lundi 28 mai 2018

Un Système doit-il être ouvert ou fermé ?



« Une porte doit être ouverte ou fermée » écrivait Alfred de Musset, donnant une notion d’état au système de cloisonnement d’un espace. En fait cette notion d’état est applicable à toutes choses, au passage d’un état dans un autre, comme les glaçons fondant dans nos verres, mais aussi à la biodiversité, aux trous noirs dans l’univers, à la survie de notre planète comme au passage de la vie à la mort. C’est par la thermodynamique que ce passage irréversible de la chaleur au froid sans apport extérieur a été quantifié et fait l’objet de son deuxième principe, après le premier disant tout simplement ; « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Lorsque l’on passe d’un système fermé où la pression et la température sont plus élevées que le système ouvert dans lequel il se déverse, on arrivera à un système global où les pressions et les températures seront égales. C’est l’eau froide obtenue après la fonte des glaçons dans le verre. Ce passage vers l’équilibre est dit passage de l’ordre au désordre, et est caractérisée par une augmentation du désordre quantifié par l’entropie. Ce mot est d’ailleurs utilisé à tort et à travers en particulier par Macron pour paraître savant et incompréhensible, l’apanage des enfumeurs. Mais si je ne suis pas physicien, en quoi cela me concerne-t-il ?

Cela concerne tout le monde car cette loi est universelle et régit chaque chose autour de nous, dont la planète bleue sur laquelle nous vivons dans un grand univers allant vers sa mort à l’échelle astronomique. Sur notre terre bleue règne encore la vie, un système fermé par rapport au reste de l’univers essentiellement gris. Ceci nous conduit vers son application dans les domaines politique, géopolitique, énergétique, monétaire, économique, etc., autant de disciplines n’échappant pas à ce principe universel de la physique. Si l’on prend le domaine énergétique, l’utilisation du pétrole pour faire de l’électricité fait passer celui-ci dans une centrale thermique où sa combustion produit de la chaleur qui fait tourner un alternateur produisant de l’électricité, et de la chaleur inutilisable pour la plus grande part finalement destinée à retourner à la température ambiante. Nous sommes passés de l’ordre représenté par l’agitation frénétique et énergétique des molécules dans le fioul, à un état partiellement de désordre dans la chaleur émise et refroidie devenue un état où l’espace donné aux molécules fait qu’elles ne s’agitent plus que mollement. Il y a donc perte d’énergie. 

Dans le domaine monétaire, il en est de même entre l’or physique, et l’or papier ou le papier monnaie. En ayant déconnecté la monnaie de sa valeur or, on a franchi le cap du désordre. On peut créer de la monnaie sans limite mais à chaque création, on dévalue l’énergie potentielle de celle-ci, soit son pouvoir d’achat. C’est ainsi que le dollar a perdu 99% de sa valeur depuis sa création, et que le Système monétaire manipulé par la Fed fait régulièrement plonger le cours de l’or pour masquer ce phénomène. C’est ainsi qu’elle maintient le mythe de la possibilité de changer les dollars en or au cours actuel, sans jamais publier le montant des réserves d’or américaines devenues secret d’Etat. Tout ceci aboutit à une croissance exponentielle de l’argent mis en circulation et corrélativement de la dette mondiale. Selon une étude de l'Institute of International Finance (IIF), l'ensemble des dettes accumulées à travers la planète a atteint un nouveau record à la fin 2017. Au total, les créances cumulées des Etats, des entreprises et des ménages représentent 237.000 milliards de dollars (192.000 milliards d'euros). L’évolution étant de plus en plus rapide, le désordre monétaire s’accroît, l’entropie du système s’accroit et va vers l’équilibre signifiant la mort du Système monétaire. Alors dans l’éventration du Système monétaire, il y aura peu de gagnants et une énorme masse de perdants.

On peut parler aussi bien de politique où l’agitation fébrile, celle du changement pour le changement vanté comme une qualité de vie gouvernementale, ne peut mener globalement que vers plus de désordre même si sur certains points peut se trouver un gain. Regardons l’Union Européenne dont la vocation est en principe, depuis sa création, de permettre à celle-ci de porter l’ensemble de ses pays plus haut en croissance que la moyenne des pays de l’OCDE. Force est de constater qu’il n’en est rien. Mais si l’ensemble a failli, les distorsions entre les pays s’aggravent projetant certains d’entre eux dans la faillite et la mise sous tutelle. L’Union Européenne a fait croître le désordre, et cela était prévisible selon la loi universelle de l’entropie. Les systèmes plus ou moins fermés des pays se sont laissé envahir socialement et économiquement, ou ont envahi les autres projetant l’ensemble de l’UE dans le désordre même si certains pays en sont bénéficiaires. Cela s’applique aussi à la zone euro et vient mettre en défaut la pensée idéologique très française prônant l’ouverture à tous vents. Cela peut tout aussi bien s’appliquer à l’immigration et à la mondialisation surtout lorsqu’elle tend vers la globalisation.

Il faut aborder une autre notion celle du temps. Il y a une foultitude de temps, le temps d’activité et de repos quotidien, le temps du rythme hebdomadaire, mensuel, annuel, le temps d’une vie, le temps d’une génération, le temps séculaire, le temps d’une ère, le temps astronomique, etc. L’oubli de l’espace-temps est à la base de la plupart de nos grossières erreurs et le monde occidental est, sur cette appréciation du temps, bien plus mauvais que le monde asiatique dans ce domaine. Ainsi nous portons des jugements sur la climatologie avec le temps météorologique et on valide des prévisions climatologiques sur un siècle à partir de constats sur 20 ans. La loi universelle appliquée à notre planète prévoit sa mort inéluctable à l’échelle du temps astronomique quoique nous fassions, mais nous avons la maîtrise de nos actions dans les temps d’une génération. Autrement dit, nous avons le pouvoir de ralentir ou d’accélérer ce processus d’équilibre dans le désordre… alors ralentissons ! Les Systèmes ouverts ne sont pas forcément les meilleurs pour tous, regardons au moins où est notre intérêt. Réfléchissons ! Il n’est même pas dit alors que ce soit au détriment global des autres.
 
Tous les partisans de l’ordre sont assimilés à des statues immobiles. 

La physique nous dit au contraire que le désordre est mortifère.

Alors dans ce monde fou d’agitation dénommée progrès 

Il convient de ne pas oublier la parole des physiciens

Celle de la loi universelle nous parlant d’entropie 

Pour mesurer la progression du désordre.
 
Claude Trouvé 
28/05/18