mardi 31 octobre 2017

Macron fédéraliste et Trump souverainiste ?



On ne peut s’intéresser à la géopolitique sans centrer ses réflexions sur les trois grands pays du monde actuel, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. L’Europe n’est qu’un espace lacunaire qui sert de terrain économique et de prédation pour ces trois grandes nations. Elle n’a pas de poids en termes de puissance. L’euro n’existe que comme attaché au dollar et son existence pèse de moins en moins lourd par rapport au dollar et au yuan. L’UE suit l’opprobre jetée sur la Russie, ménage la Chine pour des relations purement commerciales sans se rendre compte que l’or chinois va inonder notre pays. Dans cette UE, voulue fédéraliste sans réelle puissance militaire par les USA, Macron est le pion qui joue en première ligne devant une Allemagne qui n’acceptera jamais un fédéralisme qui ne soit pas avant tout allemand. Macron veut persuader que la mise en commun des ressources est l’alpha et l’oméga qui sauvera l’UE et que tout peut se reconstruire dans un sous-ensemble plus intégré autour d’un axe franco-allemand.

Son initiative sur les travailleurs détachés s’est conclue par un accord a minima où la position de conciliation des pays de l’Est sous-entend des concessions sur un dossier brûlant pour eux, les quotas d’immigration. En réalité la réduction à un an de la durée du détachement ne changera pas grand-chose, sinon à l’organisation de noria de travailleurs se succédant dans les mêmes emplois. La sécession de la Catalogne a obligé Macron à prévenir des mouvements en France qui se réveillent, sans parler de la Corse qui a affiché son objectif final. Le grand régionalisme imposé par Hollande, sans réelle concertation des anciennes régions et des populations devant se rassembler sous une autre bannière, montre déjà qu’elle fait renaître des régionalismes anciens qui n’acceptent pas ces regroupements. L’Alsace et la Lorraine forment un tout historique, déchiré puis reconstitué par des flots de sang versé. L’Alsace elle-même avait rejeté l’union de ses deux départements. 

Mais l’UE est la principale fautive de toutes ces évolutions car le regroupement des régions françaises est souhaitée par une UE qui veut en fait la disparition des nations. Elle l’a montré par la porte directe ouverte à celles-ci avec un organisme européen dédié à l’écoute des régions. Imaginez un seul instant que dans n’importe quelle hiérarchie, l’échelon 1 puisse traiter directement avec l’échelon supérieur 3 sans mettre l’échelon 2 au courant ou que des récompenses puissent aller de l’échelon 3 à l’échelon 1 sans l’aval de l’échelon 2. Rapidement l’échelon 1 n’a plus qu’une envie, se passer de l’échelon 2. C’est ce qui se passe aujourd’hui, l’échelon 1 de la région veut se passer de l’échelon 2, la nation. Il n’est pas nécessaire d’être DRH pour le savoir. L’UE pourrit de l’intérieur selon le vœu des puissances de l’argent. Aujourd’hui la Catalogne appelle l’UE à se prononcer. Si le nouveau référendum de décembre désigne une nouvelle majorité séparatiste, l’UE acceptera-t-elle un nouvel Etat catalan ? C’est très habile et l’UE est prise à son propre piège. Elle prône la démocratie (faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais) et devrait respecter un référendum séparatiste d’autant plus que c’est son but final réel. Mais c’est aussi se dédire vis-à-vis de sa première réaction et des pays européens, Belgique exceptée. Macron devra lui-même expliciter sa position et sa vision du fédéralisme européen.

L’UE va de plus en plus montrer ses faiblesses et les nationalismes vont se faire jour de plus en plus en détricotant lentement l’édifice européen. Le Brexit, les régionalismes vont laisser des traces indélébiles. Seules les nations à forte identité survivront. Peu de français l’ont encore compris, tant le masque médiatique leur obstrue l’esprit par une désinformation permanente. Les grands médias, financièrement contrôlés par les puissances de l’argent en France et aux États-Unis répandent leur vision du monde et non celle des peuples. Les voix journalistiques en France sont pratiquement unanimes pour propager l’idée d’une UE comme seul choix possible, et pour présenter Trump comme le dirigeant le plus nul que ce grand pays a pu élire. Aux Etats-Unis, presque tous les grands médias, CNN en tête, tapent à boulets rouges sur Trump comme ils l’avaient fait pendant la campagne présidentielle. C’est eux qui forment l’alliance occidentale autour des États-Unis, enfin des puissances financières qui se cachent derrière les démocrates et s’affichent chez les républicains. 

On en arrive à se demander comment Trump a pu être élu. Ce que les journalistes véreux ne veulent pas montrer, c’est que sans un peuple derrière lui, Trump n’aurait jamais été élu et aurait déjà quitté la Maison Blanche sous les huées d’un peuple qui se sentirait trahi. Mais Trump a compris, en parcourant les Etats-Unis où la pauvreté sévit et où les usines ferment, que la révolte grondait mais ne pouvait s’exprimer tant les démocrates et les républicains étaient au service des puissances de l’argent. Il a compris aussi que le peuple était lassé de ces guerres depuis deux siècles pour dominer le monde au prix du sang et d’une dette colossale. Trump le milliardaire, a réussi à vaincre, grâce à sa fortune et des dons des plus humbles ou plus aisés et sans réel soutien de son propre camp, le camp des puissances financières et médiatiques qui font et défont les Présidents. Dans une administration, issue du long règne de cette oligarchie ploutocratique en grande partie hostile, et face à une puissance militaire dépendant des mêmes, il navigue entre les écueils qu’on ne cesse de mettre sur sa route.

Trump est un souverainiste, « America first », même si cela peut choquer pour un pays fédéral d’Etats unis. Il a compris que disperser l’argent du peuple dans le soudoiement permanent des Etats étrangers et les guerres d’ingérence dans le but de soutenir l’hégémonie américaine ne faisait qu’appauvrir cette nation. L’Amérique doit d’abord penser à son peuple, si elle ne veut pas finalement s’écrouler sur elle-même, imploser par la misère et une mutation civilisationnelle trop rapide. Trump veut stopper l’immigration, c’est donc un raciste pour certains. C’est plutôt une mesure pour sauver un peuple qui est en train de crouler sous le poids de bouches à nourrir sans que l’on puisse leur donner l’occasion de gagner leur pain. Les Etats-Unis deviennent un désert industriel (cela ne vous fait pas penser à la France ?). Trump veut faire baisser le dollar pour relancer l’économie américaine. Si l’euro monte, c’est que le dollar s’affaisse. Les premiers signes économiques se font jour avec 3% de croissance et le chômage baisse. La Bourse a dégagé plus de cinq mille milliards de capitalisation supplémentaire depuis son élection (bon pour les retraités), connaissant sa meilleure semaine depuis des lustres. 

Alors on voit Trump donner des gages aux opposants, à l’administration, aux députés et sénateurs, et même aux militaires. Trump ne considère plus la Russie comme l’ennemi militaire numéro 1, mais ce n’est qu’un objectif de son mandat. Il doit faire face à la réalité de l’opposition multiforme dressée contre lui. Il ne dispose pas comme Macron d’un boulevard pour gouverner. Comment fait le marin qui navigue dans les écueils, il donne un coup de barre à droite, puis à gauche, puis à droite, etc. Si l’on ne voit que le marin et pas les écueils, on le traite de marin fou. C’est ce que notre presse, qui a perdu tout sens de l’indépendance journalistique, ne cesse de nous dire. On nous parle de la prochaine mise en examen de Trump pour collusion avec l’ennemi russe avant même qu’il le soit. Mais on passe sous silence que deux jours avant c’est le camp Clinton qui est l’objet de deux commissions d’enquête ouvertes sur Hillary Clinton (corruption alléguée dans l’affaire d’Uranium One et affaire des courriels), le patron du « Judiciary Committee » du Sénat réclame la nomination d’un autre procureur spécial (visant Clinton mais aussi Comey, Mueller et Rosenstein, le vrai patron du ministère de la Justice de Trump) dans l’affaire Uranium One (où l’on cède une partie de l’uranium américain à Poutine en échange, présumé, de grosses faveurs), le budget passe au Sénat et à la Chambre, ce qui ouvre la voie à une réforme fiscale majeure.

Trump pourra-t-il passer au travers d’une machine infernale lancée contre lui ? S’il gagne bravo et peu importe que le personnage prête à toutes les caricatures. Ses objectifs sont sains au départ en tous cas, même si la manière peut choquer la vision plus puritaine que nous avons d’un Président. Mais lui au moins ne méprise pas le peuple et le fait que les médias des puissances financières soient contre lui montre qu’il ne se soumet pas. Regardons-nous dans la glace, n’est-ce pas de Macron que nous devons avoir honte même s’il porte beau, manie les phrases alambiquées dans un langage d’énarque. Trump n’envenime plus le conflit en Syrie, a évité l’affrontement direct qui se profilait avec les russes et a demandé à la CIA de fournir des armes à la rébellion syrienne. Notre pays continue avec l’UE à mettre de l’huile sur le feu. Oui il faut craindre Trump mais pour une autre raison c’est qu’il est prêt à une guerre économique pour sauver son pays. Acceptons le combat pour sauver le nôtre.

Vendre son pays à un fédéralisme soumis à l’étranger 

Ne peut par essence conduire au bien des peuples.

Trump, élu par les oubliés et non par les médias, 

A eu le courage d’affronter le Nouvel Ordre

Qui ne cesse de dépouiller son peuple. 

Macron, poussé par les médias,

Méprise le peuple d’en bas 

Pour le livrer nu, tout cru,

Aux rapaces de l’argent !

Claude Trouvé

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