dimanche 18 février 2018

Les slogans politiques par l’image (Suite)



La communication par l’image est une façon très pédagogique de passer de l’information, façon concise et souvent percutante, mais c’est aussi une façon de tromper par une désinformation parfois subliminale. Je voudrais en donner un exemple dans la communication de RTE, cette société contrôlée par l’Etat qui est chargée de faire fonctionner le réseau de transport de l’électricité des usines productrices vers les usagers.
 
L’énergie électrique est directement impactée par le plan énergétique, basé sur la lutte pour la « décarbonisation » de la planète pour laquelle la France veut en être le moteur mondial. Forte de sa production électrique très majoritairement nucléaire, qui ne produit pas de CO2, la France, parée d’une médaille de bonne conduite, en profite pour pousser l’utilisation des EnRia, énergies renouvelables intermittentes et aléatoires. Alors que la production des EnRia n’a représenté que 8% de la production électrique en 2017, les rapports mensuels et annuels de RTE font la part belle, et presque exclusive, aux commentaires sur les EnRia. Mais pire, la production thermique (charbon, fioul, gaz) étant considérée comme la peste pour la production de CO2, il faut la passer sous silence le plus possible alors qu’elle a représenté 9% de la production, soit un peu plus que les EnRia. Alors regardez le graphique ci-contre, la production thermique y est absente… persona non grata ! Le graphique est faux et permet de donner plus d’importance aux EnRia par une information subliminale.


Pour rester dans le même sujet, les images permettent de donner une vision plus ou moins favorable dans l’esprit des lecteurs sur l’énergie éolienne par exemple. L’image du haut donne la représentation la plus bucolique de l’énergie éolienne avec une éolienne de petite taille dans un paysage champêtre où elle prend un aspect décoratif. La deuxième image reste bucolique. Elle remue nos souvenirs du moulin d’Alphonse Daudet et nous fait sentir l’odeur de la farine et l’élégance de ces bras se mouvant lentement pour nous fournir ce qui prend un aspect vital, le pain qui va sortir du fournil. Néanmoins cette fois, l’éolienne n’est plus seule, il se profile un essaim d’éoliennes sur la crête dans la nature certes, mais dans une zone qui semble inculte. L’impact sur l’environnement apparaît nul et ces pylônes blancs semblent des cierges de dévotion à la modernité de l’homme respectueux des ressources inépuisables de la nature. Ces photos vont illustrer toutes les publications écologiques et gouvernementales dans le but de préparer l’opinion au développement de cette énergie… quel qu’en soit le coût !


On peut aussi présenter d’autres images beaucoup moins idylliques, qui sont néanmoins plus représentatives de la réalité mais elles seront beaucoup plus rares. La première montre que les « fermes éoliennes » implantent un grand nombre d’éoliennes mais on reste dans une présentation dans un coucher de soleil qui nous rappelle la beauté de la nature associée à cette production dite écologique.

La seconde, cette fois, nous donne une image beaucoup kafkaïenne de ce que sont les grandes fermes éoliennes de plusieurs centaines d’éoliennes. Même si la photo compresse l’espace, c’est beaucoup plus près de ce j’ai de mes yeux vus en Allemagne de l’Est. Les trois images suivantes montrent cette fois que l’idéalisme écologique cache des nuisances importantes sur la proximité des habitations avec les effets connus des infrasons sur la santé entre autres. Mais on oublie le gigantisme des implantations dans le sol des socles de machines qui deviennent de plus en plus grandes. La présence de techniciens sur le socle d’une éolienne en construction. C’est des milliers de tonnes de béton pour chacune qui resteront longtemps dans le sol car leur élimination est à la charge du propriétaire du terrain. La durée de vie est estimée à 20 ans. Enfin l’humour permet de toucher à l’intermittence des EnRia et à la durée de vie des centrales nucléaires qui peut être poussée bien au-delà de quarante ans comme aux États-Unis, ayant le plus grand nombre de réacteurs et les plus vieux. Enfin la dernière image met le doigt sur la corruption des élus municipaux, les premiers informés des projets et souvent possesseurs de terrains, en particulier dans le milieu rural.

Il reste de nombreux sujets où l’information est présentée sous une forme déformée, ce qui est inévitable mais devient de la désinformation quand celle-ci envahit les médias ne laissant que peu de place à une expression libre et contradictoire.


Dans une démocratie où le monarque républicain 

Veut être le seul à juger des « fake news »

Il devient vital de rester vigilant 

Aux images toujours répétées

Empêchant les autres 

De vous informer !
 
Claude Trouvé 
18/02/18