mardi 20 mai 2014

Nous ne vivons qu’un semblant de démocratie !



Selon le classement 2013 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, la France se classe 37ème sur 171 pays, loin derrière le trio de tête : Finlande, Pays-Bas, Norvège mais également derrière l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. Selon un rapport publié en décembre par l’ONG Democracy Ranking sur la qualité de la démocratie dans 115 pays, les États scandinaves remportent la palme… sans grande surprise à savoir Norvège, Suède, Finlande. On trouve ensuite la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, l’Autriche, la Belgique… la France est 16ème sur 115 pays... Le pays leader de la liberté ne l’est plus et la démocratie n’est plus qu’un semblant dont on se sert pour masquer les incursions dirigistes, voire totalitaires du pouvoir. 

Il faut avoir le culot de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, déclarant dimanche sur France 5 que la France serait confrontée à un «étonnement planétaire» si le FN y arrive en tête aux européennes du 25 mai : «La patrie des droits de l’Homme sera d’un seul coup devenue la patrie de ceux qui veulent exclure les autres». Le problème n’est pas de savoir si cela est vrai ou non, c’est de ne pas avoir le courage de se regarder dans une glace. Quand on ne cesse de vouloir réglementer la vie privée par des lois sociétales votées à la hâte quelle que soit l’ampleur des protestations et en refusant le référendum, on ne stigmatise pas la paille dans l’œil du voisin quand on ne voit pas la poutre dans le sien. 

Quand on introduit des lois sociétales bricolées sur des sujets touchant la vie intime des familles et dans un moment où l’on devrait demander aux français de réfléchir calmement sur l’Europe qu’ils souhaitent, on ne peut songer qu’à des bricolages politiques. Bricolages et urgences pour faire accepter des lois aux citoyens, sans leur donner le temps d’en mesurer la portée et les détourner de l’importance d’un vote qui va traduire le doute croissant des français sur le mieux-vivre espéré de l’Union Européenne. 

Quand la démocratie devient imparfaite dans notre pays et nous classe seulement dans les premières places du deuxième tiers du classement pour notre respect de la démocratie selon le journal « The Economist », les médias deviennent alors prisonniers et complices, et la corruption s’installe tranquillement dans tous les rouages de la politique, de l’administration, de la justice et de l’économie. La grande délinquance, les trafics s’installent eux dans une impunité monnayée. 

L'organisation non gouvernementale Transparency International a dévoilé, en  décembre dernier à Berlin, son classement international 2013 du degré de perception de la corruption. L'indice établi à partir de données recueillies par 13 institutions internationales - parmi lesquelles la Banque mondiale, les banques asiatique et africaine de développement ou encore le Forum économique mondial - reflète la perception que les acteurs de la vie économique ont de la corruption affectant la vie publique (partis politiques, système judiciaire, services publics) de plus de 170 pays. Comme en 2012, la France est classée au 22e rang et reste à la traîne derrière l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les pays scandinaves. La France n’est pas avare de lois sur la moralisation de la vie publique, mais la plupart restent lettre morte. 

La France et l’Union Européenne font une allergie significative au référendum car les questions sont toujours jugées avoir été mal posées quand le résultat du vote n’est pas celui attendu. Il y a donc trop de risques à le pratiquer. Nous ne nous risquerions pas comme en Suisse à mettre au vote la valeur du SMIC, l’Etat perdrait du même coup la possibilité de rallier le vote des travailleurs pauvres. Il n’a évidemment jamais voulu voir qu’un SMIC trop haut tue l’emploi, ce qui est notre cas par rapport à nos voisins. 

La récente démonstration de ce semblant de démocratie, c’est l’éructation verbale de notre menteur de service, je veux dire Michel Sapin, qui s’énerve du bruit fait autour de Jérôme Kerviel qui n’est qu’un escroc qui doit aller en prison, point barre. Donc la messe est dite, l’important est que cet individu débarrasse le plancher et ne vienne pas soulever le voile pudique qui a été jeté sur le fonctionnement du courtage et des risques que les banques laissent prendre aux golden boys en toute connaissance de cause… Pourvu qu’ils gagnent de l’argent. Dans le cas contraire ils deviennent les boucs émissaires et toute information pouvant révéler les turpitudes du système est soigneusement contrôlée même par des moyens inavouables… Rien ne doit filtrer … Motus et bouche cousue. Kerviel a failli et doit purger sa peine mais le drame de notre démocratie, c’est qu’il ne devrait pas y aller seul ! 

« Selon que vous serez puissant ou misérable, 

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » 

Jean de La Fontaine 

Rien n’a changé… « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon