mardi 27 février 2018

L’indépendance se perd aussi par la politique énergétique (6ème partie et fin)



Le précédent article a mis en lumière l’importance du coût de l’implantation des énergies renouvelables et ce coût est finalement financé par nos impôts et taxes diverses. On peut en avoir une autre idée plus concrète pour nous tous, c’est notre facture d’électricité qui en 2018 voit la répartition suivante de ses différents constituants. C’est ainsi qu’il faut la regarder car la TVA ne s’applique pas sur tous. Les taxes TCCFE et TDCFE sont des taxes reversées aux communes et aux départements. Mais la TVA s’applique sur la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité). L’Etat perçoit donc une taxe sur une taxe ! 69% de cette taxe finance les surcoûts liés aux dispositifs de soutien aux énergies renouvelables (dites ENR) et à l’obligation d’achat d’électricité (cogénéra­tion, solaire, éolien, hydraulique...). Compte-tenu de la consommation de 475 TWh en 2017 et du fait que cette consommation évolue peu d’année en année, on peut calculer ce que l’Etat prélèvera cette année pour les énergies renouvelables (EnRia) : 12,8 Mds€. Soi-disant l’Etat pratique une politique d’austérité… Cela fait combien d’abris au chaud sous un toit pour les SDF ? 890.000 pendant un an à 40 €/jour. C’est ce qui s’appelle avoir droit au soleil artificiel et à l’abri du vent.

La CSPE n’a cessé d’augmenter de 2004 à 2016, et il est fort probable qu’elle augmentera en 2019 après deux ans d’arrêt. Si l’on calcule la somme que nous avons versé à l’État par la CSPE depuis 2004, on trouve le chiffre de 80 Mds€. Mais une fois enlevé la TVA, EDF a récupéré 64 Mds€. Le coût de cette production pour EDF est estimé à 215 Mds€ (cf article précédent). Son déficit pour les énergies renouvelables est donc de 151 Mds€. Sa dette est de 75 Mds€. Cherchez l’erreur. Pendant ce temps l’Etat a gardé 16 Mds€ et pour aider EDF il lui octroie 5 Mds€ et en garde 11 Mds€. Mais l’incohérence, voire l’arnaque de l’État va plus loin, c’est que la production des EnRia progresse régulièrement de 2,8 TWh/an jusqu’en 2017 et la CSPE de 24,6%/an jusqu'en 2016. Il n’y a donc aucune raison, autre que politique, pour décider de stopper l’augmentation de la CSPE à 22,5 c/kWh H en 2017. La CSPE aurait dû être de 28 c/kWh en 2017 et de 34,9 c/kWh en 2018. Cela s’est traduit par un manque à gagner pour EDF de 2,6 Mds€ et sera probablement de 5,9 Mds€ en 2018 ! 

L’État mène donc une politique masquée sur les EnRia. Il préfère handicaper encore plus EDF plutôt que d’avouer la réalité qui est l’augmentation inéluctable du prix du kWh à cause des EnRia. C’est un nouveau scandale d’enfumage du peuple. Il aura ensuite beau jeu de dire qu’EDF est devenue non rentable dans le domaine public. Au passage il faut savoir que l’État a rogné en permanence sur les demandes d’EDF d’augmentation de la CSPE. Tout cela pour ne pas avouer que les EnRia sont une gabegie financière qui ne sert qu’à enrichir les puissants lobbies qui se pressaient à la COP21, lobbies multinationaux qui ne remettront que bien peu d’argent dans les caisses de la France.

Si l’énergie photovoltaïque peut encore faire des progrès techniques significatifs, il n’en est pas de même des éoliennes qui, en gros, ne baissent les coûts de production que par des effets de taille. L’arrêt des subventions et l’obligation de mettre les installations futures devraient assainir la progression de la production d’électricité par l’énergie solaire. Par contre l’installation des éoliennes doit cesser car non seulement elles coûtent cher mais en plus elles polluent indirectement et sont porteuses de dangers propres sur l’homme et son environnement. On peut citer l’arrachement et la projection des pales du rotor, même si les cas sont peu nombreux mais la probabilité d’un ouragan n’est pas nulle et plus les éoliennes progressent en hauteur plus ce danger grandit. On peut noter aussi qu’il y a désormais une propension à occuper des terrains près de groupes plus ou moins importants d’habitations pour des raisons de moindre coût de distance de connexion au réseau. De ce fait les nuisances se rapprochent des habitants, en particulier sonores mais surtout de soumission aux infrasons. 

Ces derniers ont la propriété de ne pas être entendus mais pourtant d’agir sur notre santé et aussi de contourner le relief sur de longues distances jusqu’à 10 km à la ronde. On peut donc y être soumis sans voir les émetteurs éoliens. Si l’Académie de médecine française a jugé les cas de plaignants comme relevant d’effets subjectifs, l’aspect psycho somatique étant manifeste dans toutes les maladies, sans que cela fasse beaucoup avancer. L’affaire est prise beaucoup plus au sérieux à l’étranger et particulièrement aux Etats-Unis. Deux Etats ont déjà déclaré les éoliennes comme dangereuses pour la santé suite à une étude d’acousticiens. Un rapport « Wind Tubine Noise de Denver 2013 » a été déposé au Congrès : « Il explique même, dans son rapport, le mécanisme physiologique permettant aux infrasons éoliens inférieurs à 1 Hz d’agir sur les otolithes de l’oreille interne et d’entrainer les nausées, vertiges, migraines et pression dans les oreilles et la poitrine, décrits par les riverains et qui sont les symptômes bien connus du MSI (motion sickness incidence) liés à ces mêmes fréquences, dont le pic nauséogénique se situe à 0.167Hz, dans le mal des transports, selon l’étude menée pour les pilotes de l’US Navy. »

Dans un rapport figurant sur son site, Pacific Hydro, exploitant d’éoliennes, reconnait le lien irréfutable entre les infrasons de ses propres éoliennes et les « sensations » allant de « migraines, pression dans la tête, les oreilles et la poitrine, bourdonnement d’oreilles, tachycardie, sensation de lourdeur…, » ressenties par les riverains alors qu’ils n’entendaient pas les éoliennes et ne savaient pas si elles fonctionnaient ou non. (p.212). La personne affectée le plus sévèrement par ces infrasons étant d’ailleurs un malentendant (p.214). Le journal des Médecins de Famille canadiens prépare les riverains d’éoliennes à rencontrer un nombre croissant de ces victimes, la Royal Society of Medicine précise les critères de diagnostic permettant d’en reconnaitre les effets dans un rayon de 10 km autour d’éoliennes industrielles. Nul ne peut nier que des milliers de riverains d’éoliennes, dans le monde entier, se plaignent des mêmes symptômes. Une pétition circule d’ailleurs en France et va être adressée au Ministre de la Santé demandant que ces nuisances fassent l’objet d’une nouvelle étude plus approfondie par des spécialistes indépendants. 

Enfin sur l’environnement on peut voir un impact désastreux sur le paysage, surtout par les fermes de centaines d’éoliennes comme en Allemagne de l’Est, et cela d’autant plus que l’on court vers le gigantisme avec des hauts de pale qui culminent à 250m. Les éoliennes massacrent les oiseaux et je suis étonné que ces écologistes qui défendent l’importation des ours et des loups soient muets sur ce sujet. Il faut savoir aussi que le socle, sur lequel repose les éoliennes, représente des milliers de tonnes de béton, nombre variable avec la taille de l’éolienne. Ces énormes plots implantés dans les champs sont laissés par l’exploitant des éoliennes quand celles-ci sont désaffectées. Leur enlèvement est à la charge du propriétaire du terrain. Le cas s’est déjà produit en France et les paysans concernés se demandent bien comment ils vont pourvoir récupérer cette surface agricole.

Pour terminer et rebondir sur le titre de cette série d’articles, il faut redire que le plus grave dans cette aventure, qui n’est qu’une arnaque soutenue par une désinformation permanente et par une idéologie, sincère chez certains, mais irréaliste, c’est une perte d’indépendance de la France qui n’a pas de ressources énergétiques naturelles… sauf des participations dans des mines d’uranium un peu partout dans le monde. Or nous implantons des énergies pour lesquelles, d’une part nous ne sommes pas compétitifs, alors que l’industrie nucléaire nous avait placés en tête dans le monde. Mais plus désastreux encore, nous nous rendons dépendants de la Chine avec l’obligation de disposer de terres rares, qu'elle détient majoritairement, et ceci que les éoliennes et les panneaux solaires soient fabriqués en Chine ou en Europe.


Cumuler des dépenses coûteuses et inutiles, 

Ne résolvant en rien la « décarbonisation »

Et introduisant de nouvelles nuisances, 

S’engager à augmenter la pollution,

Est déjà un malheur pour le pays 

Mais troquer l’indépendance

Contre la dépendance 

C’est pire encore !
 
Claude Trouvé 
27/02/18