vendredi 27 octobre 2017

Nous construisons nous-mêmes notre asservissement !



Nombreux sont ceux d’entre nous qui déplorent finalement ce qui se passe en France depuis Chirac. Pourtant les uns ont d’abord voté Sarkozy, puis les autres Hollande et enfin la plus faible minorité depuis 40 ans du corps électoral a porté Macron au pouvoir. Ceux qui ont vécu la succession des Présidents depuis Pompidou pourront constater que la Banque Rothschild est revenue au pouvoir et que depuis les banques n’ont pas cesser d’engranger des profits en prêtant à l’Etat contre le versement d’intérêts. On peut râler mais il faut reconnaître que la boucle est bouclée. Pompidou-Macron ont la même feuille de route, n’en déplaise aux gaullistes donc à tout le monde puisque tous les politiques ou presque se réclament de lui… quand cela les arrange pour mieux bafouer sa politique d’indépendance et de distance avec les affairistes de la Bourse : « La politique de la France ne se fait pas à la Corbeille » disait-il. Maintenant les premiers de cordée sont les banquiers et les lobbies avec à leur tête les huit plus grandes fortunes du monde qui, à elles seules, représentent autant d’argent que les ¾ de la population mondiale des plus pauvres. L’écart entre les deux ne fait que croître et de plus en plus vite.

Comment peut-il en être ainsi ? Il y a de nombreux instruments financiers pour faire monter l’argent vers le plafond des riches. Mais les deux principaux, utilisés à grande échelle aujourd’hui, sont la dette et les QE, ces émissions de milliers de milliards en monnaie de singe créées ex nihilo par les Banques Centrales, Fed, BCE, Banque d’Angleterre, Banque du Japon principalement. En gros les QE sont les semences déversées sur le champ mondial de la circulation des capitaux, et la dette est le râteau qui récolte avec ses dents, les intérêts d’emprunt. D’une part les QE déversent de l’argent qui va principalement dans la spéculation, cette machine qui tourne au milliardième de seconde, et non dans l’économie réelle. Les bourses sont ainsi poussées artificiellement à la hausse et de plus en plus déconnectées de l’économie réelle. D’autre part la masse d’argent, dont disposent les banques centrales, se déverse sur les banques privées à des taux proches de zéro actuellement, lesquelles prêtent aux Etats qui s’endettent, mais plus à taux zéro. Selon l’Institut de la finance internationale, la dette mondiale vient d’atteindre un nouveau sommet historique de 217.000 milliards de dollars (191.000 milliards d’euros) … et peut-être plus selon d’autres estimations. L’endettement global représente désormais 327% du produit intérieur brut mondial. 

Bien sûr la France participe à cette dette mondiale avec sa propre dette qui ne cesse d’enfler (69,1 Mds en 2016, 76,5 Mds en 2017, 82,7 Mds prévus en 2018) même si la baisse des taux d’intérêt limite l’augmentation du paiement des intérêts qui plafonnent à 41,5 Mds soit 17% des recettes. La France a donc un besoin de financement de 200 Mds par an pour payer entre autres les emprunts arrivant à terme, et le déficit. Elle réemprunte donc en permanence, ce que vous et moi ne pouvons nous permettre auprès de notre banque. N’oublions pas que notre dette représente 96,5% du PIB mais environ 9 fois les recettes du budget général ! Les Etats, les entreprises et les particuliers participent par le crédit à cette gigantesque pompe aspirante de l’argent du bas vers le haut parce que les prêts aux entreprises et aux Etats sont finalement payés par la population. Mais le système s’emballe parce qu’il n’y a plus de régulation par tarissement de l’argent disponible pour les emprunteurs. Grâce aux QE l’argent arrive à flot et désormais nous sommes dans le cas de l’apprenti sorcier qui ne sait plus arrêter le flot. Pire le faire serait tomber dans une hyperinflation catastrophique. Donc on continue droit dans le mur car, comme les arbres, les dettes ne montent jamais jusqu’au ciel.

Depuis 1974, la France n’a plus jamais eu un budget à l’équilibre et nous continuons avec un budget 2018 encore plus déficitaire. Nous construisons nous-mêmes notre asservissement car on y réfléchit dans les hautes sphères mondiales et européennes. L’assainissement de la dette va devenir nécessaire mais il faut trouver de l’argent. Où ? Dans nos poches évidemment, nos bas de laine, notre compte en banque, nos assurances-vie et pourquoi pas notre patrimoine immobilier. Non ce n’est pas du domaine de l’impossible. Les recettes ont déjà été utilisées. Sachez que par le jeu des emprunts et de la politique d’austérité imposée à la Grèce, le système a déjà récupéré 8 Mds sur son dos… enfin sur celui de la population grecque dont les salaires, les prestations sociales et les retraites se sont littéralement effondrés. La Grèce vend aussi tout ce qui est vendable dans son patrimoine, patrimoine qui comme son nom l’indique a été payé par le travail des générations précédentes. 

Mais n’est-ce pas ce que nous constatons en France depuis des années ? Tout ce qui a fait la richesse industrielle de la France, et même ses infrastructures comme les aéroports, sont dilapidés au nom soit de la rentabilité, soit de « l’équilibre budgétaire » enfin le fameux déficit du 3% du PIB. Technip, Schlumberger, Alsthom, Alcatel, les chantiers de Saint-Nazaire, etc. ne sont plus français. Nous étions capables de construire l’essentiel de nos centrales nucléaires, désormais même les turbines seront américaines avant que nous vendions AREVA que l’Etat a contribué à mettre en difficulté en décidant de sortir du nucléaire. Du coup en plus de notre concurrent historique américain dans ce domaine, les Russes et les Chinois vont nous dépasser. La politique française actuelle suit ce qu’en attendent les grandes puissances financières tenues par l’oligarchie ploutocratique qui mène le monde occidental et la globalisation de notre planète.

Tout est mis en œuvre pour réussir un processus de ponction de l’argent du peuple qui devra travailler jusqu’à épuisement. Ils deviendront alors des bouches inutiles, et la ponction sur les retraites montre bien le chemin suivi. On poussera les inutiles à débarrasser le plancher par l’asphyxie financière. Le fait que la pauvreté augmente en France et dans le monde hégémonique américain, avec 95 millions d’américains en dessous du seuil de pauvreté et probablement 10 ou 11 millions en France, ne trouble pas Emmanuel Macron. « Je ne suis pas le père Noël » dit-il aux guyanais aujourd’hui même avec cette phrase superbe de désinvolture et de gougnaferie : « Je ne vous ferai pas de promesses parce que les promesses n’ont jamais été tenues ». L’envoyé de Rothschild et de l’UE ne sait évidemment pas ce que c’est de vivre sans eau, sans électricité et de manger à la soupe populaire quand on a encore la chance d’avoir un toit. 

Mais nous verrons dans le prochain article qu’un autre moyen de pression-destruction va s’abattre sur nous dans un avenir plus proche que ce que nous croyons. La science va vite mais la conscience collective agit lentement et quelquefois trop tard.


Le peuple tétanisé ou envoûté doit ouvrir les yeux. 

On le dépouille grâce à une arme fatale

Le processus d’autodestruction !

Claude Trouvé