vendredi 9 février 2018

La Chine a tout compris sur le réchauffement climatique



La France se fait le chantre du réchauffement climatique, bien assise sur ses performances en matière d’émission de CO2… grâce au nucléaire pour ce qui est de la production d’énergie électrique. Elle devance d’ailleurs ses grands voisins européens, Italie, Royaume-Uni et surtout Allemagne qui émet 2,3 fois plus qu’elle. Mais par rapport aux deux grands émetteurs que sont les Etats-Unis et la Chine, elle émet respectivement 14 et 28 fois moins ! Donc implicitement quand la France vend la « décarbonisation » au monde entier, elle vend, non pas les énergies renouvelables (EnRia), mais l’énergie nucléaire ! Au passage on note que la France ne pèse que de 1% dans le bilan mondial. Ce qui veut dire que si elle baisse de 10% ses émissions de carbone, elle fera diminuer le bilan mondial de 1/1000. Quand on sait que les États-Unis ne feront plus aucun effort dans ce sens et que s’ils augmentent de 10% leurs émissions, ils affecteront le bilan mondial de 1,5%, on mesure le ridicule de notre plan énergétique contraignant qui tend à éliminer justement le nucléaire, principal facteur de notre classement pour une fois flatteur.

Dans cette affaire il ne s’agit donc que d’une politique poussée par des lobbies qui ont bien compris que la manne internationale prévue va alimenter leur business sur le marché des EnRia. En fait, les États-Unis ayant jeté l’éponge, ce n’est pas la France qui détient la clé du carbone, mais de loin la Chine avec 29% des émissions totales. Or la Chine mène dans ce domaine une politique aussi intelligente que la nôtre est idiote, ou tout-au-moins contraire à l’intérêt de son peuple, ce qui est un peu différent. Je finis par me dire que le classement PISA est révélateur du QI de nos politiques si l’on en croit les résultats obtenus par nos deux pays parmi les élèves les plus performants. Si nous faisons un peu mieux dans la compréhension de l’écrit, on ne peut oublier que l’écriture chinoise est la plus compliquée du monde, les domaines d’intelligence des sciences et des mathématiques sont largement en notre défaveur. 

Au classement final 2016, sur tous les élèves, la Chine est 6ème, la France 26ème.

Sans doute ceci explique-t-il cela, car notre politique énergétique marche sur la tête et notre entêtement dans la décarbonisation relève de l’aliénation mentale vu du côté de l’intérêt du citoyen. Or la Chine joue de cela avec une habileté confondante. Elle a promis d’« atteindre le pic de ses émissions de CO2 autour de 2030 tout en s’efforçant de l’atteindre au plus tôt » et de « baisser l’intensité carbone [émissions de CO2 par unité de produit intérieur brut] de 60 % à 65 % par rapport à 2005 ». Notez bien que l’émission chinoise était de 5,785 milliards de tonnes en 2005 et de 10,4 en 2015 soit une augmentation de 80%, ce qui signifie en réalité que la Chine s’autorise en fait une augmentation entre 8% et 17% d’augmentation de ses émissions de CO2 à PIB constant jusqu’en 2030 ! Comme en plus la croissance chinoise est une des plus élevées du monde, la Chine ne s’est engagée à rien sur les émissions de carbone, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne fera rien mais au rythme préservant ses intérêts. Voilà où le QI chinois nous surpasse de trois coudées.

Mais son intelligence va plus loin, elle s’est engagée aussi à « porter la part des énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20 % ». Il n’est apparemment pas précisé de date. C’est là que se trouve la solution diront les écologistes, qui regarde le doigt quand celui-ci montre la lune, et se féliciteront de l’attitude chinoise. Seulement voilà, le PIB de la deuxième économie mondiale a progressé de 6,9% l'an dernier, tiré par les dépenses d'infrastructures ou la reprise des exportations, mais aussi par la demande des ménages. La Chine a un grand besoin d’énergie primaire pour accompagner sa croissance et le vrai problème de ce pays n’est pas la décarbonisation de la planète mais la diminution de la pollution dans les grandes métropoles avec les particules fines et tous les gaz polluants et nuisibles à la santé dont ne fait pas partie le CO2. 

La Chine a donc deux raisons de diminuer la part du charbon dans la production d’énergie, la première est la diminution de la pollution et l’autre celle de permettre la diminution du pourcentage d’énergie fossile. La simple stagnation de la production énergétique par le charbon provoque la diminution de son pourcentage dans la production totale qui ne cesse de croître. On voit donc que la Chine n’a pris aucun engagement réel de diminution de l’émission de carbone puisque la croissance du PIB de 20% sera atteinte en 3 ans au rythme actuel. Mais la Chine est intéressée par le dégagement prévu de moyens financiers internationaux par la COP21, même si elle y participe pour une part. En effet la plupart de ces moyens doivent aller vers le développement des EnRia. Or d’une part les énergies éolienne et solaire demandent l’utilisation de terres rares dont la Chine détient 90% de la production, et d’autre part ceci lui laisse la perspective d’un grand marché vers l’Afrique pour lequel elle peut développer une implantation sur son sol afin de muscler ses industries.

Mais plus fort encore, la Chine a caché au monde son plan de construction de 21 réacteurs qui lui permettent de diminuer fortement sa production de CO2 et qui vont constituer à terme la principale ressource énergétique de la production énergétique chinoise.   Alors que nous nous tirons une balle dans le pied avec les énergies renouvelables que nous achetons à l’étranger en augmentant notre indépendance énergétique, nous n’avons en point de mire que l’arrêt de l’énergie nucléaire pour laquelle nous avons une grande sécurité d’approvisionnement et une place de coleader mondial avec les États-Unis et la Russie pour la fabrication des réacteurs, l’enrichissement de l’uranium, et le retraitement des combustibles. En association avec nous, la Chine devient en même temps un partenaire et un concurrent sur le marché nucléaire mondial, marché qui s’ouvre de nouveau largement. On devrait avoir honte de gâcher ainsi ce qui a fait l’un des fleurons de la France.


Il faut croire que la France aime faire cocorico sur un tas de fumier, 

Qu’elle n’est jamais aussi mauvaise que quand elle a réussi.

Le ridicule de notre leadership sur la réduction du CO2 

Montre que notre pays a perdu le sens de sa valeur

Et détruit sa volonté souveraine contre l’argent 

Qui n’enrichit que la grande finance apatride !
 
Claude Trouvé 
09/02/18