mardi 20 juin 2017

La déroute de la démocratie et de la nation



Dans l’article précédent j’ai montré que notre système électoral est dévoyé par l’utilisation du parti unique, ce qui est l’apanage des dictatures ou des pays où la cohésion du pays demande un gouvernement autoritaire. On l’a vu ou on le voit dans les pays comme la Libye, la Syrie, l’Iran ou même l’URSS. Il y cohabite une pression politique et une adhésion volontaire, dans un dosage ajusté aux caractéristiques du pays, qui permet aussi le recours à la force et conjointement à la démocratie. Néanmoins la durée dans le temps de ces régimes n’est finalement liée qu’à l’adhésion de la majorité du peuple. C’est d’ailleurs tous ces pays que le monde occidental, sous la houlette des États-Unis, ne cesse de déstabiliser parce qu’ils ont un pouvoir de résistance dû au soutien du peuple à celui qui détient l’autorité. On le voit en Syrie, où tout autre régime se serait effondré et le leader destitué ou tué. Plus ce soutien est fort, plus le pays résiste aux déstabilisations étrangères, les fameux « printemps », c’est le cas de la Syrie. Plus il est faible, plus le pays est facile à déstabiliser, c’est le cas de l’Ukraine.

Le long processus de mixage de la gauche et de la droite française durant les deux précédents quinquennats, affaiblissant le débat qui assurait contradiction et démocratie, a donné naissance au parti unique, « ni gauche, ni droite ». C’est le processus abouti qui conduit à la dictature de Bruxelles, faux-nez de la Maison Blanche, elle-même façade du pouvoir de l’ombre des banquiers et des multinationales qui prônent le Nouvel Ordre Mondial, celui de la globalisation. Cela veut dire la suppression des nations et de la démocratie, le peuple « demos » étant remplacé par le groupe des « Sages », ceux qui grenouillent dans les Bilderberg, Trilatérale, et CFR, et qui préparent les « Young leaders ». C’est à ces derniers que l’on confiera les pouvoirs exécutifs des nations croupions, puis des grandes régions qui les remplaceront et dont les pouvoirs se réduiront de plus en plus à ceux de simples exécuteurs des ordres venus de Bruxelles puis in fine de Jérusalem, future capitale mondiale… tout au moins c’est ce à quoi le NOM espère arriver. Les « Grandes Orientations de la Politique Économique européenne, parvenu à l’Élysée à mi-mai 2017, pour réactualiser les précédentes, sont la feuille de route du Gouvernement Macron. 

Certains citoyens essaient de culpabiliser les abstentionnistes en leur expliquant que l’abstention de sert à rien. Ils ont tort et raison à la fois. L’abstention est l’arme ultime quand aucun choix valable ne s’offre à vous, soit parce que vous ne croyez plus en aucun parti ou homme politique, soit qu’une des options personnelles que vous considérez comme essentielle n’est plus représentée. Si vous êtes un homme de gauche, aux valeurs laïques et solidaires bien affirmées, nous n’allez pas voter pour un parti qui renie tout en bloc pour un nouveau « printemps » économique. Si vous êtes un homme de droite indépendantiste, attaché aux valeurs de liberté, de travail et de patrie, vous n’allez pas voter pour un parti qui vend notre pays à l’étranger et aux banquiers, ni même pour un parti tandem collabo du parti leader. L’abstention est l’arme ultime qui permet de prouver le désamour du peuple pour la politique présidentielle et la nouvelle Assemblée godillot. Or le désamour est cette fois si important qu’il représente plus de 60% des électeurs inscrits. Ce record historique rend la nouvelle Assemblée légale mais illégitime et signifie que le peuple est prêt à s’opposer au pouvoir par les seuls moyens qui lui restent, ceux de la rue, des transports, de l’énergie, de l’impôt… le blocage du pays.

Mais malheureusement ces citoyens qui pointent un doigt accusateur sur les abstentionnistes n’ont aussi pas tort car ce n’est pas sans raison que la campagne civique, pour pousser les électeurs à voter, a été presque inaudible avant cette élection. La raison est en fait double. Lorsque vous détenez la majorité absolue, car les sondages donnaient une marge suffisante pour être crédibles, l’abstentionnisme ayant principalement touché les partis dits d’opposition, il ne servait donc à rien de réveiller les ronchons ou les flemmards pour le deuxième tour des législatives. La seconde raison tient au fait que le système électoral ne tire aucune conclusion de l’abstentionnisme, c’est aux élus eux-mêmes d’en tirer éventuellement les conclusions. Si son pouvoir est légal, est-il encore légitime ? Cette question était tranchée d’avance, comme l’a redit Édouard Philippe, avec cette affirmation révélatrice « Si un pouvoir est légal, il est légitime » en se référant au langage courant, où légalité et légitimité tendent souvent à se confondre. Je pense toutefois que le Premier Ministre devrait se rapprocher de son professeur de philosophie car il a dû sécher certains cours ou il feint de ne pas avoir été informé. 

Dans les régimes démocratiques on fait comme si la légalité de l’exercice du pouvoir, c’est-à-dire sa conformité à des lois, suffisait à en assurer la légitimité. Or la légitimité est une notion beaucoup plus subjective et exprime l’adhésion profonde de la population à la manière dont elle est gouvernée. Or on observe un peu partout dans le monde que le fossé se creuse entre légalité et légitimité du pouvoir. Plus on se dirige vers l’autoritarisme de la gouvernance, plus on fait se rapprocher les deux notions pour finalement les confondre dans une dictature, un fascisme. Pour se rendre compte de l’utilité des deux notions, il suffit de se poser la question du pourcentage d’abstention qui rend une Assemblée nationale légitime. A 40% d’abstentions, le pouvoir de cette autorité est légal et légitime sans conteste. A 60% d’abstentions, il est minoritaire, donc légal mais illégitime puisqu’une fraction majoritaire du peuple ne le reconnaît plus. Toutefois ce pouvoir affirme qu’il peut se considérer aussi comme légitime. A 90% d’abstention, ce raisonnement est-il tenable ? La gouvernance peut-elle être assurée d’exercer son pouvoir sans engendrer des désordres et des refus d’obtempérer d’une grande majorité de la population ? La réponse est visiblement non. Alors à partir de quand un pouvoir ne peut-il  plus gouverner tout en étant légal ?

Non, ne pas tenir compte d’une majorité d’abstention, considérer que légalité et légitimité se confondent en toutes circonstances, c’est nier les fondements même de la démocratie. C’est la course au parti unique dont les candidats sont issus du choix du pouvoir exécutif qui crée son propre parti unique sans que ceux-ci aient été mis en avant par le peuple lors d’élections locales, départementales, régionales, ou nationales précédentes. Tout est construit de toutes pièces, comme le Président lui-même, et l’exécutif s’arroge le législatif. Il affirme même que l’opposition vivra au sein même du parti ayant la majorité absolue. De qui se moque-t-on ? Des citoyens que nous sommes dont l’importance tient à notre productivité, à notre rôle de consommateur invétéré et de mouton docile soumis à la tonte des taxes et des impôts. A ce propos, on n’annonce pas d’impôt nouveau grâce à l’élargissement de l’assiette de la CSG, dont les retraités qui vont cette fois payer pour les actifs, parce que les taxes ce n’est pas des impôts, certes mais c’est des prélèvements sur notre niveau de vie. 

La grande lessive à laquelle Macron a invité les électeurs se traduit par une Assemblée illégitime dotée d'un parti tout puissante affublé à sa gauche et surtout à sa droite de partis poissons pilote pour continuer et accentuer la politique européenne dictée et surveillée depuis Bruxelles. Tous les trois sont blanc bonnet et bonnet blanc. J’en veux pour preuve la difficulté qu’ont eu le PS et LR à montrer leurs différences de programme. Macron veut augmenter la CSG, LR la TVA. Tous deux prônent la politique d’austérité à l’allemande, et le soutien aux entreprises, soutien dont les principaux bénéficiaires seront les multinationales comme précédemment. Voter PS ou LR pour voter CONTRE LREM était tout simplement un piège à… éviter.
 
L’homme-lige des banquiers est légalement notre Président 

Mais si sa politique et son parti « ni gauche ni droite »

Sont devenus légaux mais illégitimes. 

Il n’en a cure et signe la mort

De la démocratie et celle 

De la nation livrée

Au NOM !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF Languedoc-Roussillon