samedi 21 octobre 2017

Vers l’Europe des nations par le Frexit



L’explication alambiquée de Marine Le Pen lors de sa rentrée médiatique sur l’euro montre que ce problème est volontairement mis sous le tapis et pousse les responsables politiques de l’opposition à le différer en attendant une occasion favorable pour le reprendre. Ceci est aussi valable pour Mélenchon, toujours prêt à critiquer l’UE, prêt à la réformer mais pas à la quitter et discret sur l’euro. L’euro est un sujet brûlant pour les politiques qui naviguent à courte vue… celle des élections prochaines. Évidemment les arguments de catastrophisme développés par toute la doxa politique et la grande majorité des médias durent depuis la fin de l’euphorie de 2002-2003. Le peuple français avait salué avec enthousiasme l’arrivée de cette nouvelle monnaie sensée construire une identité européenne d’un continent qui allait rayonner sur le monde et y déverser un message de paix. Pour les entreprises exportatrices et importatrices c’était voir s’éloigner les tracasseries des taux de change. Pour les citoyens qui sortaient des frontières c’était le plaisir de pouvoir comparer les prix et d’éviter le bureau de change.

Depuis l’enthousiasme c’est ralenti mais l’euro fait partie des symboles forts. L’idée d’abandonner une partie de nos rêves se plait à écouter avec attention les menaces de catastrophisme si telle chose se produisait. En particulier j’entendais hier des journalistes commenter le discours de Marine le Pen en notant le recul des français devant cette perspective et en y ajoutant que la raison était que ceux-ci craignaient de voir la valeur de leur patrimoine immobilier réduite à zéro ! On entend encore que la dette française sera multipliée par 2 et bien d’autres sornettes relayées par les politiques européistes et les médias. Alors je voudrais faire remarquer que, si cette baisse se produit avec la sortie de l’euro, il suffit de regarder les impacts des variations de la parité euro/dollar entre 1,04 et 1,18 ces dix derniers mois. On nous dit que c’est la reprise avec une augmentation de 13% de l’euro depuis 10 mois, alors qu’avec l’euro à 1,48 c’était la croissance très molle. Dois-je rappeler que l’euro était à 1,60 le 18 juin 2008, un mois avant la crise des subprimes, et à 1,07 le 2 octobre 2000 alors qu’on était passé du franc à l’euro avec 1 franc pour 15,24 c€ ? Avez-vous vraiment ressenti cela sur votre niveau de vie, votre salaire ? Sur vos impôts et taxes oui, mais ils ont toujours augmenté quelle que soit la parité de l’euro/dollar. 

Les fluctuations de l’euro n’ont que peu d’impact quand notre commerce est orienté à 70% à l’intérieur de l’euro et parce que nos multinationales délocalisent et spéculent sur ces bénéfices avec la monnaie du pays étranger. La fluctuation dans les comptes consolidés en euros de ces holdings n’a qu’une valeur comptable. Nos raisonnements de petit épargnant, commerçant et TPE, nous trompent sur la réalité des choses dans un monde globalisé à la dimension des grands lobbies qui savent s’en servir. Il faut tordre définitivement le cou à la dette qui flambe. Elle est régie par la « lex monetae » reconnue dans le monde entier qui dit qu’une dette contractée en euro repasse automatiquement dans la nouvelle monnaie nationale avec le ratio 1/1. La dette ne fluctue que pour les 3% environ de dettes libellées en monnaie étrangère, c’est « peanuts », disons 3%0 ! En cas de baisse du franc/dollar la ménagère va dire : « oui mais mon nouveau poste de télé et ma tablette vont coûter plus cher ». Vrai, mais elle peut décider de prendre un poste de télé et une tablette à écran plus petit, jusqu’à ce que ces produits de ses désirs devenus inabordables créent les conditions pour être fabriqués en France et non en Corée. Pour ce qui est des produits de première nécessité, dont l’alimentation, elle ne verra pas leurs prix être significativement affectés si elle achète français.

Par contre notre exportation sera mondialement boostée et le montant des impôts sur le bénéfice des sociétés va croître. On peut espérer, en diminuant de facto les importations à cause d’un prix plus dissuasif, et en augmentant nos exportations, rétablir l’équilibre de notre balance commerciale très déficitaire. Le plus important argument du catastrophisme de sortie est lié à la fuite des capitaux ou au retrait massif d’argent dans les banques. Il nécessite de procéder à ce changement suivant un plan précis et une date de déclenchement soigneusement gardée secrète. Ce peut-être un vendredi soir après la fermeture des banques. Le scénario est bien connu des économistes et a déjà été appliqué partiellement en Grèce et à Chypre. Le dernier argument qui a porté jusqu’ici est le fait que la sortie de l’euro n’est pas prévue dans les traités, ce qui permet de couper court à toute discussion. Cela oblige de plus à passer au stade supérieur de la sortie de l’UE qui ajoute un pavé anxiogène pour la population attachée au mirage de l’identité européenne. 

Le résultat est que non seulement la sortie de l’euro oblige ses défenseurs à trouver des solutions compliquées comme l’écu, monnaie commune permettant de garder une monnaie nationale. L’autre alternative, qu’a défendue un temps Dupont-Aignan puis Marine Le Pen, était le passage en force à plusieurs avec l’alliance de pays comme l’Italie et l’Espagne. La première solution de l’écu apparaissait tout-de-suite comme compliquée à justifier et ressemblait à un retour en arrière puisqu’elle avait été utilisée par le SME avant l’euro. La seconde solution, prise par les mêmes politiques et du genre cocorico on est les plus forts, donnait la certitude d’une période trouble où l’issue était incertaine. Mais surtout, ce qui n’était pas mis en lumière, c’était que les traités ne le permettant pas, la France était passible de la Cour de Justice européenne pour violation de ceux-ci. Une telle action n’est jamais bonne pour la notoriété internationale d’un pays et pourrait être rapidement désavouée par le peuple.

La donne a changé avec le Brexit, car le Frexit qui paraissait une utopie, un fracassement de la belle idée européenne, une catastrophe encore plus grande, est devenu un choix possible. Pire le Royaume-Uni, toujours réticent dans l’UE à aller plus loin qu’une zone de libre-échange, prenait le risque de se voir mal accueilli économiquement dans l’UE dès sa sortie. L’argument de ne plus dépendre de l’UE pour des problèmes sensibles comme l’immigration et la Cour de Justice européenne, a fait gagner le NON de sortie du référendum britannique. Depuis nous sommes abreuvés de commentaires agressifs, moqueurs, sur ce pays. Les paris de régression économique de ce paria vont bon train. L’UE dit vouloir lui faire payer cher ce désaveu de l’UE, union cadenassée qui n’existe d’ailleurs nulle part au monde. La City devait s’écrouler sur elle-même et la croissance réduite à zéro. Bien sûr il ne faut absolument pas que l’idée de la réussite de ce départ prenne corps. La mobilisation des politiques européistes et des médias est suractivée pour vanter l’UE et démontrer l’impasse dans laquelle s’est fourrée le Royaume-Uni. 

Mais l’UE est en train de se prendre à son propre piège. Après avoir soutenu sans bruit l’éclosion des régions par des aides financières directes, la Corse puis beaucoup d’autres régions, se sentant plus soutenues, parlent publiquement d’indépendance. La Catalogne le dit si fort qu’elle met en danger l’Espagne au point que l’UE se voit obligée de la soutenir. Il est trop tôt pour réaliser la balkanisation prévue de l’UE. L’UE fait machine arrière. Maintenant il ne faudrait pas que la Catalogne, déçue des propos de l’UE, imagine sortir de l’UE, ce serait CATAstrophique. Le Brexit et l’émergence de poussées régionalistes se télescopent. Si les pays de l’UE peuvent s’unir pour demander des sous au Royaume-Uni, l’union dans ce sens est facile, il n’en est pas de même sur la balkanisation des nations. La Pologne, l’Autriche et la Hongrie, qui savent ce que c’est, sont vent debout contre toute avancée dans ce sens.

Pourtant la France a fait le premier pas avec les grandes régions qui n’ont pas d’autre utilité que de prévoir l’avenir d’une UE fédérale où la politique et les finances sont gérées d’en haut et vassalisent des seigneuries suffisamment grandes pour exister et suffisamment petites pour ne pas porter ombrage à la direction centrale d’une UE. Ainsi les puissances de l’argent règneront en maîtres absolus. L’action de mise en commun de Macron pour l’Europe conduit à cette nouvelle Europe qui fait disparaître les nations, obstacles trop importants pour une Europe fédérale d’entités soumises. C’est pourquoi, avant qu’il ne soit trop tard, il faut soutenir la sortie de l’UE, le Frexit. Il n’y a pas d’autre solution.

La Grande-Bretagne et la France ont dominé le monde dans un moment de notre histoire. Le Royaume-Uni prend en main son destin, pourquoi la France penserait-elle que cela lui est interdit ? Trop petite pour exister dans la mondialisation ? Que pensent à ce sujet la Suisse, l’Islande, la Norvège ? Que c’est une question de taille ? Non c’est une question de volonté d’un peuple qui doit se ressaisir derrière son drapeau, son histoire millénaire, sa langue répandue dans le monde entier… et non derrière celui d’une UE dont les étoiles jaunes sont celles des banquiers juifs et qui associera bientôt le croissant musulman. Seulement alors la France pourra choisir ses relations avec ses partenaires européens dans le respect des peuples et dans un intérêt bi ou multilatéral bien compris. Elle donnera un sens à une Europe apaisée de nations que l’histoire a meurtri mais qui ont construit la civilisation européenne.

Macron nous guide avec le sourire et les dents carnassières 

Vers notre dépeçage, celui de nos valeurs et de nos biens.

Il puise dans la classe moyenne pour nourrir les riches 

En laissant tous les pauvres dans la dépendance,

Où la mendicité, la main tendue vers le maître, 

Seront alors la règle de vie qui s’étendra

A tous ceux ainsi devenus inutiles ! 

Sortons du piège de l’UE !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon