lundi 19 juin 2017

Les français découvrent la force démocratique de l’abstention



Avec 61% de votes non exprimés (abstentions, nuls et blancs), les français ne cautionnent pas l’Assemblée Nationale mise en place à l’issue de leur vote. Cette Assemblée est légale mais elle n’est pas légitime. La grande majorité des français ne l’acceptent pas et c’est tous les partis représentés qui sont rejetés. Si nous étions vraiment en démocratie, tous les candidats devraient démissionner et un nouveau vote devrait être organisé. L’assemblée précédente, légale et légitime puisque les votes non exprimés n’atteignaient que 45,85% avec les blancs et les nuls, resterait en place en attendant. Avec 19% des voix, et même en ajoutant les partis « sympathisants » soit 31% des voix, la vague « macroniste » ne peut s’appuyer que sur moins d’un cinquième et au mieux moins d’un tiers des citoyens en âge de voter.

Le peuple français a clairement désavoué sa nouvelle Assemblée en faisant progresser son refus abstentionniste de 33% par rapport à 2012. La machine électorale est devenue folle. Avec 19% des voix LREM et Modem remportent 350 sièges soit 60,7% des sièges et avec ses « sympathisants » cela porte à 537 sièges soit 93% des sièges pour 31% des voix exprimées plus ou moins en leur faveur. Autrement dit moins d’un tiers des voix exprimées, cela réduit l’opposition à 7% des citoyens inscrits sur les listes électorales. On arrive à cette aberration d’une opposition à l’Assemblée de 7% des sièges pour représenter 68 % (61% + 7%) des électeurs. L’opposition est réduite d’un facteur 10 ! 

Le problème n’est pas celui de la proportionnelle que certains partis réclament mais le scrutin uninominal à 2 tours qui pollue la représentation démocratique, la non prise en compte du taux d’abstention pour valider ou non le scrutin, et celle du vote blanc considéré comme nul. Il serait beaucoup plus simple de fonctionner avec un scrutin à un tour où le candidat arrivé en tête serait élu, ce qui éviterait les combines électorales du second tour.

Les partis extrêmes, le FN en particulier sont victimes du système à 2 tours puisqu’il se retrouve avec l’opposition de presque tous les autres partis qui se reportent au second tour sur leur adversaire. Avec 13,2 % des voix exprimées au 1er tour soit 6,8% des électeurs inscrits, le FN termine avec 1,4% des sièges de l’Assemblée. France insoumise avec 11,03% des voix au premier tour soit 2,9% des électeurs inscrits, récolte 17 sièges. Avec 15% de voix en moins, FI à 2,1 fois plus de sièges que le FN. Mais plus fort avec 28,21% des voix au 1er tour soit 13,4% des électeurs inscrits, LREM récolte 350 sièges soit 60,7% d’entre eux. Avec 17,2% de voix exprimées en plus que celles de FI, LREM obtient plus de 20 fois plus de sièges. Avec 15% de voix exprimées en plus que celles du FN au premier tour, LREM obtient près de 44 fois plus de sièges ! 

Qui peut encore penser que le processus de ce scrutin est démocratique ? C’est devenu une véritable arnaque qui n’a plus de démocratique que le nom. En s’abstenant massivement les électeurs ont montré que non seulement ils ne croyaient plus dans leurs hommes et femmes politiques mais que le système électoral était devenu antidémocratique. Certains essaient de traumatiser les abstentionnistes et parlent de flemme ou de lassitude électorale. Certes ceci a joué mais tout est fait pour dégoûter l’électeur. Les primaires ont singé les Etats-Unis et provoqué l’explosion des deux anciens partis de gouvernement. Les affaires, tout aussi immorales qu’elles soient, ont été sorties pour polluer le processus démocratique. Ce sont des raisons d’exaspération mais ceci est loin d’expliquer ce record du taux d’abstention depuis 1850 environ.

Le coup de balai de la Présidentielle ne s’arrête pas là. C’est ce que refuse de voir, mais plutôt de dire, les journalistes à la solde du pouvoir des grands médias. Tous les anciens partis sont mis à terre et le peuple a voulu faire savoir que LREM et Macron n’y échappent pas même si un processus électoral dévoyé lui donne une majorité absolue à l’Assemblée et le poste de Président. Il fallait promouvoir Macron pour éliminer les autres, mais il fallait faire savoir à celui-ci que ce n’était pas le chevalier neuf mais aussi un collaborateur des banquiers. La seule arme qui restait pour le 2ème tour des législatives, c’était l’abstention. Le peuple français a fait ce qu’il a pu avec les armes qui lui restaient. Avec moins de 6% des électeurs inscrits qui lui sont acquis, il n’est pas sûr qu’il puisse égrener longtemps la série de mesures antisociales qui est dans les tiroirs, d’autant plus que les largesses au Medef et aux multinationales vont devenir très visibles. 

On a volé au peuple la discussion de fond sur l’UE et l’euro, mais des évènements graves et révélateurs sont en train de devenir de plus en plus imminents sans que l’on puisse savoir ni lequel arrivera le premier ni exactement quand. Néanmoins l’UE est déjà en survie et l’euro avec. L’arrivée de plus en plus importantes des hommes et des armes de l’OTAN (pour ne pas dire américaines) sur son territoire sont le signe que l’ennemi craint n’est pas la Russie, déjà très surveillée par les bases américaines disposées autour d’elle, mais le maintien de l’ordre devant la peur d’une dislocation de l’UE dans le désordre révolutionnaire. Or l’UE est le glacis militaire et la plateforme économique, indispensables à la stratégie américaine. Le maintien sine die de l’état d’urgence en France, qui veut devenir constitutionnel, procède de la même analyse. La vassalité, encore plus affirmée de Macron au Système globalo-mondialiste par suite de sa redevabilité à celui-ci pour son poste, nous promet des déconvenues d’une ampleur telle que son faible soutien ne résistera pas longtemps à un peuple en colère… tant qu’il ne fera pas parler les armes, mais alors ce sera le printemps français.
Les français ont montré au nouveau Pharaon 

Qu’il ne suffisait pas d’avoir une pyramide
 
Pour que le peuple se prosterne

Et croit au veau d’or !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon