vendredi 18 septembre 2015

Mensonges économiques pour cacher le vent du boulet



Manuel Macron et ses chefs ont écarté d’un revers de main l’impact que pourrait avoir le ralentissement de l’économie chinoise et la baisse brutale du Yuan, le renminbi. C’est pour tout citoyen qui s’intéresse tant soit peu à l’économie, un énorme mensonge dont la seule excuse est celle de ne pas affoler les populations. Ce genre d’attitude permet de recentrer leur attention ailleurs, COP21 par exemple, et la détourner des manifestations agricoles. Mais c’est tout simplement de la désinformation car on pouvait simplement avouer que cela compliquait le redressement de la France sans nous plonger dans la récession. C’était plus honnête et permettait de faire comprendre que l’État ne pouvait pas toujours satisfaire toutes les demandes d’argent.

Le danger est que celui-ci saute brutalement à la figure d’un citoyen désinformé. Les bourses mondiales font du yoyo depuis la chute brutale du 25 août 2015 pour le CAC40 entre autres. Dans les bourses mondiales la chute a été générale. La décision de la Réserve fédérale américaine de maintenir à un niveau quasi-nul ses taux directeurs a fait plonger vendredi les marchés, plus anxieux des incertitudes autour de l'économie mondiale que soulagés du statu quo monétaire. Le scénario est d’autant plus anxiogène qu’il révèle que non seulement la baisse d’activité en Chine et dans les pays émergents se confirme mais que la Fed constate que l’économie américaine ne se porte pas si bien que cela et que la croissance n’est pas assurée pour l’avenir. Au-delà de la santé de l'économie mondiale, la Fed a justifié sa décision de conserver des taux quasi-nuls par la volatilité récente des marchés financiers et la faiblesse de l'inflation aux États-Unis, deux indicateurs peu favorables aux entreprises. Les aller-retour sur les marchés jusqu’à 5%-6% à la baisse ou à la hausse (parfois les deux en une seule journée) ne font pas partie d’un cycle normal. Ils sont un signe de la volatilité cancéreuse qui vient d’une économie au bord de la catastrophe. 

La baisse des dernières semaines n’est pas circonstancielle, non elle est structurelle. Nous sommes dans un processus de dénouement, de débouclage, on défait ce qui a été fait pendant la période montante de l’assouplissement monétaire, celle du déversement des liquidités par les Banques Centrales, entre autres les fameux QE de la Fed. La baisse fait  partie intégrante du processus de développement de la crise ; elle en constitue  une nouvelle et prévisible étape, l’éclatement des bulles en Chine et au Brésil notamment. On revient à la situation qui aurait dû prévaloir si les USA n’avaient pas procédé à leurs QE. On s’achemine donc vers une nouvelle étape de relâchement monétaire, les conditions sont en train de se resserrer et le Système ne peut le supporter. Non seulement la Fed ne remonte pas son taux directeur et le reporte sine die puisqu’elle n’en annonce pas la date qui était supposée être en décembre, mais la Fed laisse filtrer qu’il y aurait du QE4 dans l’air. Ceci serait une mesure préventive mais elle confirmerait les inquiétudes des marchés et avaliserait que nous ne sommes pas sortis de la crise. Le graphique d’évolution des taux directeurs de la Fed et de la BCE montre que nous ne sommes pas sortis de la crise de 2008 et que la baisse des taux n’a pas eu un effet suffisant pour envisager de les remonter. On est déjà dans les taux négatifs à court terme pour la BCE ! C’est dire que la marge de manœuvre sur les taux est épuisée.

Par ailleurs il est démontré qu’un QE renouvelé ne peut avoir un effet durable sur le marché s’il est lancé. Il en sera de même d’une nouvelle réduction des taux en Chine. La Chine a réduit ses taux à cinq reprises depuis novembre dernier et cela n’a pas suffi à endiguer le flot de l’effondrement de son marché. Contrairement à l’enfumage gouvernemental, l’accident de la Chine est important, non pas parce qu’il est à l’origine du crash de toutes les autres économies, mais parce que la Chine est le plus gros importateur/exportateur dans le monde et que c’est un test décisif pour la santé financière de tous les autres pays. Si elle exporte moins, c’est que nous consommons moins… parce que nous avons moins d’argent à dépenser. C’est pourquoi les marchés occidentaux ont subi des pertes avec la Chine malgré les hypothèses des médias. CQFD. 

Il semble désormais probable que le FMI veut assainir un Système au bord de l’explosion par une grande réinitialisation économique qui passera par une remontée des taux directeurs. Les mondialistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) ont ouvertement considéré au printemps l’existence de politiques de taux d’intérêt faible comme un déclencheur potentiel de crise. Leurs déclarations sont en corrélation avec la tendance de la BRI à prédire les événements terribles du marché qu’ils ont provoqués tout en déformant les raisons qui sont derrière. En effet depuis 2008, rien dans la structure financière mondiale n’a été redressé et maintenant l’édifice de la banque centrale est incapable ou refuse (je crois que c’est les deux) de fournir les outils pour nous permettre même de prétendre qu’il peut être sauvé. Les marchés ne suivent pas l’économie réelle, ils peuvent survivre quand l’économie s’affaisse. Ils ne tombent que quand elle se bloque.

Nous entrons dans un période de grands mensonges, d’autant plus grands que la situation se dégrade. Le Système ne tient que par la confiance que nous lui accordons encore mais la pyramide de Ponzi ne tiendrait plus longtemps sur sa pointe de l’or, de l’argent et des matières premières quand les masses monétaires mises en circulation vont faire éclater les bulles successives en commençant par les pays émergents. On comprend pourquoi la Russie, la Chine et l’Inde se ruent sur l’or et que l’Allemagne rapatrie son or des États-Unis. La probable décision de la Fed avant la fin de l’année va très probablement vers un assainissement par un retour en arrière qui va laisser beaucoup de cadavres. Quand ? Le plus tôt sera le mieux sinon plus dure sera la chute et le pire de 2008 n’attend pas. 

La période de la dette publique non maîtrisée,

De l’argent mis gratuitement à disposition 

Et émis sans limite de quantité

A une fin prochaine ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon