mercredi 2 novembre 2016

Le monde suicidaire des puissances de l’argent !



Les élections américaines vivent des derniers jours particulièrement tourmentés avec un revirement possible de dernière minute. Le FBI a brutalement décidé de reprendre son enquête sur les courriels d’Hillary Clinton après qu’aussi brutalement il ait décidé de la suspendre. Une visite de Bill Clinton à la Procureure générale des États-Unis, qui avait stoppé le FBI, aurait eu une certaine influence. Il se dit qu’Obama et son épouse s’abstiendraient désormais de toute intervention médiatique en faveur de la candidate Hillary après le coup de pub qui lui a été fait par Michelle Obama. Coïncidences dont la concomitance donne libre cours à des interprétations diverses. Les Obama et le FBI n’auraient-ils pas été chapitrés pour les premiers, et aux ordres pour le second ? Si oui, ce ne peut être que par une instance supérieure… dans le monde de l’argent, celui des Maîtres, qui choisit, fait, aide ou coule les Présidents des principales puissances occidentales, et de bien d’autres dans le monde. Aurait-il changé de cheval… Wait and see.

L’actualité nous montre une fois de plus que l’argent et les armes sont les leviers de la puissance sur les êtres humains. Hillary Clinton était la candidate choisie pour son engagement dans la guerre partout où se trouvent, ou bien transitent, les richesses du sous-sol, particulièrement au Moyen-Orient, en Afrique, et prête à l’affrontement avec la Russie qui rejette le monde unipolaire du super-État américano-juif. La Russie s’avère coriace et une autre stratégie, tournée vers l’argent, peut sans doute être envisagée. Alors Hillary Clinton n’est peut-être finalement pas le meilleur pion à jouer. Les Maîtres, bien installés dans les banques centrales, en particulier à la Fed gérée par des banquiers privés comme vous savez, sont préoccupés par la perte de valeur des monnaies et le grossissement de plus en plus rapide de la dette publique. La dette mondiale a dépassé les 300% du PIB mondial. Le système de la planche à billets s’emballe, la machine crache de plus en plus de monnaie de singe mais personne n’a la recette pour stopper le processus en cours. Leurs deux leviers, planche à billets et taux d’intérêts, sont inopérants. Le déversement continu de liquidités profite à la spéculation pour sa plus grande part et non à l’économie, et les taux d’intérêt, proche de zéro et négatifs, ne peuvent être relevés sous peine de nuire à la croissance trop faible par ailleurs, particulièrement dans la zone euro. 

En effet les taux bas découragent les prêts non rémunérés, sauf pour les gros investisseurs qui cherchent des placements sûrs même à taux négatifs. C’est la course aux obligations souveraines allemandes et françaises par exemple, ce qui tire un peu plus les taux d’intérêt vers le bas. Les taux bas tuent les banques et les assureurs sur la vie qui ne peuvent valoriser les dépôts. Mais aussi plus la monnaie de singe, électronique pour sa plus grande part, inonde le monde, plus celle-ci se dévalue. Le graphique joint est particulièrement expressif sur ce point. C’est une loi incontournable qui conduit tôt ou tard à la disparition d’une monnaie qui n’est pas basée sur un bien tangible, manipulable, transmissible. C’est ainsi qu’en 1931, on pouvait acquérir 122g d’argent avec un dollar, et seulement 1g en 2011 avec le même dollar… enfin apparemment en lisant sa valeur sur le papier. Le dollar s’approche de la valeur zéro et il en est de même de toutes les monnaies plus ou moins liées au dollar, comme l’euro, le yen, la livre.

Pour le dollar la décroissance est très rapide. En 1971, un billet de 100 dollars américain permettait encore d’acheter un lingot d’or de 100 grammes (environ 3 onces). En un siècle l’euro qui a fait suite au mark, le yen, la livre et le dollar ont perdu entre 97 et 99% de leur valeur. Elles sont en voie d’extinction et, si rien ne change, nous nous dirigeons vers une hyperinflation comme ce fut le cas en 1923 dans la République de Weimar (Allemagne) et en 2007-2008 au Zimbabwe, donc vers une destruction de nos monnaies dont l’euro.
C’est pour cela que certains États, comme la Russie, la Chine et l’Inde, sont en train de faire monter le stock d’or dans leurs banques nationales respectives. Il est moins connu que l’Allemagne en fait autant et la France plus modestement, faute d’argent disponible mais en profitant de taux d’emprunt négatifs à court terme. Le remplacement du dollar est dans l’air et la Chine, qui a fait introduire le yuan dans les monnaies de réserve, mène le combat contre le dollar en limitant au maximum les transactions internationales en dollar. Gros producteur d’or, la Chine incite même ses citoyens à acheter de l’or. L’or reste la monnaie d’échange sur laquelle une monnaie doit s’appuyer pour éviter de dériver. Le décrochement du dollar à l’or n’a eu que pour but de permettre de dépenser sans contrainte en créant de la monnaie à loisir… surtout pour la guerre. 

La monnaie et la guerre sont indissociablement liées dans la politique hégémonique américaine cornaquée par les Maîtres. Pour garantir le dollar il faut acquérir des biens tangibles comme les ressources du sous-sol… par les armes et les rebellions internes suscitées et aidées. Les États-Unis sont engagés dans une course contre la montre pour que le dollar continue à assurer leur richesse. De l’autre côté le couple Russie-Chine se prépare à basculer vers une monnaie plus liée à l’or, le yuan ou un panier de monnaies où l’or a son mot à dire. Ceci éclaire la géopolitique actuelle où la Russie est à affaiblir, ou à rayer de la carte, car elle est la puissance la plus armée des BRICS, ces pays tenants d’un monde multipolaire. Juste derrière il y a la Chine, que l’on est train d’encercler au plus près dans la mer de Chine. Le budget militaire américain est supérieur à la somme de tous les budgets des autres pays. L’État-major US pousse et se prépare à la guerre, car la guerre relance l’économie et elle est nécessaire au maintien de l’hégémonie américaine… L’or et l’horreur se côtoient. C’est pourquoi celui ou celle qui accèdera à la Maison Blanche aura le pouvoir de faire basculer le monde dans une dépression économique gigantesque ou une guerre qui peut devenir titanesque avec l’Europe comme terrain de jeu. 

Jamais le monde ne s’est encore trouvé devant un tel risque 

Avec des politiques suicidaires capables de nous ruiner

Ou de faire un autodafé d’une montagne de billets 

Avec un feu nucléaire capable de nous détruire. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon