lundi 19 février 2018

Les slogans politiques par l’image (3ème partie)


Pour rester dans le domaine de l’énergie on peut aussi dénoncer l’intox du plan énergétique du gouvernement. Les projections sur 2021-2022 sont fausses parce qu’elles sont masquées. Les responsables de la production électrique ne peuvent ignorer que les énergies renouvelables intermittentes et aléatoires (EnRia) sont par définition non pilotables et demandent l’intervention d’énergies pilotables, essentiellement thermiques polluantes, pour satisfaire normalement, sans apport de l’étranger, les variations de la consommation. Que ce soit en Allemagne, en Belgique ou en France, la « loi » expérimentale de cette juxtaposition indispensable étalée sur l’année, montre qu’en gros 1kWh d’énergie thermique (charbon, fioul, gaz) est nécessaire pour produire 1kWh d’EnRia. Pourquoi cache-t-on cette vérité ? Parce qu’elle dérange. C’est pourquoi le plan climat de Hulot affirme le 6 juillet 2017 cette contre-vérité : « La chaleur d’origine renouvelable est une énergie compétitive en matière de soutien public, qui réduit les émissions de gaz à effet de serre en se substituant aux combustibles fossiles (gaz ou charbon) » ou « la nouvelle Stratégie nationale bas-carbone visera la neutralité carbone vers le milieu du siècle » ? 

RTE, réseau de transport d’électricité, déjà coupable d’information déformée comme montré dans l’article précédent, biaise encore dans son communiqué de presse du 7 novembre 2017 qui a amené néanmoins Hulot à admettre que l’on ne pourrait pas arrêter de centrales nucléaires avant 2023, sans que le sort de Fessenheim ait été expliqué clairement.
 
« · 2020-2022 : différentes options sur la fermeture des centrales à charbon ou des réacteurs nucléaires atteignant 40 ans de fonctionnement
A partir de 2020, les marges augmentent grâce à une légère baisse de la consommation et à la mise en service programmée de moyens de production (premier parc éolien offshore, nouvelle centrale au gaz) et de trois interconnexions (deux avec l’Angleterre, une avec l’Italie). Ces marges permettent d’envisager la fermeture des centrales à charbon ou de quatre réacteurs nucléaires atteignant 40 ans de fonctionnement. Ces deux mesures ne peuvent être engagées conjointement. »

On note que RTE prévoit le maintien du nucléaire, l’arrivée d’une nouvelle centrale au gaz et l’importation d’électricité d’Angleterre et d’Italie pour envisager la fermeture des centrales à charbon. En réalité on se promène dans un flou artistique de scénarios dans lesquels le gouvernement se garde bien de choisir car aucun ne pourra être réalisé tel qu’indiqué. On trouve seulement ce chiffre : « La France a adopté une trajectoire de développement des énergies renouvelables ambitieuse, avec un objectif de 32 % en 2030. » On ne sait d’ailleurs pas s’il s’agit de production ou de puissance installée, ce qui est très différent. Si c’est de production qu’il s’agit, cela passe par un scénario probable, selon les écrits de RTE représenté sur le graphique du haut. La production des EnRia évolue au même rythme qu’entre 2016 et 2017, celle du nucléaire est maintenue, celle de l’énergie thermique diminue et la consommation électrique est constante. Le non-dit c’est le besoin d’énergie pilotable pour réguler les EnRia, donc ce graphique est faux car irréalisable sans un apport par l’importation d’électricité.

Il semble cependant peu réaliste de compter sur les importations pour réguler les aléas des EnRia, ce qui conduirait de toute façon en réalité à une surproduction de 44 TWh pour le pilotage. Mais RTE gomme ainsi par l’importation la nécessité des énergies pilotables thermiques. On se demande alors vraiment pourquoi on se prépare à importer de l’électricité pour pouvoir exploiter les EnRia et finalement surproduire une centaine de TWh aux ¾ produits par les EnRia dont la production est la plus coûteuse et devra être exportée en priorité et en plus presque toujours à perte. Tout cela pour pouvoir annoncer que l’on baisse la production de l’énergie thermique. La production totale sera en réalité de l’ordre de 596,2 TWh au lieu de 552 kWh, ce qui n’est pas avoué par RTE. Le graphique est irréaliste, donc faux, mais cela permettra d’afficher une part du nucléaire réduite à 66% et une baisse de la production d’énergie thermique… mais à quel prix ! C’est le scénario masqué de surproduction ci-dessus, auquel n’échappera pas la production d’électricité si l’on s’en tient au scénario annoncé.

En réalité le scénario devrait être celui représenté sur ce graphique. La part du nucléaire est aussi réduite à 66%, le pilotage des EnRia est assuré par l’énergie thermique et ne demande pas d’importation comme dans le scénario masqué précédent. Evidemment Hulot ne peut s’y résoudre, car il avouerait que les énergies pilotables doivent suivre les EnRia à égalité de production. Il faudrait ainsi accepter une augmentation de la production d’énergie thermique, donc de CO2 et de polluants. C’est politiquement difficilement jouable, encore que Hulot a déjà reculé sur l’arrêt des centrales nucléaires et repoussé à 2030 les 30% d’EnRia. C’est donc le scénario masqué auquel il faudra se résoudre si l’on continue à implanter des EnRia au rythme actuel.

On voit comment l’opinion est manipulée pour arriver à un objectif politique et idéologique, très coûteux, qui à terme conduit à un doublement du prix du kWh pour l’abonné comme en Allemagne. Mais là on est dans le cas inverse de l’impact de l’image, on retient l’information et surtout une information claire à comprendre, laquelle risquerait de marquer les esprits. Sans image on pourra toujours naviguer à vue avec des discours préparant l’opinion. Tout cela pour ne pas avouer que l’implantation des EnRia nécessite l’équivalent en énergie thermique et présenter finalement un bilan carbone amélioré en faisant produire l’électricité pilotable à l’étranger ! C’est dramatique pour notre pays car le scénario raisonnable pour 2021-2022, c’est-à-dire jusqu’à la fin du quinquennat, devrait être celui que j’ai déjà publié et remis ci-dessus. Ce scénario prend en compte l’évolution de l’implantation des EnRia en 2018 mais l’arrête en 2019, maintient la production de l’énergie nucléaire et celle de l’énergie thermique au niveau de 2017 pour une production totale supplémentaire de 16TWh permettant de diminuer le risque de black-out (arrêt total de la fourniture d’électricité) évoqué en janvier 2017, et permet le pilotage des EnRia implantés jusqu’en 2021. Ce scénario n’importe pas plus d’électricité.

Évidemment cela signifie l’arrêt de la gabegie de la folie des EnRia et donc un retour sur terre encore bien difficile à faire admettre tant le matraquage idéologique à base de réchauffement climatique anthropique est asséné en permanence en jouant sur des peurs instantanées puisées dans la vie météorologique planétaire ou en diffusant des informations et chiffres truqués. J’ai voulu montrer dans cet article que la puissance de l’image est si forte qu’inversement la rétention de l’information pousse à celle des images. Mais il y a encore des choses à montrer dans ce domaine et nous en reparlerons dans le prochain article.

Les représentations visuelles statiques ou dynamiques

Sont celles qui marquent l’opinion des masses.

Les discours politiques s’en servent toujours

Mais elles sont soit montrées soit cachées

Tant leur impact est fort et peut ruiner

La politique si la vérité éclate !

Claude Trouvé
19/02/18