territoire mettent out les candidats qui n’ont pas une représentation géographique d’un grand parti. Les électeurs sont de nouveau devenus le jouet d’un bricolage politique, ce qui est justement ce que voulait éviter la Vème République. Évidemment cela affaiblit la démocratie.

Cela permet de conclure sur le fonctionnement de la démocratie aux États-Unis. L’enjeu du 8 novembre pour la Présidence en fait un moment doublement exceptionnel, pour la guerre et pour la démocratie. C’est la première fois où l’Establishment peut être mis en échec par un candidat hors finalement du système instauré par les deux grands partis, grâce à sa fortune personnelle. Les français ne réalisent pas l’impact que peut avoir cette élection, non seulement sur la politique américaine mais sur la politique mondiale. Ils ne le peuvent pas parce que le monde politique et médiatique masque ou déforme les informations. Les commentaires sont à sens unique, le sens de la « pensée unique » inféodée à l’hégémonie américaine qui nous conduit à participer à toutes les guerres du monde et à sanctionner la Russie de façon à garder l'emprise américaine sur l’Europe grâce à… OTAN, CETA, TAFTA, UE, BCE, dollar, euro et même BRI, BM, FMI, ONU, GIEC, ONG et j’en passe… La démocratie française laisse aux citoyens le vote pour le choix entre les marionnettes pilotées de l’étranger… sauf s’ils retiennent la leçon des élections US. 

Notre avenir n’est plus entre nos mains. 

La défrancisation, l’islamisation

Sont aux mains des puissants. 

La démocratie va jouer

Son dernier round 

Le 8 novembre ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon