dimanche 25 février 2018

L’indépendance se perd aussi par la politique énergétique (4ème partie)



Je sais par expérience que l’on ne peut pas convaincre les écologistes anti-nucléaires, qui ne représentent pas heureusement tous les écologistes dont il faut souvent saluer l’action. J’ai pu constater que les anti-nucléaires souvent très mal informés, ne veulent aucune contestation sur leur opinion et refusent le dialogue tout en accusant le « lobby nucléaire » de manque de transparence. Je note que désormais c’est le « lobby énergies renouvelables », à capitaux essentiellement étrangers et subventions prises dans notre poche, qu’ils soutiennent. Si cela a pu être le cas il y a 50 ans où il n’y avait pas alors beaucoup d’efforts de vulgarisation, car le nombre de diplômés capables de le faire était restreint, et ils étaient plongés dans des difficultés techniques et scientifiques qui les mobilisaient pleinement. Cette science était encore très jeune et peu enseignée dans les facultés et les écoles d’ingénieurs. Elle est devenue très transparente car toutes les informations que j’utilise dans mes articles, hors ajouts personnels, sont disponibles sur les différents sites officiels dans l’énergie électronucléaire, y compris un suivi daté de tous les incidents, réparations et opérations de maintenance sur l’ensemble des réacteurs français par l’ASN.

Une fois évaluée la peur de l’industrie nucléaire à son juste niveau de danger et de probabilité de danger, il est alors impossible pour tout esprit ouvert de ne pas constater que c’est une énergie indispensable, en attendant la relève, de la véritable énergie solaire, celle de la fusion des atomes d’hydrogène, l’ère de l’énergie thermonucléaire dans quarante ans probablement. Avant la quatrième génération de réacteurs surgénérateurs mettra sur le marché des réacteurs multipliant par un facteur 60 à 100 les ressources minières en uranium naturel, utilisera plus efficacement le plutonium retiré des combustibles usés, et l’uranium appauvri qui est stocké sur de grandes surfaces de stockage en attendant son heure. Les sources d’énergie électrique ne sont pas prêtes à faire défaut, d’autant plus qu’on va voir apparaître une nouvelle génération de réacteurs fiables à taille humaine comme l’a annoncé Trump. Si l’on veut connaître le monde de l’énergie de demain, il faut regarder du côté de la Chine, qui a tout compris, le développement de l’énergie nucléaire pour la production électrique intérieure de base, et celui des énergies renouvelables en façade pour inonder l’Europe et l’Afrique des productions chinoises, en s’appuyant de plus sur une production chinoise de quasi-monopole des « terres rares » nécessaires aux éoliennes, aux panneaux solaires et même aux véhicules électriques.

Si l’on a compris cela, on est en droit de se demander pourquoi il faut continuer à implanter des éoliennes terrestres et bientôt marines. Est-ce parce que nous manquons d’électricité ? Non nous sommes globalement un pays exportateur. RTE vient de publier son bilan électrique 2017 et le solde des échanges transfrontaliers est de 38 TWh soit 7,2% de la production. Les chiffres définitifs présentés sont légèrement différents de ceux que j’ai publiés dans un précédent article, car RTE les « corrige des aléas climatiques », ce qui ne facilite pas les comparaisons. D’ailleurs comme en 2016, le graphique présenté est une arnaque. Additionnez les productions nucléaire, hydraulique, éolienne et solaire, vous trouverez 465,9 TWh. Il manque 63,5 TWh pour arriver au total de 529,4 TWh qui se répartissent entre l’énergie thermique pour 54,4 TWh, et la bioénergie pour 9,1 TWh. 

Pourquoi ? Parce qu’on nie la réalité, on masque la production thermique et la bioénergie, ça pollue, on cache. Il s’agit pourtant de 54,4 TWh au lieu de 45,9 TWh en 2016, soit 19% de plus de CO2 et de polluants pour la santé ! Est-ce pour pallier un manque de production nucléaire ? C’est partiellement vrai pour 4,9 TWh (384 TWh en 2016 et 379,1 en 2017), mais il reste 49,5 TWh de plus. Serait-ce pour compenser une baisse de l’énergie hydraulique ? Oui partiellement, car elle a baissé de 10,3TWh, mais il reste 38,2 TWh à expliquer. La consommation aurait-elle été plus forte en 2017 qu’en 2016 ? Non elle a baissé de 8 TWh et nous étions globalement exportateur d’électricité donc il n’y avait aucune raison d’augmenter l’énergie thermique polluante.

Sauf qu’alors la seule raison d’augmenter l’énergie thermique, c’est pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables, en particulier éolienne et solaire. C’est en effet la seule énergie pilotable encore disponible. La production en énergies renouvelables (EnRia) est de 40,2 TWh (éolien pour 24 TWh, solaire pour 9,2 TWh, et géothermie renouvelable pour seulement 7,0 TWh sur 9,1 TWh au total), et la production thermique supplémentaire restante disponible est de 38,2 TWh d’énergie thermique et 2,1 de géothermie pilotable, soit 40,3 TWh. On retrouve exactement 1 kWh d’énergie polluante pilotable pour accompagner 1 kWh d’EnRia. On notera par ailleurs que la production totale d’énergies renouvelables de 40,2 TWh, est vendue à 95% en priorité à l’exportation pour 38 TWh à un prix très inférieur à ses coûts de production. 

Voilà ce qu’on vous cache. Les EnRia sont indirectement polluantes et elles ne servent qu’à exporter de l’électricité à perte ! Voilà déjà pourquoi il faut arrêter l’implantation des éoliennes dès 2019 et limiter la production solaire à l’autoconsommation pour au moins éviter de surpayer l’électricité aux producteurs privés, et arrêter les subventions pour les panneaux solaires. La baisse de consommation due aux économies d’énergie doit pendant un certain temps compenser l’expansion probable de la voiture électrique. En 2020 l’apport complet de production de l’EPR de Flamanville, avec une puissance de 1650 MW et un taux de disponibilité amélioré à au moins 85%, donnera plus de 12 TWh supplémentaires sur le réseau. C’est la moitié de la production des éoliennes en 2017 avec pourtant une puissance installée de 13 559 MW et 26% de plus que celle des centrales à charbon.

La désinformation ne se limite pas à vous cacher l’augmentation de la production d’énergie thermique, elle va vous vanter une augmentation globale de 15% de la puissance installée des EnRia, solaire et éolien. Seulement voilà leur production en 2016 représentait 5,46% de la production totale, et elle ne représente toujours que 6,27% en 2017 et a fait croître la production thermique polluante de 15%. Mais il y a bien d’autres raisons de stopper l’implantation des éoliennes car elles apportent leurs propres nuisances et dépendances. Nous en parlerons dans le prochain article.

Compte-tenu que les EnRia ont toujours un caractère intermittent et aléatoire, 

L’apport d’énergies pilotables polluantes est techniquement obligatoire.

Cette pollution indirecte rend caduque la réalisation de l’objectif 

De réduction de l’apport de CO2 et de tous les autres polluants.

Continuer à implanter des éoliennes terrestres et marines 

Et coupler la production d’énergie solaire au réseau

Pour le subventionner et surpayer les producteurs 

Est tout simplement un véritable scandale !
 
Claude Trouvé 
25/02/18