vendredi 25 septembre 2015

L’austérité est incompatible avec les énergies renouvelables !



Il faut que chacun fasse un effort de rigueur budgétaire nous dit François Hollande en s’adressant aux collectivités territoriales que l'on n’a pas cessé de charger de tâches supplémentaires, certaines indemnisées par l’État à l’instant zéro seulement, de complexifier les structures et d’opacifier les responsabilités de la commune à l’État. Il y a donc de multiples raisons de penser que le système global n’est pas optimisé et même qu’à chaque étage des économies sont à faire. Ceci étant dit, lorsque l’État veut être entendu, il doit montrer l’exemple et couper court aux dépenses somptuaires. Parmi celles-ci le subventionnement des énergies renouvelables n’a de sens que politique et idéologique, mais en aucune façon économique et il fait partie de ces puits de dépenses sans fond et sans fondement. Résumons-nous.

Pourquoi se lancer à corps perdu dans les énergies renouvelables ? Pour diminuer la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère ? Perdu, les énergies renouvelables, par suite de leur intermittence, nécessitent soit de stocker le surplus d’énergie, ce que nous ne savons faire qu’à petite échelle, soit trouver un acquéreur étranger à prix cassé, et en cas de manque de démarrer des centrales thermiques productrices de CO2 et autres gaz polluants. On a le choix entre, soit des surcoûts, soit de la pollution. Comme les deux se présentent alternativement et aléatoirement, on a droit aux deux dont le CO2. Or le nucléaire ne peut rejeter du CO2 que pendant la production des éléments composant la structure des réacteurs, bâtiments et appareillage du procédé, c’est-à-dire très peu. J’exclus de ce propos ma position climato-réaliste teintée de scepticisme sur l’origine humaine du réchauffement climatique mais de certitude sur le bienfait de ce gaz sur la vie végétale et sur la non-nocivité directe pour la santé humaine vu les teneurs en cause. 

Alors si ce n’est pas le CO2, quelle est la raison de cet engouement au détriment du nucléaire ? Est-ce les économies que l’on peut en tirer et les emplois que cela va créer ? Il y a une abondante littérature écologique qui tend à dire que l’éolien n’est finalement pas plus cher que le nucléaire. Je ne veux pas rentrer dans une contestation des chiffres avancés et de leur mode de calcul. Je m’en tiens à ce qui est incontournable et vérifiable : La loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant organisation du marché de l’électricité, dite loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité). Dans son application on trouve les chiffres de l’année 2015 sur le coût de l’énergie. Le nucléaire permet de produire en France de l’électricité tarifée qu’EDF doit vendre à 42 €/mégawattheures (MWh) à ses concurrents, suivant la loi NOME, soit un tarif très bas en Europe. À titre de comparaison, les prix de rachat subventionnés pour l’éolien sont à plus de 90 €/MWh en 2015, soit environ le double, sans inclure la gestion de l’intermittence et le stockage. Pour l’éolien en mer, les prix s’envolent à plus de 200 €/MWh, soit environ cinq fois plus cher, et le prix moyen d’achat du photovoltaïque prévu en 2015 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) est de plus de 390 €/MWh… A cela il faut rajouter le maillage supplémentaire de lignes électriques à basse et haute tension, aériennes ou enterrées, voire sous-marines alors beaucoup plus coûteuses dans le cas de l’éolien en mer. Or l’écologisme considère comme une nuisance les lignes électriques aériennes.

Mais cela n’empêche pas le prix du kWh d’augmenter régulièrement pour le consommateur grâce à la fameuse taxe CSPE dont l’essentiel va au soutien des énergies renouvelables. EDF estime que la hausse peut atteindre 4,7% par an hors inflation et 6,5% en incluant l'inflation. Selon la CRE, la CSPE représentera en moyenne, pour l'ensemble des ménages, 15 % de la facture d'électricité en 2015, et la part des énergies renouvelables dans la CSPE 2015 sera de 1,097 c€/kWh. L’Allemagne, leader avec le Danemark sur le prix du kWh usager, a un coût qui a doublé depuis l’arrivée des énergies renouvelables. Le Royaume-Uni déclare que les EnR ont coûté 24 milliards en 2014. Exit donc le gain économique pour l’État et l’usager.

Alors pourquoi diminuer le nucléaire au profit de EnR ? Est-ce parce que les EnR vont créer de l’emploi et permettre d’exporter ? Le nucléaire français est une industrie quasiment nationale. Il reste à espérer que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques (PV) soient fabriqués en France, et aussi les mâts, les pales, les pièces de turbine, les électroaimants… Malheureusement la concurrence chinoise, et danoise laisse peu d’espoir d’être compétitif. Les allemands eux-mêmes ne s’y sont pas trompés puisque qu’une firme comme Siemens s’est délestée de son secteur EnR. La fermeture des centrales nucléaires diminuera le personnel mais aussi dans toutes les entreprises de sous-traitance. Le bilan ne peut être positif. Nous sommes l’un des leaders mondiaux dans le nucléaire et loin de l’être dans les EnR. L’abandon partiel du nucléaire ne peut avoir qu’un impact négatif sur nos exportations et finalement sur l’emploi en France. 

Est-ce pour assurer notre indépendance énergétique ? On est indépendant quand on n’a plus besoin de personne pour produire de l’électricité. Malheureusement, même si nous pouvions être très compétitifs sur la construction des éoliennes et des panneaux solaires, ce qui n’est pas le cas, nous ne pourrions être autonomes car nous sommes dépendants des terres rares nécessaires à la fabrication des EnR. Celles-ci sont essentiellement produites par la Chine. Un seul pays producteur, c’est le pire cas de dépendance. Pour le nucléaire, le problème de dépendance se pose pour la fourniture d’uranium. Nous avons donc des mines dispersées dans le monde entier de l’Australie, au Canada, en passant par les États-Unis, le Kazakhstan, le Niger et la Namibie. Par ailleurs nous avons sur notre sol de l’uranium pour produire sur des milliers d’années avec les surgénérateurs qui sont les réacteurs du futur, proposés par les russes alors que nous avons fermé le nôtre Superphénix en 1997 alors que nous avions vingt ans d'avance. Si nous avons fermé nos mines sur notre sol c'est que nous pouvions extraire de l’uranium pour moins cher ailleurs et cela nous garantissait des réserves stratégiques. De plus le coût du combustible n’intervient que pour environ un quart dans le coût du kWh. En conclusion notre indépendance énergétique est mieux assurée par le nucléaire que par les EnR.

Est-ce pour diminuer la radioactivité dans l’environnement ? Une centrale nucléaire électrogène rejette moins de radioactivité qu’une centrale à charbon pour la même production d’électricité. La politique française de traitement du combustible nucléaire remplit les conditions du développement durable, bien avant qu’on en fasse un dogme, en recyclant une partie du combustible, en conditionnant les déchets de façon sûre et en les stockant définitivement par stockage géologique, dans de l’argile à 500 mètres sous terre. Ajoutons que les déchets dits à haute activité pour des durées dépassant le siècle sont en très petite quantité dans un combustible usé, l’essentiel étant l’uranium restant et le plutonium créé, les deux étant recyclés. L’argument ne tient pas sauf dans l’esprit des tenants des catastrophes hypothétiques car le besoin des centrales thermiques fuel, charbon, gaz propage finalement plus de radioactivité. 

Est-ce pour que l’État garde un contrôle sur l’énergie électrique ? En France, le nucléaire est contrôlé par l’État (84% d’EDF, 86 % d’Areva, 100% du CEA). Par contre, sauf dans la production des éoliennes et panneaux solaires par Areva, l’essentiel des subventions versées par l’État aux constructeurs et exploitants des EnR va vers le privé. Ceci laisse libre cours à des corruptions comme on a pu le constater dans un certain nombre de municipalités où les édiles sont littéralement achetés pour implanter des EnR. Non seulement l’État perd du contrôle sur l’énergie mais ouvre la porte à la corruption et à la chasse aux subventions. D’ailleurs pour les entreprises travaillant dans le secteur des énergies renouvelables, la transparence n’existe ni sur leurs comptes annuels et leurs bilans financiers, ni sur le bilan CO2 annuel de leur activité, ni sur les liaisons supplémentaires occasionnées en haute et basse tensions. Le nucléaire est régi par les principes de la loi Transparence et sûreté nucléaire.

Alors ? Alors venons-en à l’argument massue, le nucléaire tue. Bien sûr il est facile de parler des morts supposés morts des suites de la radioactivité vingt après un accident, et nombre de publications ne sont étayées que sur des présomptions de mort. Il ne faut pas se fier uniquement aux chiffres artificiellement fabriqués des antinucléaires qui voient des milliers, voire des millions de décès virtuels après l’accident de Tchernobyl. Les résultats sérieux sont ceux de scientifiques indépendants comme des médecins, des universités de médecine, des biologistes indépendants, etc. Toute industrie présente des risques mais le nucléaire est cependant un des modes de production d’électricité les moins létaux (moins que le solaire et que l’éolien). Il ne manque pas de données mondiales sur le sujet dans des sites internationaux objectifs… Par contre des médecins allemands et français commencent à déceler également des foules de traumatisés par les infrasons émis par les « moulins » géants ! 

Il ne nous reste donc que la volonté de ne prendre aucun risque dans le nucléaire en fermant les yeux sur les nuisances possibles des EnR pour justifier la politique gouvernementale de l’énergie électrique. Le dossier des raisons objectives est bien mince quand on sait d’une part qu’en période d’austérité, les dizaines de milliards qui seront engloutis chaque année manqueront pour soutenir l’économie du pays et son niveau social, et que d’autre part, il n’y a eu aucun mort en France dû à un accident d’origine nucléaire civile depuis les premiers réacteurs des années 60 soit plus de 70 ans. Quelle industrie peut en dire autant ? Aurions-nous oublié AZF ? Les toulousains non.

La politique énergétique française est le fruit vénéneux 

D’une idéologie destructrice du progrès,

Du bon sens et de notre pays ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon