samedi 8 avril 2017

Sortir de l’UE oui ou non ? Et comment ? (1ère partie)

L’attaque américaine sur une base militaire syrienne, est en dehors de tout respect des traités internationaux signés par tous les pays siégeant à l’ONU. Elle montre, encore une fois, qu’ils sont bafoués par les USA, qui se croient au-dessus du droit international, et qu’un traité ne vaut pas plus pour eux qu’un chiffon de papier. Ce n’est évidemment pas la première fois et nous faisons de même en envoyant des forces spéciales en dehors de tout accord de l’ONU. Nous détournons la lutte contre Daech en une guerre contre Bachar el-Assad, dont on oublie de dire qu’il a été élu démocratiquement et que la majeure partie de la population le soutient, comme peuvent le constater les journalistes indépendants en se rendant sur place. Il n’y a qu’à voir la satisfaction des habitants d’Alep qui retrouvent une paix précaire certes mais saluée par une euphorie quasi générale. Une crise humanitaire encore plus grave mais bien peu médiatisée est en cours à Mossoul où la ville s’effondre sous les bombes. Nous sommes aussi présents au Yémen avec notre partenaire américain et ami saoudien pour y perpétrer un nouveau massacre passé sous silence des médias. La France est devenue le pays de la Guerre et le pays honni au Moyen-Orient et c’est en cours en Afrique.

Chacun d’entre nous continue à chérir la Paix mais nos gouvernants laissent périr les chrétiens d’Orient, bombardent sans répit, répandent la terreur, et s’insurgent quand celle-ci nous atteint au cœur de notre pays. Notre politique est calquée sur celle des États-Unis, qui n’a cessé de répandre la terreur en Asie, en Afrique, en Amérique centrale et du Sud, pour soumettre les pays à leur diktat et à leurs intérêts. L’OTAN et l’UE, bras armés et complices des États-Unis nous entraînent dans des guerres qui, non seulement ne nous concernent pas, mais qui se retournent contre nous. Elles engendrent l’excitation des actes terroristes chez nous, des flux migratoires devenus incontrôlables, la montée des budgets de la Défense dans de nombreux pays du monde et une dispersion des armes dont ne profitent que les marchands qui soufflent sur les braises. On ne peut pas sortir de l’OTAN et refuser d’être solidaire avec Bruxelles. L’UE et l’OTAN  forment statutairement un tout. Donc s’il n’y avait qu’une seule raisons de sortir de l’UE, celle-ci est sans doute la plus importante. 

La France a une force de dissuasion nucléaire qui lui assure son fauteuil de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Elle a une vocation défensive et ceci lui inspire le respect des autres peuples. Elle lui donne encore plus de poids pour avoir une vocation de paix et non de guerre dans le monde. Il est temps que le peuple français en prenne conscience. Nous avons un rôle à jouer par notre langue, notre culture, notre histoire, et notre présence territoriale et maritime partout dans le monde. La France n’a pas la vocation d’être le vassal des États-Unis, elle peut être seulement une amie plus proche mais une amie qui tend la main à l’Ouest et à l’Est dans un rôle d’équilibre qui est le meilleur garant de la paix.

Mais la sortie de l’UE permet de sortir du joug économique de l’Allemagne en adaptant notre économie à une monnaie qui garantit sa compétitivité. Il est illusoire de penser que la politique d’austérité, qui n’est qu’une dévaluation interne, est de nature à rétablir un équilibre avec l’Allemagne, l’écart de 15% est trop grand. La dévaluation interne consiste à rogner un peu partout, sur les salaires et les prestations sociales. Elle consiste à supprimer des dépenses de l’Etat sur les investissements publics et les fonctionnaires pour permettre un abaissement des impôts sur les sociétés et malheureusement sur les grosses qui échappent le plus facilement à l’impôt. Tout ceci est contenu dans les Grandes Orientations Politiques Économiques européennes, les GOPÉ. C’est le programme européen qui mène la Grèce au désastre, ce pays où Tsipras a finalement trompé son peuple en n’ayant pas le courage de lui faire comprendre que l’euro était mortifère pour son pays. Il faut dire que la pression de la BCE et de l’Allemagne a été sans pitié, ce qui montre au passage que la solidarité européenne n’existe pas en soi, elle dépend de la position de l’Allemagne. 

La dévaluation interne, qui permettrait de rattraper l’écart de compétitivité évalué à 15%, est d’une ampleur que nous ne pouvons atteindre sans une grave crise sociale et un appauvrissement insupportable. La révolte du pays finirait par paralyser notre pays. C’est pourquoi la dévaluation doit être externe, c’est la dévaluation de la monnaie que la France avait toujours pratiquée autant que de besoin. Certains font remarquer que, si nous procédons ainsi, d’autres pays vont dévaluer, comme l’Italie et l’Espagne. C’est justement ce processus de réajustement des économies qui est interdit pas la monnaie unique. Nous serons plus compétitifs vis-à-vis de l’Allemagne et moins envers l’Italie. Globalement nous serons tous gagnants sauf l’Allemagne, mais c’est cette économie allemande qui crée le déséquilibre actuel. L’Allemagne fait 247 Mds€ d’excédent dans le commerce extérieur en 2016, quand nous avons un déficit de 48 Mds€. Cette situation ne peut durer éternellement sans plonger les pays du sud, les uns après les autres dans la pauvreté et la récession.

Évidemment sortir de l’UE implique la sortie de l’euro et c’est finalement ce dernier point qui passe le moins bien dans l’esprit des français à qui l’on serine depuis plus de dix ans que la sortie de l’euro serait catastrophique. Tout d’abord, si notre salaire ou notre pension ne sera plus en euro mais en franc, la baguette de pain à 1 euro sera affichée à 1 franc tout simplement. La dévaluation ne se sentira que sur les produits importés qui ne font pas partie de nos besoins de base, mis à part l’habillement mais il existe encore des entreprises françaises et les vêtements étrangers baisseront leurs prix pour vendre. L’écart d’une dévaluation de l’euro de 10% par rapport au dollar et de 15% par rapport à l’euromark aura un impact faible finalement sur l’inflation. L’essence et le gas-oil ne seront que peu impactés puisque l’essentiel à 72% est dans les taxes et que le raffinage peut être fait en France. 

Par ailleurs la dette française est à 97% dans la monnaie du pays. La monnaie en France sera, non plus l’euro mais le franc. La « lex monetae », reconnue internationalement, permettra à notre pays de ne voir qu’une augmentation de 10% de 3% soit 0,3% représentant un alourdissement d’environ 6 milliards, chiffre inférieur aux 9 milliards que nous donnons à l’UE par an. Le gain que l’on peut attendre de cette sortie se sentira rapidement sur l’équilibre de notre commerce extérieur et les rentrées fiscales dues à une dynamique de croissance créatrice d’emplois. La politique d’austérité doit peser sur l’État et les dépenses inutiles de rouages administratifs trop complexes, comme ceux de l’architecture territoriale, sans détérioration du service public. On peut aussi alléger toute la pyramide législative du côté de l’Assemblée et du Sénat, etc. Le retour au contrôle des capitaux doit permettre de récupérer de nombreux milliards plus facilement et d’éviter le départ d’un patrimoine foncier, immobilier, artistique, scientifique, et industriel qui nuirait à notre pays. Oui il faut sortir de l’UE car les avantages à moyen et long terme dépassent désormais les inconvénients temporaires du très court terme. Il nous reste à voir qu’elle est la meilleure manière d’y arriver.
 
L’expérience de 25 ans d’UE, de 16 ans d’euro et de 8 ans d’OTAN 

Est suffisamment négative pour que la France change de route. 

Le chômage endémique, la pauvreté à 9 millions d’âmes, 

La croissance molle, les prestations sociales en baisse, 

La désertification industrielle et agricole, 

Et la France vassale de la Guerre, 

Font de la sortie de l’UE-OTAN 

Une urgence pour le peuple !
 
Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon