jeudi 20 avril 2017

Pourquoi et comment sortir de l’OTAN



Le Président de la République Française n’est plus qu’un pantin servant de vitrine et surtout à faire illusion parce qu’en réalité quelques grandes fortunes et un complexe militaro-industriel dirigent une grande partie du monde par le dollar et la puissance militaire américaine. Ils influent sur l’Union Européenne et s’octroient même le pouvoir sur notre armée avec l’O.T.A.N. La souveraineté économique et monétaire de la France lui est enlevée et elle doit présenter son budget à Bruxelles. On la tance, on l’oblige, car la France ne respecte toujours pas les critères de Maastricht sur la dette et le déficit public/PIB. Elle est en position de faiblesse face à l’Allemagne qui vient de rentrer dans les 3% de déficit et peut commencer à diminuer sa dette. Un État a normalement deux atouts-maîtres pour assurer son autorité et son indépendance. Il frappe monnaie et il dispose d’une armée. Ainsi il a une action sur l’économie et sur sa politique étrangère qui définit les alliances, les menaces et les moyens de défense du territoire. L’ensemble garantit son indépendance.

Ces deux marques de l’indépendance de la France ont disparu, nous sommes dépendants de Bruxelles et des États-Unis. En réalité nous sommes dépendants d’une oligarchie occidentale, et principalement anglo-saxonne. Si la sortie de l’UE peut nous permettre de récupérer notre indépendance économique et sociétale, il n’en est pas de même de notre politique étrangère et de l’utilisation de nos forces armées. On peut même y ajouter la maîtrise du flux migratoire. En effet la politique migratoire est attribuée à l’UE qui est censée d’ailleurs assurer la maîtrise des frontières de l’UE, ce qu’elle est incapable de faire. Mais lorsque la Turquie, membre de l’OTAN et encore seulement postulante à l’intégration à l’UE, marchande son flux de réfugiés, les États-Unis imposent en fait la politique migratoire. Notre intégration dans l’OTAN nous lie à la Turquie et donc à la gestion de l’immigration en provenance du Moyen-Orient. De même nous participons à la guerre au Moyen-Orient dans le cadre de l’OTAN, et même en dehors des autorisations de l’ONU. Ces interventions en terre musulmane dressent encore plus contre nous cette communauté dans son ensemble puisque nous combattons Daech et Bachar El-Assad à la fois. 

Après l’intervention en Libye, où nous avons opéré avec l’insistance et l’aide américaine en outrepassant d’ailleurs les autorisations de l’ONU puisque nous ne nous sommes pas limités à des attaques aériennes, nous avons provoqué un éparpillement d’armes et de combattants qui nous a entraîné dans une opération de longue haleine non seulement au Mali mais aussi au Tchad, au Niger, etc. L’Afrique occidentale est déstabilisée jusqu’au Nigéria. Le flux migratoire a pris une dimension nouvelle à partir de la côte libyenne accumulant l’exode économique et la fuite devant la guerre. Le vœu d’autonomie du peuple berbère au Mali n’est toujours pas réglé et les conflits ne sont pas prêts de s’éteindre. Boko Haram voit arriver de l’argent de la péninsule arabique, péninsule avec laquelle nous collaborons commercialement et militairement. Notre politique est aussi ambiguë en Irak et particulièrement en Syrie, comme celle des États-Unis et de la Turquie dans le cadre de l’OTAN. On ne sait plus si c’est Daech ou Bachar El-Assad que nous combattons

Nous dispersons nos forces spéciales dans des pays dans le cadre de l’OTAN jusqu’au Yémen où le gouvernement et les médias passent sous silence les massacres qui y sont perpétrés par l’Arabie Saoudite. La France n’est plus la médiatrice reconnue dans le monde qui cherchait la paix par la diplomatie mais un protectorat des États-Unis que nous assistons dans leur volonté guerrière hégémonique. La France est ressentie dans tous les pays où elle intervient militairement ou diplomatiquement comme une faiseuse d’embrouilles, de destructions de patrimoine et de populations vouées à la mort ou à l’exode. Pour un vieil homme qui a connu l’exode de 1940 sur les routes de France, qui a entendu le bruit des bottes allemandes, la guerre a bien sûr sur son esprit un poids de haine que la plupart des plus jeunes ne peuvent ressentir. Car la guerre engendre la guerre et le plus bel acte de paix de la France de De Gaulle est la poignée de main au chancelier allemand Adenauer. Aujourd’hui les États-Unis nous dressent contre la Russie et bientôt la Chine. C’est pourquoi des soldats français se mêlent aux soldats américains qui débarquent en nombre dans les pays Baltes et en Roumanie. 

L’OTAN n’avait plus sa raison d’être après la chute du mur de Berlin et surtout après la disparition de l’URSS. La Russie perdait ses Républiques sous la promesse que l’Union Européenne et l’OTAN ne s’étendraient pas plus vers l’Est. Nous n’avons pas tenu parole et l’UE arrive aux frontières de la Russie avec sa tutelle militaire, l’OTAN. Pour renouveler la nécessité de la présence de l’OTAN en Europe, on brandit la menace russe, soi-disant toujours prête à envahir l’UE. On se sert de l’exemple de la Crimée pour justifier cette position en oubliant que d’une part à la Crimée était russe avant d’être rattachée à l’Ukraine, que d’autre part le peuple de Crimée a une écrasante majorité a voté celui-ci. D’ailleurs on peut constater que cette région n’est pas en proie à une révolte de la population qui parle russe en grande majorité. On stigmatise la Russie comme une puissance conquérante alors que les États-Unis ne cessent de détruire des États sur la fausse bannière de la démocratie, et d’implanter des bases tout autour de la Russie et de la Chine. Si la Russie avait voulu récupérer le Donbass, cela lui aurait été facile tant elle aurait eu le soutien de la population qui veut son autonomie.

Dans ce conflit qui oppose la Russie et les Etats-Unis en Ukraine et au Moyen-Orient, la France a perdu son aura de médiatrice, d’organisatrice d’une paix négociée, parce qu’elle est maintenant reconnue comme la voix des États-Unis. De la même façon non seulement nous ne sommes plus en mesure de jouer le rôle de médiation que la France pourrait avoir, en particulier en Syrie et d’une façon plus large dans le monde arabe en général, mais on nous désigne comme une cible ennemie rêvée chez les djihadistes. Nous sommes, comme la Belgique, un pays en voie d’islamisation prêtant un refuge de plus en plus idéal pour y mener une guerre de l’ombre. Les complicités deviennent de plus en plus faciles à trouver et les attentats d’autant plus faciles à organiser. L’attentat qui vient de se dérouler hier soir sur les Champs-Élysées montre que notre action extérieure dans une coalition fonctionnant sous l’égide des États-Unis en est la principale raison. C’est notre rôle de supplétif au sein de l’OTAN qui nous amène à une alliance tous azimuts laquelle nous entraîne jusque dans des guerres illégales où les vrais buts n’ont plus rien à voir avec la défense de notre territoire ou celle de la démocratie dans le monde. 

Si la plupart des musulmans arrivés en France depuis une vingtaine d’années sont pacifistes, si la première génération d’immigrés avait un travail lui permettant de vivre en célibataire, la conjonction du regroupement familial, du chômage et de leur mode de vie concernant la fécondité des femmes, sert de vecteur au rêve des autorités religieuses, liées en particulier aux Frères Musulmans, l’islamisation de la France et l’imposition de la charia sur le peuple et le pouvoir politique. L’apparition d’un parti politique musulman dans les prochaines législatives est un signe de cette évolution. Notre action guerrière sur les terres de l’oumma sert cet objectif et enrichit une action de radicalisation chez nous qui porte ses fruits dans une jeunesse désœuvrée qui tombe dans le trafic, la délinquance, et la haine. Aux erreurs antérieures commises dans notre politique migratoire, nous ajoutons désormais une guerre ressentie comme religieuse alors que la religion musulmane s’implante chaque jour un peu plus dans ce pays.

Pour toutes ces raisons il faut sortir de l’OTAN mais l’UE a assuré sa défense par celle-ci. L’UE et l’OTAN sont liées. Sortir de l’OTAN sans sortir de l’UE n’a pas de sens, car dans l'UE nous ne pourrons pas rester neutres.


La politique étrangère américaine est hégémonique 

Et ce pays pratique la guerre depuis 200 ans.

Il nous enserre dans une alliance militaire 

Qui n’a plus de raison d’être sans l’URSS

En rallumant la guerre avec la Russie. 

Quittons l’OTAN au plus vite

Pour retrouver notre aura 

Médiatrice pour la paix !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon