jeudi 27 avril 2017

Voter Macron, c’est voter UE, s’abstenir c’est voter contre



Ce titre fait encore suite à de nombreux commentaires, la plupart gentiment réprobateurs. J’en remercie chaleureusement les auteurs étant bien entendu que je respecte leur opinion. Je le fais d’autant plus que jusqu’à présent je pratiquais le vote CONTRE, c’est-à-dire à regret, ou le vote utile pensant vraiment faire un acte citoyen de défense de la démocratie. Si j’ai pris cette décision de l’abstention, c’est que je suis tout-à-coup sorti du vote de routine devant la difficulté du choix proposé. Mon inclination suit celle de Philippe De Villiers, sur la menace que fait peser sur la France un flux migratoire qui ajoute au danger de la submersion par le nombre, la perspective de voir notre identité historique judéo-chrétienne se plier à une majorité musulmane dont le crédo est la charia. L’égalité homme-femme et la laïcité n’y sont d’ailleurs pas les bienvenus.

Sur ce dernier point on sent déjà que la laïcité est combattue par des écoles musulmanes sous contrats ou non et parfois illicites. Si l’on a réussi jusqu’à présent à donner aux autres religions un espace privé d’éducation sous contrôle de l’Etat, il est à craindre que la pression d’une religion musulmane, en pleine expansion alors que la religion chrétienne se replie, ne fasse basculer le fragile équilibre d’une laïcité chèrement gagnée. Ceci est d’autant plus risqué que l’argent de la péninsule arabique se déverse abondamment dans ce secteur de l’éducation et de l’accompagnement social. La vérité sur l’augmentation de la population française n’est pas dite. On se réjouit en omettant de dire que nos enfants dits de souche ou vraiment assimilés forment des familles où le nombre d’enfants est décidé en fonction des disponibilités d’argent mais aussi par une aspiration au confort personnel qui prend le pas sur la volonté de procréer. L’aspiration des familles musulmanes est en grande majorité très différente et la progéniture a une importance première. 

Il n’est pas compliqué de comprendre que sous le triple effet de l’immigration légale et clandestine, du regroupement familial et de la fécondité supérieure, la France peut changer rapidement, en moins d’une génération, de mode de vie cultuelle et culturelle. Les français sont-ils prêts à cela en majorité ? Poser la question est déjà créer un clivage pire que celui du mariage pour tous. On voit déjà voler les mots de racisme et d’inconscience. Une réponse à ce sujet ne peut pourtant être écartée. Mais il en est de même d’un autre sujet, le plan énergétique français qui touche à l’indépendance de notre pays, à la pollution et au coût du kWh. Ce dernier a un impact économique important sur les consommateurs, particuliers et entreprises. Le plan allemand des énergies renouvelables a déjà coûté plus de 500 milliards. Alors que l’Allemagne s’abreuve des excédents de son commerce extérieur, nous continuons dans un déficit chronique. Les moyens financiers de notre pays ne sont donc par les mêmes. Sommes-nous prêts à payer ce prix ? Il importe aussi que ce sujet soit abordé sous ses aspects financiers, environnementaux, sécurité, et ses aspects de progrès technique, parmi les priorités d’un quinquennat.

Si je parle de ces deux sujets, c’est que tous les deux ne peuvent être résolus par notre simple décision française. Les deux politiques migratoires et énergétiques sont l’apanage de l’Union Européenne. J’ai déjà rappelé la tentative de Valls de réglementer la circulation des Roms qui pose des problèmes de voisinage en France. Les déclarations autoritaires se sont terminées en rase campagne par une abdication de l’impétrant. Ce que nous vivons sur l’un et l’autre de ces sujets suit des impulsions qui viennent de l’UE. Elles peuvent même donner lieu à des injonctions passibles de condamnations. La feuille de route de chaque pays peut ne pas avoir le même objectif sur le plan quantitatif mais pas sur le plan qualitatif. Les différences de vitesse de réalisation sont négociables mais par le but final. Il en est d’ailleurs de même pour le budget de l’Etat. On a pu négocier les délais d’obtention du déficit budgétaire à 3%/PIB mais pas la valeur mise dans les traités. 

Tout ceci pour dire que rien de tout ce qui est promis par nos deux candidats ne peut échapper à la lorgnette des commissaires de Bruxelles quand ils ont un impact budgétaire, environnemental, énergétique, etc. Les grandes lignes des actions à mener sont contenues dans les Grandes Orientations de la Politique Economique européenne, et envoyées à l’ensemble des pays de l’UE depuis juin 2016 pour une période d’au moins un an renouvelable par tacite reconduction. En réalité il s’agit d’un plan annuel remis chaque année au goût du jour. En conséquence la question centrale est la suivante ? Sommes-nous bien dans l’UE ou voulons-nous en sortir ? Si nous sentons que l’UE est un lit douillé, nous devrons accepter d’y perdre de plus en plus de notre indépendance comme nous pouvons le constater depuis 20 ans. Le programme que nous voterons à travers le candidat, Macron en l’occurrence, sera la traduction des orientations et directives européennes, comme il a si bien su le faire avec la loi travail. Mais si nous voulons pouvoir mettre en œuvre un programme et des promesses qui sont divergentes de celles de l’UE, nous rentrerons dans une phase de conflit, voire de remise en cause des traités.

Dans le premier cas nous savons tous que quand on utilise une recette de cuisine qui ne donne pas un plat mangeable, la répétition de la recette donne toujours le même résultat. Nous savons donc à l’avance que ce n’est pas en rajoutant un peu de sel et de poivre qu’un mauvais plat devient bon. Ce n’est pas en dopant la compétitivité des entreprises par des déversements d’argent ou d’allègements de charge que nous comblerons une différence de compétitivité de 15% par rapport à l’Allemagne et de 10% par rapport aux Etats-Unis. L’écart est d’une autre échelle de grandeur. La croissance mondiale est en baisse et l’UE est en retard par rapport à l’ensemble des autres pays. A peine pouvons-nous espérer ne pas continuer à descendre plus vite que la moyenne des autres pays de l’UE. Néanmoins si l’UE reste attractive ou que le vendeur est convainquant, il faut voter pour lui. Mais voter Macron, c’est voter pour l’UE. 

Si Macron appliquera sa feuille de route sans créer de réels problèmes à l’UE, mis à part quelques bravades histoire de montrer à son peuple qu’il ne s’en laisse pas compter, Marine Le Pen affiche une volonté d’engager le fer avec l’UE, mais forcément avec nombre de pays de l’UE tant les divergences sont grandes sur les souhaits des uns et des autres. Notre préférence nationale ne peut s’imposer sans soulever des crises dès qu’elle s’éloigne des traités. La bronca venue de Bruxelles sur l’utilisation vraie ou fausse d’assistants parlementaires par toute la famille Le Pen montre bien qu’elle est loin de réunir là-bas un consensus autour d’elle. D’ailleurs elle évite soigneusement de parler de la sortie de l’UE comme d’un objectif indispensable pour replacer la France dans une trajectoire indépendante mais plutôt comme un lot de consolation après avoir ferraillé à Bruxelles dans un temps que l’on est bien incapable de déterminer. Comment apprécie-t-on un échec des négociations ? Si l’on a moins de 50% de résultats positifs est-ce un échec ou un succès ? S’en contentera-t-on ? Mais l’UE et les autres pays accepteront-ils que l’on remette en cause les traités ? Il n’y a pas promesse de sortie, il y a promesse de discussions dont la fin est inconnue.

De plus au contraire de Macron, Marine ne cherche pas à réunir un consensus mais à être élue donc le vieux clivage gauche-droite va ressurgir à contretemps puisque le problème n’est plus là. Le problème majeur est l’UE sur lequel l’arc républicain joue sa survie et présente une majorité. Une France clivée par le traitement de l’immigration, ne peut laisser Marine Le Pen en paix et ce n’est pas l’UE qui lui viendra en aide, ni toute la puissance médiatique de l’oligarchie financière. Voter Marine Le Pen c’est voter pour un faux espoir de sortir de l’UE et un combat contre l’UE et l’oligarchie financière que même Donald Trump n’est pas sûr de gagner. De mon point de vue les dés (l’oligarchie financière) ont désigné Macron mais l’élection de Marine Le Pen ne peut pas nous sortir des griffes de l’UE car elle n’en fait pas un objectif clair et est prête à composer. De plus le pays sera dans la rue très rapidement et l’invective entre deux clans n’arrangera pas les choses. On voit déjà que sa campagne est perturbée et le sera encore plus si les sondages frémissent pour elle. 

Quand on n’a pas les bonnes entreprises, on s’abstient normalement de leur donner le chantier. Quand le chantier est néanmoins attribué par un vote, dans ce cas on s’abstient. Cela a l’avantage d’ôter de la crédibilité au choix fait et de pouvoir peser le moment venu sans être taxé d’avoir fait un mauvais choix. Si je comprends très bien que l’on ne fasse pas ce raisonnement, puisqu’il ne fut pas le mien auparavant, je donne néanmoins rendez-vous pour en reparler dans quelques mois à tous ceux qui auront voté à contrecœur en croyant bien faire pour leur pays. Prenons conscience qu’un taux d’abstention record précipitera les choses et se saura dans le monde entier. Le vote blanc est sans autre intérêt que de faire savoir que l’on a rempli son devoir électoral aux yeux des autres. Il ne s’ajoute pas aux abstentions.
 
Si l’on croit malgré tout aux vertus de l’UE, on vote Macron. 

Si l’on croit que Marine s’imposera à l’UE, on vote FN.

Si on en doute pour Marine Le Pen, on s’abstient. 

C’est l’attitude la plus démocratique qui soit

Lorsque l’on n’a pas fait un choix POUR 

Mais que l’on vote à regret !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon