samedi 17 février 2018

Les slogans politiques par l’image



Je suis toujours admiratif du talent des dessinateurs, des photographes et des fins penseurs, car force est de constater que leur impact sur l’opinion est très fort par sa concision et par les images commentées avec humour. Je n’apprendrai pas non plus aux enseignants la force de l’image ainsi que des graphiques pédagogiques. Certains journalistes ne sont pas en reste quand leur parole n’est pas contrainte, mais là il faut bien chercher. Sur l’ascension et le support médiatique de Macron on a eu l’occasion de le vérifier tous les jours. Son arrivée à la Présidence est loin de ne devoir qu’à son talent d’orateur capable de dire tout et son contraire à l’intérieur d’un même discours. Il l’a encore fait dernièrement à Davos entre ses phrases en anglais et celles en français. Le but de captation d’auditoires différents est dans le droit fil du « ni droite, ni gauche » et du « en même temps », ce qu’a très bien perçu l’esprit finement critique de Jean d’Ormesson. Mais la critique du journalisme français est aussi due au fait qu’il leur est difficile de trouver du travail en dehors des grands médias tous tenus par l’oligarchie, Natacha Polony en est un des exemples, lorsque l’on veut libérer sa parole et ne pas cajoler la pensée unique.
 
Nous sommes donc enfumés en permanence de « Fake News » officielles, dont la vérité est garantie par le Decodex. D’ailleurs Macron veut désormais un Decodex directement inclus dans l’administration présidentielle, afin de garantir une vérité encore plus vraie ! Plus blanc que blanc disait Coluche. Alors je vous propose de regarder un peu de quoi il s’agit. On nous serine que la France doit rester dans l’UE car c’est là que se trouve son bonheur et pas ailleurs, vérité présidentielle. Le graphique ci-dessous en est la parfaite illustration !


Peut-être pensez-vous que l’UE est de toute façon une chance parce qu’elle est un grand ensemble économique qui permet de tenir la dragée haute aux États-Unis et de dégager une richesse par habitant voisine de son alliée, et adversaire commercial.


Gloop ! Les Etats-Unis maintiennent une valeur du PIB/habitant nettement supérieure à l’UE et à la zone euro. Ni l’UE, ni la zone euro ne permettent de rattraper notre retard. On note que la zone euro perd progressivement son avance sur le PIB/habitant de l’UE depuis 2013. L’Allemagne dépasse nettement tous les autres grands pays européens et son fléchissement depuis 2014 est à relier à son appel à l’immigration. La France, qui est repassée en-dessous du Royaume-Uni en 2013, vient de passer sous la zone euro en 2017. L’Italie et l’Espagne, qui étaient au-dessus de l’UE en 2005 sont désormais en-dessous, depuis 2014 pour l’Italie et 2010 pour l’Espagne. L’appartenance à la zone euro ne fait qu’enfoncer ces deux pays. Mais c’est aussi le cas dans une moindre mesure de la France avec un PIB/habitant qui décroît depuis 2013.


Dans le droit fil de la pensée de l’UE bienfaitrice, on peut également regarder ce qui intéresse beaucoup nos compatriotes, le taux de chômage. Le constat ne change guère. L’UE et la zone euro affichent des taux de chômage plus élevés que les Etats-Unis et la zone euro plus que l’UE. On peut d’ailleurs être dans l’Espace Economique Européen et être aussi performant que l’Allemagne et les Etats-Unis, comme la Norvège et l’Islande (non représentée sur le graphique). Selon les chiffres récemment publiés par Eurostat la France voit son taux de chômage passer au-dessus de celui de la zone euro pour la première fois depuis 2008. Voilà de quoi rabaissr les commentaires de réussite des médias qui nous avaient annoncé que le taux de chômage allait passer en-dessous de 9%. Même s’il diminue, avec 9,5% il ne passe pas sous les 9% et il diminue moins que celui de la zone euro à 9,1% et de l’UE à 7,7%.

La cause est entendue. Ni sur la production industrielle, ni sur le PIB/habitant qui y est lié d’ailleurs, ni sur le taux de chômage, notre appartenance à l’UE et à la zone euro est bénéfique pour la France. C’est pire pour l’Italie et l’Espagne, sans parler de la Grèce qui se meurt. Seule l’Allemagne tire son épingle du jeu Elle se nourrit de la richesse des pays du sud de l’UE. Ceci n’est que l’illustration des études statitisques plus poussées d’articles précédents.


Il ne faut pas confondre la richesse économique d’un pays avec la répartition de la richesse. Le PIB/habitant n’est pas le revenu des ménages, car l’Etat et les sociétés prennent leur part, et la clé de répartition de celui-ci, ainsi que celle entre les ménages, varie d’un pays à l’autre.  C’est ainsi que Macron privilégie, les très riches et les sociétés, les plus grandes surtout. Il y a donc beaucoup de laissés pour compte comme les petits agriculteurs, et à moindre niveau les retraités. Pour ne pas toucher à la masse la plus importante des petits revenus, c’est la classe moyenne qui fait l’appoint. Ceci permet d’éviter un soulèvement de protestation, et la perte de voix. La politique du ruissellement est donc un fiasco pour la majeure partie des citoyens depuis des années, et ne profite qu’aux plus riches et au plus à 5% de la population, mais surtout aux grandes entreprises exportatrices de biens et de capitaux . C’est pourtant celle que les français ont plébiscitée, aveuglés par un battage médiatico-politique qui dure. L’érosion lente de leur pouvoir d’achat, prestations sociales comprises, ne leur fait pas mesurer encore à sa juste mesure la voie de descente vers l’Italie puis la Grèce dans laquelle nous glissons. Vous êtes des porte-voix autour de vous, répandez ces chiffres qui signent notre déclin. L’embellie, dont on ne cesse de vous parler, n’est due qu’à une légère reprise de la croissance mondiale mais la France en profite moins que les autres.

Cet enfumage permanent ne s’arrête pas là et nous en verrons d’autres aspects dans l’article suivant.


Les discours ne résistent jamais à la réalité des chiffres. 

Il n’y a alors que deux solutions, soit les cacher,

Soit éviter toute comparaison possible. 

Que vaut une note si elle est isolée

Sans la comparaison aux autres ? 

Macron nous enferme dans l’UE

Et dans la France en vase clos !


Claude Trouvé 
17/02/18