samedi 19 novembre 2016

Ecologisme et énergie : incompréhension et divorce politiques



Les positions de Donald Trump sur le réchauffement climatique, donc sur les énergies renouvelables, et à l'inverse celles de Sarkozy, de Juppé et de Fillon, celles de Mélenchon et de la gauche aux ordres, montrent que l’incompréhension la plus totale règne dans le domaine de l’écologie et de la politique énergétique. Tout d’abord sur l’écologie, sujet pour tous les citoyens et pour tous les partis, nul ne peut s’en désintéresser et la création de partis écologiques tient pour une part au fait que ce sujet était relégué à une importance mineure. Il a fallu la peur du nucléaire, des OGM, des pesticides pour que le sujet resurgisse dans les préoccupations des principaux partis de peur de perdre un électorat sensible à ces problèmes. Ces préoccupations sur des thèmes divers sont à l’origine de l’écologisme, idéologie qui vise au respect, à la protection, à la préservation ou à la restauration de l'environnement dans une forme très poussée. Des organismes mondiaux, comme Greenpeace, s’en sont emparés et ont obtenu des financements souvent intéressés de lobbies, comme ceux des pétroliers qui à une époque luttaient contre le nucléaire avant d’en devenir actionnaires et qui avaient en même temps gagné un espace de pollution non ciblé par ces organismes.

La conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage » (wilderness), la lutte contre la dégradation, la fragmentation et la destruction des habitats et des écosystèmes au sens le plus large, sont des orientations dont il n’est pas toujours sûr qu’elles ne préservent pas plus l’environnement que l’homme et ses ressources vitales. L’exemple des loups et des ours dans les Pyrénées est un exemple de dérive possible. Par contre l’écologie centrée sur les relations entre les êtres vivants et leur impact sur l’homme, l’écologie qui lutte contre la pollution de l’air, des sols, des mers et de l’eau, est une orientation de simple bon sens. Il y a deux sortes d’écologistes, l’idéologue et le pratiquant de l’écologie centrée sur la protection de l’homme contre la nature et contre lui-même. Le pire ennemi de l’homme reste la nature qui peut faire disparaître l’homme de la surface de la terre par des cataclysme divers sur terre, sur mer et dans les airs. Une éruption volcanique peut du jour au lendemain rendre la terre invivable. Il en est de même d’une grosse météorite. 

Politiquement l’écologie égocentrée a tendance à sombrer dans l’écologisme et nous amène à des orientations politiques qui peuvent être erronées. C’est le cas du réchauffement climatique, dont la réalité est contestable, mais surtout sur l’influence réelle de l’homme d’une part, et sur l’agent de réchauffement principal, le CO2. Le consensus scientifique est loin d’être obtenu malgré toutes les affirmations scandées par les milieux politiques et concoctées par des experts politiques chargés de rédiger un condensé des travaux scientifiques du GIEC. Le politique s’est emparé de la science, enfin de celle que le Système mondial a intérêt à promouvoir. Il y a divorce entre la certitude politique et le doute des milieux scientifiques honnêtes et indépendants. Donald Trump a mis un pavé dans la mare car il se veut non tributaire de la doxa du Système. La COP22 s’est déroulée dans un climat d’inquiétude, celui que tout l’échafaudage, patiemment élaboré, s’effondre sur ses bases… C’est un drame inconcevable si les climato-sceptiques, experts en la matière, peuvent avoir le droit d’être écoutés.

La politique française ne s’intéresse guère à l’écologie de terrain et de bon sens car elle est très peu porteuse de voix. Il est beaucoup plus payant de parler de l’écologisme mondial, de monter en épingle les dangers censés nous menacer, pour montrer que l’on est sur le front de l’action de sauvetage du monde. Mais l’écologie et la politique énergétique ont trouvé un terrain d’entente avec les énergies renouvelables, les EnR, qui vont nous assurer l’indépendance, l’électricité bon marché, et l’abaissement de la montée des températures mondiales. Ces dernières n’ont toujours pas fait fondre toutes les glaces du Pôle Nord, comme le prévoyait Al Gore en 2012, ni arrêté l’augmentation de celles de l’Antarctique. Malheureusement l’indépendance énergétique n’est pas acquise car nous trouvons des panneaux solaires et des éoliennes moins chers à l’étranger et nous sommes tributaires des Terres Rares indispensables à leur construction et détenues à 90% par la Chine. L’électricité produite par les EnR est plus chère que celle produite par le nucléaire et doit faire l’objet de subventions pour leur développement, dont un coup de rachat aux particuliers deux à trois supérieur au prix de vente des producteurs. 

Enfin la France était exportatrice de 8% en 2014 et de 6% en 2015, il n’y a donc aucune raison économique de mettre en service des EnR. La raison est liée au réchauffement climatique, politiquement certifié, que les EnR sont censées combattre par non émission de CO2, sauf que le nucléaire n’en produit pas et que les EnR sont des énergies intermittentes qui nécessitent un complément de centrales thermiques polluantes en CO2. Les EnR ne se justifient que sur le critère de dangerosité du nucléaire, argument bien faible lorsque plus de 400 centrales fonctionnent dans le monde, que la France est le pays le plus nucléarisé par habitant sans accident majeur depuis un demi-siècle et que Fukushima n’a pas tué les 20.000 morts ou disparus dans le tsunami. L’argument majeur est basé sur une peur entretenue politiquement au nom de l’écologisme et du principe de précaution, frère malfaisant de celui de prévention.

Le milieu politique en arrive à défendre l’indéfendable, plongeant notre pays dans la régression. Il y a un divorce patent entre l’écologisme et la politique énergétique. L’incompréhension politique est un facteur aggravant. J’en veux pour preuve le programme énergétique de François Fillon qui a le mérite d’être clair et censé. Sauf que la poursuite des EnR pour compenser l’arrêt des centrales thermiques, et diminuer ainsi la pollution en CO2 est un non-sens. Plus on a d’EnR, plus il faut de production thermique, l’un ne peut aller sans l’autre. Les chiffres officiels sont pourtant d’une étincelante clarté. Entre 2014 et 2015, la production électrique photovoltaïque a augmenté de 25,4%, l’éolien de 24,1%... et le thermique (charbon-gaz-fuel) de 26,3%. Entre 2014 et 2015 les EnR ont produit 5,6 TWh de plus et le thermique 7,1 TWh… CQFD ! On ne peut pas arrêter la production thermique si l’on augmente la production des EnR. Dire le contraire est une contre-vérité et une impossibilité physique. EnR et thermique sont intimement liés tant que l’on ne saura pas stocker l’énergie électrique à bas coût et ce n’est pas pour demain. Ceci entraîne d'ailleurs par le fond l'argument de la baisse du CO2 grâce aux EnR. Affirmer le contraire est une opération politique ou une incompréhension grave de la politique énergétique. C’est malheureusement le cas de la plupart des hommes politiques qui émettent des avis ou des directives sur la politique énergétique de notre pays. 

Écologisme et politique énergétique se télescopent

Dans un terrifiant bain d’incompréhension 

Qui nous font craindre d’être dirigés

Par des ânes bâtés mais nourris ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon