mardi 29 novembre 2016

Piètre bilan et exploitation des peuples


Un quinquennat se termine et un candidat à la Présidence est en position favorable à la droite de la pensée unique. Il est temps de regarder ce que le mandat actuel nous laisse en héritage et ce que les propositions du candidat de la droite nous réservent. La France tient la cinquième ou sixième place dans l’économie du monde et une dette en constante augmentation. Le candidat Fillon se propose de lui donner la première dans les années qui viennent. Regardons cependant la position de notre richesse produite par habitant, en gros le PIB/habitant. Si cet indicateur souffre de certaines insuffisances, il n’en reste pas moins le meilleur indicateur de la santé globale d’un pays. On constate que nous sommes à la 21ème place dans le monde pour le PIB/habitant. On voit de suite qu’entre la 5ème place dans l’économie mondiale et cette 21ème place du PIB/habitant, il n’y a pas coïncidence. D’ailleurs les statistiques ont déjà évolué en ce qui nous concerne puisque la croissance 2016 a été ramenée à 1,4% par rapport aux 2% prévus. Notre 21ème place pourrait bien être encore plus mauvaise à fin 2016.

Or ce qui intéresse le peuple c’est son niveau de vie moyen, lui-même très lié à cet indicateur qui peut être complété par l’indice Gini qui mesure la disparité des revenus. On voit que la place de notre économie dans le monde ne garantit pas la même pour le PIB/habitant. Il y a donc tromperie sur les espoirs de niveau de vie. De toute évidence il est illusoire d’envisager de prendre la première place sur celui-ci. Il faudrait tripler le PIB/habitant pour égaler le Luxembourg et plus que le doubler pour atteindre celui de la Suisse.

Une autre attente est que l’amélioration de cet indicateur soit quelque chose d’assuré pour l’avenir donc dû à notre travail et à l’apport de la science et de l’innovation. Malheureusement l’augmentation du PIB/habitant est très liée à l’augmentation de la dette/habitant. On peut dire que l’augmentation de 100$ du PIB/habitant est obtenue en moyenne grâce à 90$ d’augmentation de la dette/habitant. Autrement dit nous améliorons notre sort en repoussant la dette sur les générations futures pour 90% de celui-ci. Le graphique ci-dessus le montre bien visuellement même si les situations de départ sont différentes. On voit d’ailleurs les ravages de la politique d’austérité imposée à l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Cette dernière ne nous a pas encore atteint de plein fouet mais nous ne brillons pas par rapport aux pays du nord de l’Europe. Notre bilan est peu enviable. 

Or c’est bien cette politique d’austérité que nous promet Fillon, la politique de la troïka UE-BCE-FMI, celle des banquiers. L’effort sur la relance économique doit être payé par le peuple, politique basée sur le principe simple : plus on travaille, plus on produit. Il suffit de dire que c’est du bon sens, que l’heure est grave et qu’il n’y a pas d’autre alternative pour que le peuple y croit…au moment du vote. Malheureusement cela c’est de la politique, elle se fiche souvent de la réalité pour la remplacer par des mirages. Quand les chiffres sont là pour les démentir, ils n’en parlent pas. On reste sur les slogans. En effet, comme je l’ai publié le PIB/habitant n’augmente pas avec les heures travaillées annuelles mais au contraire il diminue. On peut même dire que 100heures de travail en plus diminuent en moyenne le PIB/habitant de 3283$ en 2015. La France est particulièrement mal placée sur ce point… parce qu’elle valorise très mal les heures travaillées par rapport aux pays du nord et même à la Belgique. Le problème n’est pas dans le nombre d’heures travaillées mais du côté de la fiscalité et de toutes les contraintes administratives et autres qui freinent notre développement économique. L’augmentation des heures travaillées du secteur privé ne ferait qu’aggraver le problème. 

On pourrait au moins espérer que ceci va diminuer le chômage même si intuitivement on puisse penser le contraire. Il n’en est malheureusement rien même et l’effet inverse est statistiquement assez probant. On peut même dire qu'en moyenne 100 heures de travail en plus ont tendance à augmenter le chômage de 2% en Europe. J’ai montré que l’on retrouvait le même constat sur la durée hebdomadaire du travail dans un article précédent.

Il n’y a donc rien à espérer bien au contraire pour le peuple de l’augmentation des heures travaillées par la durée annuelle et hebdomadaire du travail en ce qui concerne le secteur privé. Ceux qui ont voté Fillon, Sarkozy ou Juppé aux primaires ont voté (sans le savoir)... pour les banquiers : austérité pour le peuple et coup de pouce à l’économie pour le Medef. C’est le pompage prévu de l’argent du travail vers celui du capital spéculatif, du bas vers le haut. C’est le sentier vers lequel sont conduits tous les pays du Club Med. Ce jugement n’exclut en rien d’autres mesures qui sont de toutes façons à prendre et salutaires dans le programme de la pensée unique de droite. Mais pour espérer sortir de la main des banquiers et arrêter de faire suer le peuple, il faut sortir de l’UE et de l’OTAN, et redonner à notre monnaie son pouvoir d’ajustement. C’est cette action qui est prioritaire. N’oublions jamais que Juppé, Fillon ont été adoubé par le groupe Bilderberg des banquiers, que Macron a été invité par la City pour lui financer sa campagne, que le pape a baisé les mains des Rothschild et Rockefeller et non l’inverse, et que Sarkozy et Hollande nous ont dit que nous n’échapperons pas au Nouvel Ordre Mondial. Ce sont des signes qui ne trompent pas. 

Toute la pensée unique gauche-droite et ses médias

Assomment le peuple de contre-vérités, 

D’espoirs vains et de mirages.

Les banquiers ne veulent 

Que notre argent ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon