mardi 6 mai 2014

Retournement et mise à plat des français



Le couple Hollande-Royal utilise le langage fleuri des manipulateurs professionnels. Le retournement des français est engagé depuis aujourd’hui avec la longue interview du Président sur une chaîne… privée. La mise à plat des français est l’affaire de Royal, toujours à l’affut de ce qui peut faire parler d’elle, sous forme de mise à plat de l’écotaxe. Le retournement économique ne semble pas avoir été perçu par les français puisqu’ils ont sanctionné le gouvernement dans les élections municipales. C’est pour cela que le moral des ménages français a chuté en avril, avec un recul de 3 points de l’indicateur de l’Insee qui le mesure, à 85 points. L’indicateur est calculé en prenant en compte diverses mesures, comme les perspectives personnelles en matière financière, les attentes en termes d’emploi ou l’appréciation de la situation économique du pays, etc.

Ce n’est pas tout, le Président fustige la croissance de 2008 à 2012, qu’il annonce à 0% pour mieux mettre en lumière les prévisions de 2014-2015 censées prouver le redressement économique. Toujours dans l’approximation verbale, le Président a pourtant mis à son actif 0,5% et non 0% durant cette période (le PIB est passé de 1799 à 1808Mds€). Mais ses approximations ne s’arrêtent pas là, puisqu’il parle de 1,5% de croissance en 2015 (prévision de Bruxelles) alors qu’il fait défendre un projet de budget avec 1,7%. Enfin il espère atteindre une croissance de 1% en 2014 mais les dernières prévisions de l’OCDE ne sont que de 0,9%. 

Pour Ségolène l’écotaxe sera appliquée aux camions étrangers et pour faire le compte de recettes, les taxes seront majorées. C’est ainsi que l’on diminuera le flux des camions en France, les taxes seront majorées au fur et à mesure que le flux diminuera ? Ce qui compte c’est la communication, « remise à plat » ne veut pas dire « remise aux calendes grecques ». Mais notre égérie se fait fort de créer 100.000 emplois avec les énergies renouvelables, et les économies d’énergie. Tout cela sans subventions ? Cet argent ne serait-il pas mieux ailleurs ? L’Allemagne se pose des questions sur les énergies renouvelables, pas nous. Ce qui compte c’est créer de l’emploi, 100.000, chiffre lancé parce qu’il parle, mais dont on omet de donner la moindre justification. 

Pour Manuel Vals la restructuration territoriale est son cheval de bataille alors que les socialistes ont condamné toutes les tentatives du gouvernement de Sarkozy. On n’en est pas à un retournement prêt puisqu’il n’y a que les gens intelligents qui changent d’avis. Il faut aller vite dit-il, donc on va tout droit vers une réforme bâclée. Une telle réforme ne peut se faire dans l’urgence. Le Président est tout prêt à repousser les élections régionales en 2016 pour pouvoir surfer sur la réussite de ce grand projet et en profiter pour refaire un grand découpage électoral comme toujours. 

Pendant ce temps l’activité des Services a baissé en avril, ce qui est une mauvaise nouvelle quand on sait que c’est l’activité qui maintient la croissance, quand l’activité industrielle décroit. Cette dernière est dépecée et l’affaire Alstom n’en est qu’un exemple récent. Lorsque des industries ferment ou délocalisent leurs sièges sociaux à l’étranger, on ne peut espérer une reprise avec une injection de fonds public que sur celles qui restent. On réduit le nombre de disparitions mais on coule toujours. La dénonciation récente de l’euro fort par le gouvernement met en lumière le problème de fond : la monnaie. 

Comme le font remarquer les allemands, les politiciens n’ont pas prise sur la monnaie, c’est l’apanage de la BCE. Le tête-à-tête dans le fief électoral d’Angela, entre Hollande et la Chancelière, risque donc d’être musclé. Le retournement d’Angela Merkel est d’un autre niveau de difficulté et l’Allemagne n’apprécie plus que l’on se défausse de ses erreurs sur l’euro. La victoire annoncée pour la taxe sur les transactions financières, dit taxe Tobin, victoire très limitée, floue et pour 2016, ne fait qu’exacerber le différent de la zone euro avec les pays hors zone dont le Royaume-Uni. Il n’y a pas de victoire de la France, la vraie victoire serait de redéfinir ce que doit être une monnaie européenne et les pays à même de la supporter. 

Tout le reste n’est que communication, verbiage stérile. 

L’austérité est là, les désinvestissements publics aussi. 

La pression fiscale augmentera encore globalement. 

La France, mise à plat, cherche un vrai leader ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon