lundi 21 septembre 2015

Un danger peut en cacher un autre, le krach !



Les médias rivalisent pour produire un flot d’articles, d’émissions sur le flux migratoire qui butte sur la Hongrie, l’Autriche et la Slovaquie. Cela alimente la peur du nombre et la sensibilité humanitaire que l’on a sciemment éveillée par une seule image qui passe en boucle d’ailleurs recadrée pour masquer les deux pêcheurs à la ligne qu’un bébé mort ne semble pas perturber. Personne n’a d’ailleurs jamais vu s’échouer un corps mort perpendiculairement à la mer, alors on l’aurait déplacé ou on l’aurait posé là ? De toutes façons les réfugiés arrivant de l’Est, du Moyen-Orient et de Républiques de l’Est européen ne souhaitent pas séjourner en France… pour l’instant, mais le traité de Schengen permet de changer d’avis. Les objectifs sont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède. Ceux qui veulent rester proviennent de l’Afrique francophone principalement et en particulier du Maghreb et du sub-saharien. Nous ne refoulons pas ces clandestins, mais nous sommes prêts à tout faire pour eux. Hollande est même au Maroc pour voir comment mieux former les imams, l’Etat laïc finance désormais la religion et facilite son expansion. L’Etat français cultive le fantasme de pays d’accueil, et oublie de transformer des clandestins en de vrais français, capables de s’intégrer, et de leur proposer du travail. Là est le vrai danger, on attire, pour l’accueil et non pas pour le travail, une civilisation qui ne pense qu’à imposer la sienne.

Mais quittons ce danger qui remue les consciences et paralyse le bon sens, et penchons-nous sur l’économie mondiale, européenne et française. Il est vrai que le français dédaigne facilement ce marqueur de la santé d’un pays, il s’intéresse surtout à son pouvoir d’achat et vilipende les taxes et impôts. Pourtant peu importe les impôts si le pouvoir d’achat augmente mais celui-ci n’est que la résultante de la bonne marche de l’économie. Alors que peut-on en dire de cette économie ? Malheureusement rien de bon, pour ne pas dire le pire. Tous les signaux précurseurs d’une catastrophe financière, boursière, monétaire avec ses répercussions économiques s’allument les uns après les autres. Ces lumières sont camouflées par les États et les médias aux ordres qui nous nourrissent de paroles rassurantes ou ne nous disent rien du tout. 

La croissance américaine ne repart pas suffisamment pour ne pas risquer la récession malgré les chiffres bidouillés annoncés. La meilleure preuve est que la Fed ne remonte pas ses taux directeurs comme elle l’avait envisagé et dit reporter sa décision à plus tard. Au contraire des bruits (innocemment répandus) parlent de taux négatifs et d’un nouveau QE, la quatrième édition QE4, la planche à billets pour le commun des mortels ou l’argent Monopoly en quelque sorte, qui permet surtout aux spéculateurs de continuer à jouer et à s’engraisser surtout quand ils sont mieux informés que les autres, type Goldman Sachs. Côté chômage, la réalité est masquée car 94 millions de personnes en âge de travailler, 15 à 64 ans, ne travaillent pas, soit près de 30% de la population. Là-bas une personne qui n’a jamais cherché, ou ne cherche pas ou plus de travail n’est pas comptabilisée dans les calculs du chômage. Ce sont des jeunes et des étudiants (pour environ 20 millions), des retraités et pré-retraités (50 millions)… mais aussi plus de 24 millions d’hommes et de femmes dans la force de l’âge (de 25 à 54 ans) qui ne cherchent pas ou plus à travailler. Jim Clifton le président de l’institut Gallup, évoque même “un grand mensonge du chômage”. Moralité, les États-Unis ne vont pas bien et l’on sait combien ils influencent l’économie mondiale.

L’autre moteur économique c’est la Chine qui montre des signes de ralentissement rapide de sa croissance et essaie de la relancer par une dévaluation du Yuan et des investissements, lesquels arrivent dans une économie déjà en surpuissance par rapport à la demande. De plus les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont les premiers atteints par ce ralentissement, en particulier le Brésil et la Russie, celle-ci frappée par les sanctions occidentales et la baisse du pétrole même si elle semble s’en tirer mieux que prévu. On note au passage que nous nous tirons une balle dans le pied avec ces sanctions en plus de la gabegie du Mistral. Même le FMI annonce un recul de la croissance mondiale, à laquelle l’Europe n’échappera pas, ni la France bien sûr malgré l’insouciance proclamée par notre gouvernement sur l’impact de la baisse du yuan et de l’économie chinoise. COP21, les régionales, la campagne présidentielle, le rabotage des subventions aux collectivités territoriales que l’on surcharge de dépenses supplémentaires, les réfugiés, suffisent à meubler l’actualité et à détourner notre attention. 

Mais il y a un signe particulièrement révélateur, c’est lorsque les rats veulent quitter les navires. Les navires, c’est principalement les coffres de la Fed et de Londres qui stockent une bonne part de l’or des États. La Chine, la Russie, l’Inde, l’Allemagne, la France, etc. rapatrient leur or. Le Chine et l'Inde ont opéré des rachats massifs de l'or physique européen, au point que le vieux continent s'en vide. Au même moment, la BCE cherche à récupérer des lingots lui appartenant, stockés dans les réserves américaines. « Il est virtuellement impossible de se procurer de l'or physique à Londres », explique à Bloomberg Peter Hambro, actionnaire et cofondateur de Petropavolsk, une compagnie minière spécialisée dans l'or et cotée en bourse

Il n’y a pas de signe plus révélateur qu’une catastrophe se prépare car « la valeur physique [le poids de l'or] sera toujours plus importante que la valeur virtuelle, qui n'est faite que de promesses ». C’est évidemment une attaque contre le dollar, dont la Chine et la Russie essaient de se passer mais cela va beaucoup plus loin que cette stratégie géopolitique. Le Système monétaire et financier est en péril car l’économie s’essouffle et la vérité transparait dans la dette et l’inflation vertigineuse de l’argent mis en circulation, argent de plus en plus déconnecté de tout support physique, or, argent, matières précieuses. D’ailleurs les acteurs financiers maintiennent un prix de l’or au plus bas pour sauver le Système coûte que coûte.  Mais contrairement à 2008, les outils des banques centrales sont à bout de course, les taux directeurs ne peuvent plus que devenir négatifs, les QE successifs de la Fed, des Banques d’Angleterre et du Japon, de la BCE, montrent que l’impact sur la croissance devient de moins en moins efficient sur l’économie et ne fait que soutenir les marchés. Pour endiguer un krach, les États n’ont fait que d’augmenter leurs dettes (600 milliards de plus sous Hollande) et les réserves des Banques sont insuffisantes pour pouvoir résister à un retrait massif des déposants. 

Un autre signe peu encourageant c'est les tentatives qui s’enchaînent pour diminuer l’utilisation du cash. Mais attention « Faire chauffer nos cartes bancaires, pourrait bien faire évaporer notre argent ». N’oubliez pas qu’un simple clic de souris sur un ordinateur peut l'effacer. La dernière directive de Bruxelles nous rendant responsable en deuxième ressort des faillites bancaires et autorisant la ponction sur les comptes privés jusqu’à 100.000 euros est moins qu’anodine. « Le marché virtuel, celui de l'argent papier, pourrait un jour s'effondrer et mener à une clôture financière ».    

Voilà ce que l’on nous cache, sur lequel on fait en sorte de ne pas s’étendre ou qu’on nous livre avec des chiffres bidouillés. Mais croyez bien que ceux qui savent, les puissances de l’argent, nous laisserons subir les effets terribles d’une catastrophe qu’ils auront anticipé pour prendre leurs précautions. N’oublions pas que nous sommes des esclaves qui croient encore à la démocratie. 

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie,

une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. 

Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement,

les esclaves auraient l’amour de leur servitude  » 

Le meilleur des mondes (Aldous Huxley) 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon