vendredi 23 juin 2017

En Marche vers la dictature ?



L’Union Européenne commence ses discussions avec le Royaume-Uni dans la ferme intention de poser des conditions suffisamment dures pour mettre Theresa May en difficulté dans son pays. Le monde des affaires de son côté s’oppose désormais à la prise de distance du Royaume-Uni avec l’hégémonie américaine. On voit que la City, qui a souhaité couper les liens avec l’UE pour se mettre à l’abri des conséquences de son explosion probable, est en divorce avec la Première Ministre britannique. Elle agite les forces conservatrices et leurs médias pour qu’elles lui retirent leur confiance. Son but est le retour d’un Président qui rentre dans la stratégie du NOM menée par les forces de l’ombre Outre-Atlantique. Cette attitude fait pendant à l’action intérieure menée contre Trump dont un processus de destitution est en marche avec Hillary Clinton mise en avant par les mêmes.

De son côté l’UE joue le rôle de décomposition du Royaume-Uni en apportant tout son soutien à la demande d’indépendance de l’Ecosse, et d’autres provinces à suivre. La stratégie européenne est complexe car prise dans l’allégeance au Système et dans un pangermanisme qui resurgit avec plus de vigueur à cause du retour d’un nationalisme allemand. Les instances européennes privilégient la guerre à mort contre le Royaume-Uni en poussant à un retrait du Brexit soit par un nouveau référendum, soit par Theresa May ou son successeur appelé de leurs vœux. L’arrivée de Macron dans le jeu européen avec un européisme atlantiste renforcé a reçu le meilleur accueil de la technocratie bruxelloise qui trouve en lui un allié pour sa propre survie. L’influence prépondérante de l’Allemagne est plus nuancée, car le but est de ne rien perdre du marché britannique qui apporte beaucoup au bilan pléthorique de son commerce extérieur. 

Angela Merkel est politiquement moins forte et les élections approchent alors que l’opinion allemande affiche un désamour de l’UE plus prononcé qu’en France. La politique migratoire, imposée brutalement pour compenser une baisse dramatique de la démographie due à une politique familiale mise au rencart au profit des femmes au travail, est venue renforcer un sentiment de nationalisme. Celui-ci se nourrit aussi des inquiétudes que suscitent la Grèce et les pays méditerranéens en général avec des soutiens de plus en plus nécessaires pour leur survie. L’Allemagne sait qu’ayant profité très largement de la création de l’UE, elle est désormais désignée par les pays perdants comme la vache à traire. Le tandem franco-allemand est loin d’envisager l’avenir de la même façon. Macron suit le Système, qui l’a créé, le doigt sur la couture du pantalon jusqu’à se proclamer le fantassin de première ligne en Syrie, comme Sarkozy pour la Libye, et Hollande contre le même Bachar el-Assad.

L’attitude française est celle du coq gaulois resuscité dans un pharaon et un programme pyramidal basé sur une dictature technocratique. Macron se veut le nouveau leader de l’UE transformée par ses soins, revivifiée, le donneur de leçons au Moyen-Orient et le leader mondial du sauvetage climatique de la planète. Avec en plus un gouvernement formé de politiques de second plan et une armée de technocrates, centrés sur leurs tâches exclusives et sous contrôle de communication à l’extérieur, avec de plus une Assemblée ayant la majorité absolue et composée essentiellement de personnes ayant des connaissances politiques ne dépassant pas celui du conseiller municipal, choisies et chapitrées pour être aux ordres, nous avons toutes les caractéristiques de mise en œuvre d’une dictature. 

Un autre signe révélateur est l’utilisation rapide d’une majorité parlementaire absolue pour faire comprendre au Modem qu’il avait joué son rôle, ce qui lui vaut de conserver une représentation croupion au sein du gouvernement, mais que ses leaders charismatiques et ses 40 députés ne sont plus utiles et même gênants. On note également les nouvelles relations avec la presse. Si les patrons de presse font partie du premier cercle de soutien de Macron, il n’en est plus de même des journalistes à qui l’on fait comprendre qu’ils furent très utiles pour diffuser la « macromania » avant les élections mais que désormais leur accès aux informations était sous contrôle strict, et que c’est Macron qui déciderait ce qu’il est bon qu’ils sachent. Autrement dit leur rôle est cadré dans le support médiatique au pharaon que déjà certains nomment Jupiter, ce qui d’ailleurs est encore plus fort puisque c’est le dieu des dieux.

Macron a enterré pour longtemps ce qui faisait que l’on distinguait des valeurs différentes et caractéristiques de la gauche et de la droite. Cette dichotomie qui a perduré depuis la troisième république vient de perdre ses repères après, il est vrai un long travail de sape, auquel Hollande a fini la plus grosse part du travail. Macron leur a fermé les yeux. Un français sur deux est sous le charme ou spectateur bon enfant de ce nouveau chef de la France mais seulement à peine 1 sur 6 forme son groupe de fans prêts à le défendre bec et ongles. Jupiter avait des dieux qui le représentaient dans toutes les activités humaines, Macron a des moutons qui bêlent pour lui et sur lesquels il lui faut avoir l’œil pour qu’ils ne s’échappent pas du parc et aillent bêler ailleurs et de travers. Macron règne sur son château-fort élyséen, et ses deux dépendances à Matignon et à l’Assemblée, mais il s’isole ainsi du peuple. Il va lui falloir à tout prix lui donner des gages, or la feuille de route tracée par les Grandes Orientations de la Politique Économiques de l’UE ne lui laissent que peu de marge de manœuvre et celles-ci ne favorisent le peuple que dans la mesure où cela renforce celles pour les entreprises, grandes de préférence. 

Le clivage gauche-droite est dénué de sens, mais la démocratie s’est éloignée encore d’un grand pas. Le référendum est enterré, l’arrivée de Macron au pouvoir ressemble plus à un coup d’Etat pacifique qu’à un choix grâce à un système électoral dévoyé et une pression médiatique univoque. La prolongation de l’état d’urgence et sa prochaine mise dans la loi, voire dans la Constitution, sont les signes accompagnateurs de toute dictature. Chacun peut facilement vérifier que le djihadisme s’est étendu sur la planète entière, plus ou moins certes mais presque partout, que notre action en Syrie contre lui est une façade commode pour en fait faire tomber le régime syrien et renforcer les résidents français à se mobiliser dans la radicalisation. Les attentats sont des instruments du pouvoir pour la mainmise sur nos libertés. Chacun sait que ce sont les services de renseignement qui ont de tout temps fait l’essentiel du travail de sécurité intérieure et que ce sont leurs moyens humains qui sont en cause. Chacun sait que le gouvernement malien, que Macron s’est empressé de rencontrer, est géré par la France et que notre présence militaire sert d’abord nos intérêts dans tous les pays périphériques dont principalement le Niger et le Tchad dans une politique néo-colonialiste.

La nouvelle loi Travail va être le signal déclencheur, en cas de réussite, d’une nouvelle phase de dictature, laquelle va permettre de piocher dans tous les avantages sociaux, y compris les retraites, pour présenter à l’UE une France qui rentre dans les clous de Maastricht et donner à Macron un air de Napoléon sur l’Europe. On peut vraiment se demander si l’on souhaite qu’il réussisse tant le prix à payer va être lourd à porter. 

C’est la capacité de résistance du peuple français

Qui est désormais à l’épreuve pour exister. 

Les yeux fermés ou semi-ouverts

Cachent toujours l’abîme 

Au peuple moutonnier !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon