vendredi 11 mai 2018

L’accord nucléaire avec l’Iran scelle notre dépendance américaine


Je répète depuis des années que la voie suivie par la France dans sa politique économique et étrangère est une erreur historique. Notre appartenance politico-économique à l’Union Européenne a été une erreur majeure dans laquelle on a entraîné le peuple français par la désinformation et le non-respect d’un référendum. Il en est de même pour notre entrée dans l’OTAN dont nous nous étions contentés d’être membre associé et non membre à part entière. Ces deux liens cadenassent la France aux États-Unis, maîtres de l’OTAN et de l’UE, cadenassée elle-aussi ne serait-ce que par sa recherche du parapluie de défense américain et par la toute-puissance des banquiers judéo-américains présents partout, même à la BCE. Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien vient de nous jeter en peine figure les conséquences de notre politique de dépendance. Le voyage de Macron à Washington nous a ridiculisé devant le monde entier, et la tape de Trump dans son dos était celle du maître à son vassal. Le « Il est parfait » de Trump est celle d’un géant à un lilliputien pris pour son jouet.

L’attitude méprisante des médias à l’égard de Trump et l’attitude constante contre Poutine obscurcissent inutilement notre regard sur le monde. Ni l’un ni l’autre ne sont des saints, mais ils ont en commun qu’ils pensent d’abord aux intérêts de leurs pays respectifs. On peut désormais remarquer que c’est également l’attitude d’Angela Merkel sans parler de la Chine qui prépare avec la Russie un monde multipolaire où les États gardent leur indépendance. Seul grand pays du monde la France privilégie des positions idéologiques qui frisent le rêve impossible, sorte de mirage dans lequel on maintient le peuple contre vents et marées. Les positions de Macron en faveur d’une UE fédérale pose fondamentalement le principe du « tout ira mieux ainsi » et du « toujours plus d’UE ». C’est le dépouillement progressif de la souveraineté de notre pays alors que nous venons de passer en dessous de la moyenne de l’UE pour la croissance, le PIB/habitant, le déficit du commerce extérieur, et le taux de chômage, indicateurs qui devraient nous faire réfléchir. 

La machine à désinformer fait grand cas de notre passage du déficit budgétaire en dessous des 3% du PIB avec 67,8 Mds en retrait de 1,5 Mds par rapport au projet budgétaire initial 2017 et de 1,3Mds par rapport au déficit de 2016. Donc en réalité ce recul du déficit ne représente que 0,4% des dépenses. Avec 2218,535 Mds, la dette de la France est la plus élevée derrière celle de l’Italie. On oublie de dire que le budget 2018 augmente le déficit de 8,9 Mds par rapport à la réalisation 2017 soit de plus de 13%.

On omet de dire qu’en 2017, selon l’OCDE, notre commerce extérieur a été déficitaire de 79,13 Mds alors que l’Allemagne a eu un excédent de 248,87 Mds soit une différence de 328 Mds€ ! Nous qui pensons damer le pion à l’Italie, celle-ci fait un excédent de 47,44 Mds€ soit un écart avec nous de 126,57 Mds€. Mais nous pouvons constater combien la dépendance à l’euro ne favorise que l’Allemagne puisque l’ensemble de la zone euro n’affiche que 234,10 Mds€, les autres pays étant donc globalement déficitaires. Le montant de nos exportations/habitant rend compte de notre dynamisme économique qui s’avère peu supérieur à celui de l’ensemble de la zone euro et sensiblement derrière l’UE. La part du lion est pour l’Allemagne et ses satellites, l’Irlande étant un cas particulier. L’euro ne favorise en aucune façon notre commerce extérieur, ni celui des pays du « Club Med ». 

Ce processus d’entrée dans l’UE, puis dans la zone euro, et enfin dans l’OTAN nous a conduit à perdre les leviers de notre législation, de notre économie, de nos lois sociales, et de notre politique étrangère. Si notre peuple a vu tout ceci se produire lentement et a approuvé une gestion plus rigoureuse de notre économie, et a été persuadé que nos actions extérieures étaient justifiées par un aspect humanitaire, il se rend compte désormais que notre chômage reste endémique malgré une ponction fiscale plus grande, que les prestations sociales baissent, que la pauvreté grandit, que la Libye est détruite, que la Syrie ne l’est que partiellement grâce à l’intervention russe. L’accord nucléaire iranien n’a pu se faire que grâce à l’action russe même si la France y a œuvré, mais aujourd’hui tout est remis en cause.

Notre dépendance aux États-Unis est mise à nu par ce voyage raté de Macron chez Trump. Toute notre politique étrangère et militaire est subordonnée au bon vouloir de l’Oncle Sam et surtout à l’Etat profond qui le drive. Nous sommes allés combattre en Afghanistan, en Libye, en Irak et en Syrie, poussé par lui. Les raisons humanitaires apparaissent bien lointaines et les USA ont laissé l’UE se dépatouiller avec l’immigration massive que ces opérations militaires ont plus augmenté que ralenti. Nous avons pactisé avec les puissances de la péninsule arabique pour y vendre des armes, alors que ceux-ci en sous-main favorisaient la guerre en Irak et en Syrie. Nous leur avons vendu les armes qui servent au Yémen et nous y sommes discrètement engagés militairement dans une guerre religieuse soutenue par les USA pour le compte d’Israël dans sa guerre contre l’Iran. 

Nous n’arrêtons pas de nous compromettre, de nous prendre pour la gendarmette du monde, et nous voilà embourbés dans une remise en cause de l’accord nucléaire avec l’Iran, remise en cause pour le compte d’un pays étranger, Israël. Ce pays frappe depuis longtemps sur la Syrie et sa retenue ne tenait qu’à la surveillance diplomatique de la Russie. Sa cause n’est pas la nôtre mais la remise en cause de notre économie avec l’Iran touche nos intérêts. Nous voilà menacés par celui qui nous protège, notre allié américain, qui nous prend pour corvéables à merci. Sa puissance militaire dans laquelle il nous a enfermés, le carcan de l’UE qu’il a souhaité pour s’y installer militairement et y faire son marché, nous mettent aujourd’hui au pied du mur. L’UE est sommée de choisir et nous aussi, sous peine de perdre des marchés, mais celle-ci a peu de poids, sans puissance militaire et une dépendance commerciale au dollar. La France qui a voulu profiter du départ du Royaume-Uni pour se présenter comme le plus fidèle vassal des USA se retrouve paralysée et ceci d’autant plus que Macron n’a pas montré à Trump sa détermination sans faille à garder l’accord actuel avec l’Iran en prônant publiquement « un nouvel accord ».

Elle se place donc en position de faiblesse même avec son revirement actuel et la recherche du soutien allemand. L’Allemagne reste le vrai partenaire de l’UE du continent et il n’est pas sûr qu’Angela Merkel mène un vrai combat pour sauver l’accord. Les faucons de l’Etat profond américain souhaitent soutenir une guerre d’Israël contre l’Iran. Israël leur a demandé de réduire l’Irak à néant, maintenant c’est l’Iran qui est visé. Il l’est d’ailleurs depuis le début de la révolte civique en Syrie, un printemps accompagné comme tous les autres par la CIA, le Mossad et l’argent de milliardaires comme Soros.

La France a perdu toute chance d’influer sur le devenir de la Syrie, alors qu’elle avait une place de choix en tant qu’ancienne puissance coloniale. Elle a brûlé ses cartouches en Iran et se retrouve menacée dans ses propres intérêts par la puissance américaine à laquelle elle a vendu son âme. Mais on arrive au bout du bout de la guerre au Moyen-Orient et ce sont deux camps qui vont s’affronter sur l’Iran, le camp occidental avec nous et le camp de la Russie et ses alliés dont la Chine. Israël veut détruire l’Iran, les USA la Russie par épuisement économique et militaire avant de s’attaquer à la Chine, quitte à risquer un conflit mondial.

Notre dépendance aux États-Unis nous mène dans le mur. 

Ce mur est la guerre économique qu’accentue Trump,

Mais tout cela peut nous conduire à la GUERRE, 

Voulue par le complexe industriel des armes


Comme pour la 2ème guerre mondiale !




Claude Trouvé 
11/05/18