jeudi 15 février 2018

Service militaire en marche au pas… de l’oie ?



Il y a des jours comme ça où tout est fait pour vous énerver alors qu’on espérait se mettre en marche tranquillement de bon matin. J’ai commencé par regarder ce qu’il me reste de ma retraite après la ponction de la CSG. En comparant décembre 2017 à février 2018 sur le versement de mes caisses de retraite, je m’aperçois que le total des sommes est amputé de 1,85%, j’avais cru benoîtement je l’avoue, que Macron se suffirait de son 1,7% de plus... Comme pour l’impôt sur le revenu, Bercy a dû concocter un barème évolutif. On m’expliquera sans doute que c’est normal puisque je suis plus aisé que les moins aisés ! Pour éviter une insomnie, faites ce contrôle en milieu de matinée ou d’après-midi, on ne sait jamais.

Le temps d’apprendre qu’en 2017 les naissances comportent 51,1% de mâles, et que sans doute il faudra envoyer plus d’hommes que de femmes sur les théâtres d’opération pour rétablir l’équilibre et enlever un argument aux féministes qui poussent vers la société matriarcale, je lis que 20% de ces nouveau-nés ont un prénom musulman. C’est fou cette mode des prénoms qui sévit en France et même dans de nombreux pays de l’UE. Mais à y bien regarder c’est à terme un grand facteur d’intégration, tous unis par des prénoms, devenus européens ! Au fond il faut désormais prôner de s’arrêter au multiculturalisme à 20%, c’est mieux que le futur mono-culturalisme à 100%. Non ?

Je riais déjà jaune quand je suis tombé sur l’information selon laquelle une policière serait impliquée dans la disparition de deux armes de service, des révolvers 9mm, et incarcérée avec un autre soldat à la direction territoriale de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. J’avais envisagé de parler de la dernière improvisation de Macron sur le service citoyen pour tous et obligatoire. En effet après la résolution de tous les problèmes urgents, et les largesses faites à l’oligarchie financière, il passe aux mesures sociales commencées par son prédécesseur pour faire l’équilibre ni gauche-ni droite, mais toujours en même temps puisées de notre poche vers l’Etat qui distribue à qui l’on sait. J’espère que vous ne vous attendez pas à ce que cette lubie ne coûte rien ou que l’Etat se débrouillera sans nos sous. 

C’est donc avec ce fait divers d’une policière, soupçonnée de radicalisation par ses collègues, et avec une information de première main qui fait état d’officiers musulmans de l’Armée de Terre qui refuseraient d’aller combattre leurs « frères » en terre musulmane, que je me suis penché sur ce serpent de mer du Service National. Après les déclarations divergentes d’un Ministère à l’autre, le Président avait recadré les choses sur le croupion de service militaro-civil, tout « en même temps », qui devra faire des citoyens conscients que l’armée existe et sert à quelque chose et que le gouvernement aussi. On pourra leur expliquer que l’Armée Française sera beaucoup plus forte intégrée dans une Armée Européenne. On pourra leur expliquer que l’apport de notre force nucléaire, mise aux ordres de l’OTAN, sera beaucoup plus réactive et efficace utilisée par les infrastructures européennes et « otanusiennes ». Car c’est ce que veulent les américains, une armée européenne intégrée, plus facilement mobilisable, mais pas trop forte pour ne pas contester la suprématie des États-Unis.

Comme toujours le « en même temps » macronique, j’insiste sur les deux dernières syllabes, rien n’est moins clair que les déclarations sur le but réellement poursuivi, ce qui fait partie de la stratégie du Président. L’important est de lancer un pavé médiatique qui détourne l’attention du peuple sur un sujet clivant de préférence. J’ai montré en effet que la situation de la France ne s’était pas vraiment améliorée. Ces derniers mois, ce sont au moins 6000 suppressions d’emplois qui ont été annoncées sous l’ère Macron. Interrogée ce mardi 13 février, la Ministre du Travail, Muriel Pénicaud, table sur une baisse du chômage « si on a de la chance » grâce aux « réformes structurelles » engagées par le gouvernement. Au fond la baisse du chômage n’est qu’une question de probabilité, il n’y a plus qu’à jeter les dés… et le gouvernement avec. 

Mais revenons à nos moutons. Que veut-on faire ? Un citoyen averti de l’unicité de la République, de son identité sans faille, de l’importance des slogans, Europe heureuse et tous pour sauver le climat ? Ou bien l’objectif de rapprochement des communautés en est-il le but réel, moyennant quoi il faudrait abandonner le vocable de « coexistence dans la diversité », et reparler d’intégration et mieux encore d’assimilation. Comment peut-on imaginer que désormais le partage d’un court moment d’une existence puisse renverser la vapeur d’éloignement entre les communautés ? Tout commence par l’École et ceci n’est pas affiché comme une priorité. Le partage d’une histoire commune et l’amour de son pays, ne peuvent être inculqués qu’uniquement par une instruction morale et civique. Même si la grande majorité des musulmans ne sont pas radicalisés, la marche triomphante de cette religion est « en marche » et correspond aux vœux de l’UE. Macron veut rétablir des relations plus strictes avec l’Islam, mais en fait rien ne changera autrement que vers des influences plus grandes sur l’État par cette communauté de pensée.

La Chine a formaté les esprits pour le bond En Avant mais à quel prix, et quelle pression. Ce ne peut être le cas chez nous, la diversité a déjà marqué son empreinte indélébile. Les deux faits divers que j’ai évoqués, sont là pour nous faire réfléchir. Il s’agit encore d’un grand exercice de communication pour tromper en plus le peuple sur ses véritables intentions qui ne peuvent être que celles de l’UE. Alors qu’espère-t-on de jeunes qui n’ont pas connu la guerre, et qui flippent en pensant à leurs études et leurs emplois futurs ? La guerre est encore loin pour eux même si toute la planète s’enflamme. Pour faire comprendre la nécessité de défense d’une nation, il faut créer une ambiance et du temps. Les jeunes ne sont pas motivés quand on vient casser leur vie par un séjour court. Les « classes » autrefois duraient deux mois, en « vase clos », et les manœuvres pendant de nombreux mois. Sur les armes modernes, l’apprentissage est encore plus long. On peut dire qu’en deçà de six mois, l’appelé ne peut être opérationnel. 

Si l’on veut que la population soit prête à tout moment, il faut adopter la conception suisse de la défense, où on donne de son temps toute sa vie active pour le recyclage permanent des réflexes militaires. On a son paquetage et son arme chez soi, prêt à partir. Mais cela pose immédiatement la question des moyens nécessaires. On a vendu une grande partie du patrimoine immobilier des Armées et les casernes sont réduites à la portion qui convient à peine à une armée de métier. On n’instruit pas que par le tableau noir ou les vidéos. Il faut du matériel pédagogique à l’intérieur et à l’extérieur et des instructeurs. Va-t-on se contenter de faire visiter les casernes et les équipements militaires ou veut-on réellement former des jeunes conscients de la dureté mais la nécessité de la défense d’un pays qu’un certain nombre d’entre eux n’aime pas ?

Donner de son temps pour un service civil demande également un temps suffisant pour que cela rime à quelque chose. La réalité est que cela peut casser le rythme des études et faire perdre une année scolaire et coûter fort cher pour un but mal défini et difficile à apprécier. Ne serait-ce pas tout simplement un temps obligatoire pris aux jeunes pour les persuader de la nécessité des coûts de la lutte contre le réchauffement climatique, les préparer à l’Europe des régions, seule perspective heureuse, les habituer au licou que leur prépare l’oligarchie financière dans une perspective de servage qui ne dira jamais son nom ?


« Il n’y a pas de bon vent quand on n’a pas de cap ! » 

Pourtant le cap n’échappe pas à tout le monde.

Avec leur politique du « en même temps » 

Seuls les grands chefs savent où l’on va,

Et le peuple ne sait pas le prix à payer 

Comme en temps de guerre !
 
Claude Trouvé

Commandant ORSEM

15 février 2018