mardi 8 novembre 2016

Croissance ou décroissance ? Le vrai débat ?



La croissance est le Graal de la politique française, européenne, et mondiale puisque nous sommes dans la mondialisation que manœuvre une politique globaliste tournée exclusivement vers le profit. D’ailleurs le chef de l’État a déclaré que son unique préoccupation, c’est « tout pour l’emploi, la compétitivité et la croissance ». Profitant d’une commémoration de la guerre de 1914-1918, il en appelle à l’union sacrée des français à « l’impérieuse nécessité de faire bloc si nous voulons gagner les batailles qui, aujourd’hui, ne sont plus militaires mais économiques ». Hollande et Sarkozy ont tous deux déclaré que nous n’échapperons pas à un Nouvel Ordre Mondial. Je suis d’ailleurs étonné que ces propos n’aient eu qu’une résonance médiatique très limitée aux réseaux sociaux où l’on retrouve les preuves sur des vidéos. Or la politique du NOM c’est la globalisation, celle qui permet de gérer le monde par la suppression de toutes les barrières, en premier lieu des frontières, donc des nations pour permettre une circulation sans entrave aux hommes, aux biens et aux capitaux. C’est la grande porte ouverte au capitalisme débridé habillé sous le terme de « libéralisme heureux » pour les uns et de « socio-libéralisme » pour les autres.

D’un autre côté on trouve « l’écologisme », à bien différencier de l’écologie, qui privilégie la défense de la nature, vendue sous l’aspect de « défense de l’environnement ». Cette dernière appellation globalise la défense de la nature et de l’homme, ce qui est foncièrement différent car la nature a toujours été et reste le premier ennemi de l’homme tout en lui permettant de vivre. Du concept de la pratique de l’écologie respectueuse de la nature, pour éviter que l’homme se détruise lui-même, on dérive vers une idéologie du statu quo de l’évolution humaine, voire de retour en arrière. Le mot « décroissance » est alors utilisé comme une politique mondiale à assumer pour survivre. D’ailleurs la décroissance des ressources énergétiques sert de point d’appui pour alarmer les citoyens. Le pétrole, principale ressource énergétique, va prochainement s’épuiser. Cette rengaine perdure parce qu’évidemment tout a une fin. Le problème est de connaître la date à laquelle nous ne pourrons plus assumer nos besoins futurs en pétrole. Aurons-nous toujours besoin du pétrole ? Qui connaît aujourd’hui les réserves existantes sur notre planète ? 

Sur le premier point, nous devons noter que dans le monde, et particulièrement en France, l’uranium a été une nouvelle ressource dont l’exploitation a permis de se substituer au pétrole et au charbon pour la production électrique. Ceci repousse d’autant la date d’épuisement des ressources en pétrole. D’ailleurs, à ce propos, en 1958, feuilletant une revue relative aux travaux du Club de Rome, j’ai lu que les ressources pétrolières seraient épuisées en 1978, donc en 20 ans. 38 ans après elles ne le sont toujours pas et on a, entre autres, des gisements énormes en Méditerranée que se disputent la Grèce, la Turquie, le Liban, la Syrie et Israël, avec bien sûr les compagnies pétrolières surtout américaines. Le cas du charbon nous donne le même constat, on a toujours un siècle de ressources devant nous depuis 1958 et nous avons fermé toutes nos mines.

On ressort maintenant l’épuisement des « terres rares » et l’on crie haro sur cette ressource dont les conditions d’exploitation sont moyenâgeuses et laissent des déchets nuisibles à l’homme dans l’environnement. De plus la Chine détient 90% des ressources actuelles, ce qui crée un état de dépendance aux principaux utilisateurs. Le Japon, grand consommateur pour tout ce qui touche à la téléphonie portable, vient d’en faire le constat. Les lanceurs d’alerte écologistes sont aussi des partisans de l’énergie durable, infinie et gratuite, dans le vocable « développement durable », celle de l’énergie verte, des énergies renouvelables. En tête se trouve les éoliennes terrestres et marines, et les panneaux solaires, toutes deux consommatrices obligées… des terres rares ! Il faut donc être extrêmement prudent dans l’utilisation de la décroissance, celle qui veut protéger l’environnement, et qui souvent va à l’encontre du but recherché. 

Le 7 novembre 2016 est paru un article énonçant que « Au début des années 2000, des experts estiment que plus de la moitié des espèces alors vivantes pourraient s'éteindre avant 2100 ». Cela fait partie de la panoplie habituelle de catastrophes annoncées, comme celles qui prédisent que nos petits-enfants vont tous mourir grillés ou noyés. En fait ce genre de prédictions a toujours existé mais il prend l’habit d’études scientifiques dont les conclusions tirées vont au-delà de celles des scientifiques eux-mêmes. La doxa est « l’extinction des espèces ». On ne va publier que les articles qui vont dans ce sens et surtout ne donner les moyens financiers qu’aux études ayant pour but de conforter cette doxa. C’est la même chose en ce qui concerne le réchauffement climatique. Toutefois il existe des scientifiques qui nous disent que l’on ne connaît que 5% des espèces du monde vivant et que la nature ne cesse de créer de nouvelles espèces. Alors quel est le solde entre création et disparition ? Comment peut-on affirmer que la moitié des espèces auront disparu alors que l’on n’en connaît pas le nombre.

Je n’insisterai pas sur la solution de la décroissance du nombre d’humains, soutenue comme pouvant résoudre l’épuisement des ressources, qui est d’ailleurs la solution du NOM nous conduisant à réduire de 90% la population actuelle, avec 9% de serfs pour le 1% restant. On imagine par quels moyens terrifiants cela fait appel au profit de ceux qui seront élus pour vivre. Ceci étant le débat « croissance ou décroissance » permet de prendre conscience des dérives vers lesquelles nous glissons. Ce sont celles que nous procure la course au profit, par la croissance et la compétitivité à tout prix, et au pompage de la production d’argent par le plus grand nombre pour un nombre très restreint d’humains, en gros le 1% qui surnage. Il y a là le crédo d’un seul but, la croissance quelle qu’en soit les conséquences pour l’homme. Il ne peut y avoir de libéralisme débridé, comme il ne peut y avoir de réacteur nucléaire réduit à une chaudière sans appareils de régulation. Dans les deux cas la catastrophe humaine est certaine. L’explosion de la dette pour maintenir une croissance molle et une spéculation de plus en plus énorme au profit des puissances de l’argent ne peut mener qu’à une catastrophe où les « initiés » seront les gagnants et les autres jetés dans une détresse à la grecque. 

Cet unique but génère aussi une perte chronique de démocratie car, pour mener cette politique du profit, il faut concentrer le pouvoir hors des incertitudes que réservent les votes populaires. Le vote sur la Constitution Européenne en est un exemple typique. La croissance normale ne peut être stigmatisée, c’est celle que permet la recherche et l’innovation. C’est celle qui permet de payer moins cher un produit ou au même prix un produit amélioré. L’ordinateur, le poste de télévision en sont des exemples d’aujourd’hui. Cette croissance est faible par définition car le « progrès » évolue généralement lentement. En effet les sauts technologiques transformant le monde économique sont très espacés dans le temps. La croissance dévoyée c’est celle créé artificiellement par le déversement de la monnaie de singe par les Banques Centrales, monnaie alimentant surtout la spéculation. 

Le débat n’est pas réellement entre croissance et décroissance 

C’est celui de savoir si la société de consommation

A pour seul but d’abrutir les populations 

En leur masquant le véritable but

Des vrais Maîtres du Monde 

« Puissance et profit »

Au mépris de tout ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon