lundi 7 mai 2018

Le moment est venu de s’informer et de lutter ensemble


L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, dans des conditions contestables sur l’accès privilégié de celui-ci aux médias pendant les 18 mois de sa campagne et les seuls 18% d’électeurs à avoir voté pour lui, a eu pour principal effet de disloquer les principaux partis traditionnels. Le paysage politique français est composé de naufragés cherchant désespérément à rallier des sympathisants à défaut d’adhérents et même à assurer un chef de file incontesté. Par ailleurs le peuple est dans son ensemble désenchanté puisque selon un dernier sondage 60% du peuple français ne veut pas que Macron se représente en 2022. Je ne suis pas certain que si cette date était avancée à 2019, Macron serait éliminé tant est forte la puissance financière et médiatique qui le soutient. En dehors du fait que Macron est un « beau parleur » qui sait en même temps, brasser du vent, soulever la fibre patriotique de son peuple et le vendre à l’étranger, ce qui n’est pas donné à tout le monde, son impact sur l’opinion et son assurance dans ses propos sans entrave, ne sont possibles, malgré son mépris des gens de rien, qu’avec la certitude de disposer d’un soutien sans faille.


Dans ce contexte d’un jeune politicien, banquier de surcroît, commis comme le voyageur de commerce de l’UE aux mains d’une puissance financière économico-bancaire, la voie de résurrection des partis traditionnels est étroite. La totalité des grands partis a admis l’UE comme la panacée du bonheur du peuple ou tout-au-moins comme une nécessité nous garantissant une place de choix dans la mondialisation et une assurance de paix. Or l’axe fort et unique de Macron est le suivisme de l’UE et de l’OTAN. Pour mobiliser des électeurs potentiels, il faut non seulement défendre une grande cause mais en plus celle-ci doit se différencier nettement de celle du pouvoir en place. Or celui-ci œuvre derrière le flambeau de l’UE, flambeau accepté ou même souhaité par tous les grands partis. Chacun est donc à la recherche d’une grande idée nouvelle ou ancienne qui permettrait de ne pas jeter l’UE et l’OTAN aux orties et de soulever l’enthousiasme de sa clientèle passée ou à venir. Force est de constater que jusqu’à présent aucun des grands partis n’a réussi à trouver un thème qui lui permette de se démarquer nettement.



L’UDI et le trognon du parti socialiste ne peuvent que jouer sur les nuances de leur accord avec la politique Macron et chacun sait qu’ils attendent le prochain remaniement ministériel pour placer leurs pions. C’est le refuge des électeurs qui croient en Macron, en essayant de récupérer ceux qui gardent une petite dent contre le personnage. A gauche le parti communiste et lutte ouvrière n’arrivent pas à se rassembler, se concurrencent, et ne rejettent que les aspects sociaux de l’UE et le creusement des inégalités. Mais ce peuple du travail, issu du siècle dernier, se raréfie comme peau de chagrin avec les progrès de l’automation et de l’intelligence artificielle.



La France insoumise possède un leader charismatique mais aussi clivant dans son propre parti. C’est le chantre du « on va changer l’UE », ce qui veut dire que l’on ne la quitte pas avant longtemps car les négociations à 27 ont peu de chances d’aboutir avant la fin du mandat. Sa différentiation se fait sur la politique migratoire, laquelle échappe désormais aux Etats. D’ailleurs la Hongrie est mise au banc des accusés et passible de sanctions pour la fermeture de ses frontières. Son volet « écologie » est largement pris par Macron qui se veut le leader international dans la lutte contre le carbone ; et l’agitation médiatique sur le réchauffement climatique, plat réchauffé servi à tout propos par les médias. France insoumise fédère les râleurs mais n’a pas de projet crédible et consistant à proposer. Elle ne peut pas changer les Grandes Orientations de la politique économique de l’UE, soumises au bon vouloir de la BCE sous influence germano-américaine. Rien ne peut se faire dans l’UE sans son accord et son soutien.



Mais le problème est le même chez les Républicains, et le positionnement contre l’UE ne va pas plus loin qu’une remise en cause des politiques européennes sans une remise à plat par sortie de l’UE. Pour garder le vieux cliché gauche droite, on associe une politique encore plus contraignante dans l’austérité et presque aussi dure que celle du FN sur l’immigration. En plus la personnalité du chef n’est pas encore affirmée et de nombreux cadres prennent leurs distances en allant surtout vers le centre qui est plus prometteur pour leur carrière. La force du nombre de députés ne permet pourtant toujours pas à LR de se poser en premier parti d’opposition tant il y a d’actions libérales de Macron approuvées par les sympathisants de LR. Auprès de LR, Debout la France, penche désormais vers le FN et a gommé son orientation très engagée sur la sortie de l’euro, voire de l’UE. Ce parti tangue entre deux orientations de ses sympathisants et son rassemblement « Les amoureux de la France », qui veut ratisser large, reste très flou sur les réels buts poursuivis mis à part un souverainisme sous-jacent. Les listes d’actions ponctuelles ne suffisent pas à éclairer la ligne directrice. La lutte contre l’immigration a remplacé la ligne économique et l’assimile au FN.



Mais le FN, le grand parti d’opposition de droite, n’est pas encore sorti de son drame familial et la déconfiture (programmée ?) de Marine le Pen au second tour de la Présidentielle, pèse sur la crédibilité du parti où la jeune Marion se prépare à cliver le moment venu. Incapable de soutenir la sortie de l’euro, largement évoquée pendant la campagne, le FN se rabat sur l’immigration en soutenant une vue plus nationaliste que souverainiste sur l’économie. La sortie de l’UE est renvoyée aux calendes grecques et l’on ne donne pas cher d’un référendum soutenu par Marine sur ce sujet. Le FN tente le grand écart entre sa percée dans le monde ouvrier et des déshérités, et un phagocytage de la droite souverainiste. La politique migratoire, n’ayant que peu de chances d’évoluer dans les directives de l’UE qui sont incontournables, ne donne pas une consistance suffisante pour attirer en dehors de ceux qui veulent la tête à Macron, mais ils sont nombreux sur ce créneau et le FN reste encore un parti diabolisé à dessein depuis François Mitterrand. Le yoyo du « racisme » produit toujours son effet au moment du vote.



La conclusion de ce tour d’horizon est bien le constat qu’aucun des partis traditionnels ne peut enthousiasmer les électeurs et conduira à grossir le nombre d’abstentionnistes. La première question à laquelle les français doivent répondre est « UE ou pas UE ? » car tout ce qui les concerne en dépend. De toute évidence l’écologie est récupérée par tout le monde, et les partis des Verts sont là pour mémoire. Si la réponse est oui à l’UE, les convaincus vont se disperser entre tous les partis hors Macron ou accoquinés suivant des choix secondaires où le vieux clivage droite-gauche jouera son rôle. Ils prennent alors le risque de voir se dérouler en 2022 le même scénario qu’en 2017. Mais répondre oui à l’UE c’est souhaiter continuer dans le sens de la perte de choix nationaux. C’est se conformer aux desiderata de la bureaucratie Bruxelloise non élue, tant les divergences s’accroissent entre les 27 Etats, ce qui amène cette dernière à décider pour eux dans le sens voulu par la BCE. Il faut bien comprendre que celle-ci est sortie de son cadre statutaire indépendant de surveillance de l’inflation pour rentrer dans celui de gestion économique et monétaire des États.



L’autre alternative est un vrai changement que les partis traditionnels ne veulent pas choisir, préférant laisser la France reculer toujours un peu plus dans le monde et même par rapport à la moyenne des pays de l’UE comme l’ont montré les résultats économiques de 2017 avec une croissance inférieure à cette moyenne, et un déficit chronique du commerce extérieur qui crée une différence de 300 milliards entre nous et l’Allemagne, au bénéfice de celle-ci. L’Allemagne, ses satellites et les pays très aidés comme la Pologne et les pays Baltes s’engraissent sur les pays du sud dits « Club Med ». Alors que faire me direz-vous ? S’informer sur les apports et les contraintes de l’UE, sujet d’une désinformation à sens unique depuis une vingtaine d’années, et sur l’apport et les contraintes de l’euro. Un électeur désinformé ou qui refuse de la faire en prétendant que ce n’est pas son affaire, conduit le pays vers le totalitarisme, comme cela commence en France.



Le parti UPR, créé par François Asselineau, a un site très documenté sur les forces qui ont créé l’UE, sur ses grandes directives économiques, sur l’euro, etc. Sur YouTube c’est devenu le site le plus consulté de tous les partis politiques. Savez-vous pourquoi nous n’avons pas une monnaie unique avec l’euro, mais des monnaies nationales, libellées en euros et imprimées par les banques centrales des différents pays, et s’échangeant entre banques à raison de 1 pour 1 ? Ne dites pas bof, c’est un point fondamental à connaître à cause de ses conséquences, dont les taux différents d’emprunt des États. Vous trouverez l’explication et ses conséquences sur le site. Avant de voter, informez-vous. S’informer n’est pas adhérer mais ne pas s’informer c’est piétiner la démocratie comme le souhaite le pouvoir qui vous désinforme et empêche l’information.



Si nous voulons lutter tous ensemble pour le bien du pays

Il importe que les électeurs et toutes les forces vives

Soient informés sur le dessous des cartes pipées.

Le totalitarisme guette un peuple qui se replie

Dans l’ignorance et l’abstentionnisme

Et se complait dans l’aveuglement !



Claude Trouvé

07/05/18