mardi 13 février 2018

Révolution démocratique ou chaos ?

La France n’est pas de retour comme l’affirme Macron, le Président de la République fait feu de tout bois, ce qui n’est pas la même chose car son bois ne fait que de la fumée mais les flammes ne sortent pas. Le Royaume-Uni est en route pour le Brexit pendant qu’en France les gardiens de prison se révoltent, le personnel des hôpitaux craint le Burn-out, et la mobilisation des agriculteurs contre la réforme des zones défavorisées ne faiblit pas. Vous vous souvenez des cars Macron ? Ces cars trans-urbains qui nous ont été présentés comme le fleuron social de Macron qui disait mettre les transports à la portée des pauvres oubliant que transporter des passagers par la route est beaucoup plus dangereux que par le train et que l’encombrement du réseau routier n’a pas besoin de cela. La CGT signale maintenant le premier cas de faillite dans ces entreprises. Ces cars résument vraiment bien la politique de communication médiatique de Macron qui d’un rien, grossi médiatiquement, aboutit à un piètre résultat.

On peut prendre l’exemple de la réunion d’avant Davos dans le palais doré de Versailles pour éblouir l’argent du monde d’un geste royal et se faire promettre quelques milliards comme le roi autrefois recevait le banquier, sans grande pompe, pour payer ses guerres. Beaucoup de bruit médiatique et d’argent dépensé dans une réception grandiose pour des promesses dont personne ne pourra constater l’impact réel. Poutine, sous le coup des sanctions votées par l’UE et donc la France, les dernières à contre-cœur il est vrai mais imposées par les États-Unis, se permet d’inviter les grands patrons français chez lui et ceux-ci accourent car l’argent n’a pas d’odeur même si c’est un bras d’honneur à Macron. De son côté, sans branle-bas de combat, le Royaume-Uni s’apprête à accueillir un géant des télécoms, Huawei est prêt à y investir 3,4 milliards d’euros…  Sans doute une erreur de jugement de cette entreprise sur la santé de ce pays ! Mais là c’est une véritable acquisition d’avenir dans un domaine où l’UE ne brille pas dont la France. Nous on préfère médiatiser l’agrandissement de l’usine Toyota pour 400 emplois de plus (avec comme d’habitude quelques largesses financières) et la mise sur notre marché intérieur d’une voiture concurrençant nos entreprises automobiles. 

Dans les flamboyances « macroniques », on peut citer sa tournée dans les pays de l’Est pour régler le problème des travailleurs détachés dont il est revenu bredouille, il faut le dire, avec même une insistance de la Pologne pour qu’il règle ses problèmes plutôt que chercher la paille dans l’œil de ses voisins et surtout de s’afficher comme le grand ordonnateur de l’UE. Comme le nombre de travailleurs détachés a augmenté de 46% et que cela fait tâche quand on a un nombre total de demandeurs d’emploi qui a augmenté de 1% en 2017, avec un nombre de travailleurs détachés en France qui, est passé de 96 000 à plus de 516 000, il fallait trouver une solution « frenchie ». La ministre du Travail Muriel Pénicaud dégaine l’arme ultime contre le dumping social, le « name and shame », c’est-à-dire l’utilisation de la honte qui me fait penser aux femmes tondues qui avaient collaboré avec les allemands… Regardez comme elle est contente de cette trouvaille ! En plus le gouvernement devrait adopter le 7 mars 2018 en conseil des ministres une ordonnance portant les sanctions financières de 2 000 à 3 000 euros par salarié détaché illégalement. En cas de récidive la pénalité serait portée de 4 000 à 6 000 euros, tout ceci sous le contrôle des préfets dotés de pouvoirs dans ce sens.

On touche là le fond de l’hypocrisie, on va mettre en lumière les travailleurs illégaux et punir ceux qui ne respectent pas la loi, rien de plus normal. Affichera-t-on aussi le nom de ces français, pris dans un sentiment d’humanité, qui nourrissent les sans-papiers entrés illégalement ? Mais le pire est que ce dumping illégal n’empêche nullement le dumping légal. Muriel Pénicaud ne semble pas prendre en compte le faible salaire minimum dans certains pays qui fournissent le gros des contingents de travailleurs détachés en France, comme la Pologne (453 euros bruts en 2017). « Il y a beaucoup d'entreprises aussi qui ne trouvent pas des compétences [en France] dans le bâtiment, dans l'agriculture », a-t-elle argumenté. A qui la faute quand on oriente l’enseignement vers l’obtention du bac au détriment des carrières manuelles ? Peut-on alors espérer que les entreprises prennent des jeunes chômeurs pour leur apprendre le métier avec un rendement moindre tout en assurant un salaire au SMIC français ? 

Voilà les situations ubuesques auxquelles on arrive mais les entreprises se « débrouillent » comme elles peuvent. D’ailleurs les sanctions pour les grandes entreprises du BTP me semblent dérisoires et elles auront un grand pouvoir de « négociation » avec l’Etat, comme Apple et Amazon. Tout cela est de la poudre aux yeux mais le problème des illégaux de Calais n’est toujours pas réglé et certains sans papiers trouveront du travail, ce qui n’est finalement qu’un moindre mal. Ce qui est en cause, c’est la politique migratoire, politique qui nous échappe, puisqu’elle suit les directives de l’UE sauf si nous ruons dans les brancards ce qui n’est absolument pas le cas de la politique actuelle. La France ne peut être la Hongrie puisqu’elle est la chanteuse en chef de l’UE qui annonce le printemps.

Bon, on ne cesse pas de nous dire que depuis la décision prise en 2016 par le Royaume-Uni de quitter l’UE, celui-ci allait signer une descente aux enfers. Son taux de chômage est de 4,3%, le nôtre de 9,2% en 2017 selon les normes européennes. En 2016 son taux d’emploi était de 73,3% pour 64,2% en France et son PIB/habitant était de 7% au-dessus de celui de l’UE, et de 4% pour la France en 2016. Même si sa croissance va être inférieure à la nôtre en 2017, elle reste largement positive et repart au début 2018. On désigne la Russie comme notre ennemi numéro 1, on lui inflige des sanctions en particulier en matière agricole. Quel est le résultat ? La Russie développe son agriculture, devient plus indépendante sur les produits de première nécessité et réussit une croissance de 2% en 2O17. Les vrais perdants sont donc les exportateurs français et en particulier les exploitations agricoles. Tout cela pour faire plaisir à l’UE et donc aux États-Unis. 

Nous menons une politique de gribouille qui ne résout rien pour le bonheur de 95% des français, enrichit les multinationales qui payent peu d’impôts et dispersent cet argent sur le monde entier dont les paradis fiscaux, mais laisse la France prendre du retard dans l’économie mondiale. Les problèmes qui préoccupent les français sont laissés pour compte et la pauvreté progresse. Il est temps de saisir l’occasion des élections européennes de 2019 et de mobiliser autour de nous pour que sortions les roues de la France de l’ornière où nos cochers nous ont mis en prenant notre propre chemin, celui de l’indépendance de la France redevenue maître de son destin comme tous les pays du monde, sauf ceux cadenassés dans l’UE. Cela fait plus de vingt ans que l’on nous promet la lune mais nous ne voyons que la fumée qui la cache, celle des enfumeurs qui tiennent notre peuple entre leurs mains pour en presser doucement mais sûrement leur substantifique moelle qui la tient debout, l’argent gagné à la sueur de son front. Il est urgent de ne plus penser printemps, mais de penser Frexit.

« Hélas, les Français ne voient pas ce qui est en train de se passer : nous changeons, en même temps, de régime et de peuplement. Changer de régime signifie que nos pouvoirs sont partis ailleurs, la politique n’est plus qu’un simulacre compassionnel. Changer de peuplement : la préférence pour le migrant plutôt que pour l’enraciné fait basculer la société dans une vision multiculturelle qui sera, demain, multi-déculturée et multi-conflictuelle. »

Philippe De Villiers


A moins que le peuple retrouve sa fierté d’antan 

Et fasse confiance à une jeunesse libérée

Et conquérante du monde sur la trace 

De l’histoire d’un pays des anciens

Qui ont donné jusqu’à leur sang !

Claude Trouvé 
13/02/18