mercredi 23 mai 2018

La France ? Un moulin à vent sur la route de l’Italie !


Les commentateurs se penchent sur le sort de l’Italie en la regardant de haut comme si notre pays était déjà parti dans les étoiles puisque son mentor le dit. Il le fait savoir à l’Allemagne dont il fustige le comportement lors de la remise du prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Il le fait savoir par l’entremise de Bruno Lemaire à l’Italie que celui-ci fustige pour avoir un programme menaçant la stabilité de la zone euro. La France veut faire la leçon à tout le monde mais comme le dit La Fontaine, elle voit la paille dans l’œil du voisin pour éviter de voir la poutre dans le sien. Cependant Bruxelles et la France s’affolent, l’Allemagne réfléchit. Le nouveau programme Italien demande l’extinction de 250 milliards de sa dette, une paille ! Il se trouve que c’est d’ailleurs approximativement le montant des créances italiennes dans la Bundesbank, créances devenant ipso facto non recouvrables. L’Italie veut desserrer le licou de l’austérité imposé par Bruxelles et ses Grandes Orientations Économiques, et exprime clairement son intention d’augmenter le SMIC et les retraites.

Toutes ces orientations sont contraires aux directives européennes, appliquées strictement par Macron, mais sont orientées vers une relance de la consommation. L’Italie est globalement exportatrice, contrairement à nous, et la croissance peut être boostée par la consommation. La démarche de relance de l’économie passe par une diminution des charges sur les entreprises et une diminution de la charge fiscale sur les particuliers. La relance sur les entreprises peut être passagère, c’est un investissement de départ, mais la baisse de la charge fiscale des particuliers doit être pérenne. Le résultat c’est la croissance et l’augmentation du montant global de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Ceci se traduit par une augmentation immédiate de la dette, à récupérer ensuite au fil des années suivantes, ou mieux une diminution de la dette demandée par l’Italie. 

Si l’Italie y va un peu fort, c’est sans doute pour négocier un compromis, mais c’est en gros la vision de Trump aux États-Unis, vision semblant déjà porter ses fruits avec une relance de la croissance au prix d’un déficit budgétaire plus important au départ. Si la France a lancé un plan de subventionnement des entreprises avec les 40 milliards du CICE sans véritable créations d’emplois puisque le nombre de demandeurs d’emploi restent quasi stable, et si Macron s’est ingénié à diminuer leurs impôts, il a à contrario fait pression sur les particuliers en augmentant les taxes et les contributions tous azimut, et cela continue de plus belle. Le résultat sur la croissance sera alors faible, pour la simple raison que le pouvoir d’achat diminue, donc la consommation/habitant. Or c’est la majeure partie de l’écoulement des productions nationales. Ceci s’ajoute au manque de compétitivité des entreprises françaises, compétitivité que les largesses de l’Etat aux entreprises ne suffiront pas à remonter.

La politique d’austérité sur les consommateurs pour donner aux entreprises n’aboutit en fait qu’à un transfert de richesses du bas vers le haut. On le voit dans la distribution des dividendes aux actionnaires dans les entreprises du CAC40, dont le pourcentage ne cesse de croître au détriment des salariés. La France est à la traîne pour sa croissance par rapport à la moyenne européenne et de l’OCDE. Elle le restera en suivant seulement mollement la croissance européenne. Pendant ce temps, la précarité se fera de plus en plus sentir. Les supermarchés aident désormais les fins de mois difficiles en ouvrant un crédit de report au mois suivant. Les associations caritatives accueillent de plus en plus de monde et cela commence à toucher des couches sociales autrefois absentes. 

Macron crie victoire mais, d’après le Figaro, il veut 100 milliards d’économies en urgence d’ici 2022 car la dette réelle est de 6.000 milliards si on comptabilise le Hors Bilan du budget. Mais économiser 100 milliards, c’est supprimer TOUTE l’Éducation Nationale. D’après Les Échos, l’urgence officielle signifie que nous sommes en faillite alors qu’on emprunte 200 milliards cette année. Mais si la France doit faire face à sa dette de 6.000 milliards dans le cas d’un écroulement du Système, c’est vers les 1400 milliards de notre Épargne que se dirigera la main de l’État, et si cela ne suffit pas il prendra sur les 10.000 milliards du patrimoine. Situation improbable me direz-vous. Selon La Tribune, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a décidé vendredi de limiter l’exposition des six principales banques françaises aux grandes entreprises les plus endettées afin de contenir la montée de l’endettement des acteurs privés en France. Le système bancaire est donc très fragile, même la Bundesbank annonce pour la troisième fois un déficit de 3 milliards et les faillites bancaires dans l’UE se succèdent à un rythme soutenu en Italie, en Espagne. Compte-tenu des liens entre toutes les banques, le risque systémique est important et contribue à créer une situation plus grave que celle de 2008.

Avec un déficit budgétaire de près de 67 milliards en 2017 et un déficit prévu de plus de 83 milliards pour 2018, la France n’est pas prête à diminuer sa dette, alors le fait que le ratio déficit/PIB diminue devient accessoire. La dette est détenue à 80% par des étrangers et il faudra la leur rembourser même si la perte sera générale sur la zone euro. La politique française c’est des paroles, du vent, du vent européen, du vent mauvais emportant dans un tourbillon destructeur l’argent de 99% des français vers une ploutocratie apatride. Ce tourbillon se détecte partout et même dans la politique énergétique sur les énergies renouvelables et la voiture électrique. Dans ces deux domaines l’État dépense sans compter en subventions au nom de l’idée de la « décarbonisation » de la planète. Si la pollution des villes peut trouver une amélioration avec cette voiture, celle-ci produit la plus grande partie du carbone lors de sa fabrication, laquelle se fait dans quelques centres industriels en milieu périurbain sur lesquels se déverse l’essentiel de cette pollution. Les calculs d’experts montrent qu’une voiture électrique doit parcourir beaucoup trop de kilomètres pour devenir moins productrice de pollution qu’une voiture à moteur thermique. 

Pour les énergies renouvelables, le groupe d’experts mandatés par le gouvernement suisse a montré que la plan énergétique suisse pour 2050, visant à remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables, était injouable et que celles-ci demanderaient de faire fonctionner des centrales à gaz procurant finalement une plus forte pollution. Tout cela rendrait le kWh plus cher sans garantir une sécurité d’adaptation garantie de la production à la consommation. Par ailleurs en France la Cour des Comptes, missionnée par le Sénat, a donné son avis sur la loi pour la transition énergétique et la croissance verte, adoptée en juillet 2015 par le Parlement, qui fixe d’ambitieux objectifs en termes de développement des énergies renouvelables (EnRia) : leur part devra en effet atteindre 32% de la consommation finale d’énergie française d’ici l’horizon 2030. Cinq ans après un premier rapport dans lequel ils avaient fustigés le montant élevé des engagements financiers de l’État, les Sages ont publié un rapport le 18 avril dernier prenant en compte une évolution significative du déploiement des EnRia sur les 10 dernières années. La part dans la consommation énergétique finale est passée de 9,2% en 2005 à 15,7% en 2016.

Mais cette progression a un coût. Rien qu’en 2016, le montant des aides aux énergies renouvelables s’est élevé à 5,3 milliards. Un chiffre qui pourrait atteindre les 7,5 milliards en 2023. Les Sages jugent par ailleurs regrettable que ces soutiens publics profitent majoritairement aux énergies renouvelables électriques (4.4 milliards d’euros accordés à l’éolien et au photovoltaïque) au détriment des énergies renouvelables thermiques (567 millions d’euros pour le bois-énergie, la biomasse ou encore la géothermie). Ces dernières représentent pourtant 60% de la production tricolore. Les garanties attribuées au photovoltaïque avant 2011 vont représenter 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2030 « pour un volume de production équivalent à 0,7% du mix électrique ». Surtout que, contrairement à d’autres pays européens, la production électrique française n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre en raison de la part de l’énergie nucléaire et de l’hydroélectricité. Enfin elle déplore qu’aucun champion industriel du renouvelable n’ait émergé de la révolution énergétique malgré les sommes investies par le gouvernement. « Les objectifs en matière d’énergies renouvelables pour 2020 seront très difficiles à atteindre en l’absence notamment d’une refonte indispensable de nos procédures de recours contre certaines installations, victimes d’une opposition systématique », explique le sénateur Jean-François Husson, faisant référence aux projets de développement de l’éolien marin victime de multiples recours. 

Tout cela coûte donc fort cher en subventions pour des résultats contestables, surtout dans le cas d’un pays qui produisait 80% de l’énergie électrique par le nucléaire et dont la pollution carbone est inférieure à 1% de la pollution planétaire. Pour les EnRia, les vrais gagnants sont les entreprises de fabrication et d’implantation des EnRia, car cet argent part en grande partie vers l’étranger emportant avec lui une bonne part des subventions. Pour la voiture électrique, la décision gouvernementale de mettre à disposition une borne de recharge pour 10 voitures électriques va encore générer d’importants nouveaux coûts. Mais, compte-tenu de ce que nous avons vu plus haut, la question est : « en avons-nous encore les moyens ? » alors que notre consommation électrique est assurée puisque nous sommes exportateurs et que le remplacement progressif du parc automobile par des voitures diesel et essence moins polluantes est en cours. Remarquons aussi pour la voiture électrique que les subventions de 2500 par achat profitent essentiellement aux acheteurs aisés vu le prix actuel. Le bonus écologique total, part constructeur comprise, est de 6000 euros, soit pour un parc prévu d’ici 2022 de 150.000 voitures un montant de 900 millions d’euros sans compter le bonus sur la carte grise et l’installation des bornes de recharge à 15.000 euros l’une.

C‘est beaucoup de milliards manquant à la Santé, à la Sécurité, à la Justice, à l’Education, aux handicapés, aux chômeurs et aux petits salaires alors que toutes ces décisions engraissent des multinationales apatrides ou étrangères pour la plupart, que ce soit pour les éoliennes, les panneaux solaires ou les voitures électriques, comme Nissan par exemple.


Ce n’est pas d’un vent éolien dont la France a besoin 

Mais d’un vent de fronde contre cette politique

De plus en plus capitaliste se nourrissant 

D’une austérité de plus en plus forte

Visant à réduire notre résistance 

A un dépeçage programmé !
 
Claude Trouvé 
22/05/18