dimanche 9 avril 2017

Sortir de l’UE oui ou non ? Et comment ? (2ème partie)

La France est dans le piège du protectorat américain à qui nous avons confié la défense de l’Union Européenne. Notre entrée dans l’OTAN met ipso facto notre défense nucléaire sous la dépendance américaine. En désignant la Russie comme notre ennemi numéro 1 tout incident majeur, comme le bombardement américain en Syrie, pays reconnu par l’ONU et allié de la Russie, peut nous entraîner dans un conflit majeur dont l’arme nucléaire n’est pas exclue. Notre appartenance à l’OTAN nous place réciproquement dans les ennemis de la Russie que d’ailleurs nous sanctionnons. Notre appartenance à la l’UE nous mène vers une politique fédéraliste, une Europe des régions, où les lois seront les mêmes pour tous et où les Etats-Unis pourront appliquer le TAFTA, le dernier lien économique qui clôt le chapitre de la dépendance hégémonique aux États-Unis et qui n’est toujours pas jeté aux oubliettes. Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne déclare : "Il n'y a plus de politiques intérieures nationales" ; "Les lois appliquées dans les 28 États membres sont, en très grande partie, décidées par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne...." 

On peut reprocher beaucoup de choses à Charles De Gaulle mais il reste le dernier grand visionnaire de notre histoire contemporaine. Ses propos sont d’une brûlante actualité. Si la sortie de l’UE ou sa refondation complète est soutenue par plusieurs partis, l’opinion du peuple français n’est pas encore majoritairement faite, car la sortie de l’euro est ressentie comme une menace et la perte d’un rêve symbolique de la fraternité entre les peuples européens. Les candidats qui veulent refaire une autre Europe sont nombreux mais leurs conceptions sont très diverses. Benoît Hamon aspire à une mini-UE fédérale, Mélenchon veut employer la force de la France pour faire plier l’Allemagne, Dupont-Aignan veut se faire assister par des pays voisins du sud pour imposer des modifications fondamentales des traités, et Marine Le Pen veut imposer la vision d’une France indépendante au sein de l’UE. 

Toutes ces visions se heurtent à la difficulté de changer les traités dans le cadre légal de l’unanimité des membres. Ceci rend un accord long à obtenir et improbable sans une dislocation de l’UE qui s’y opposera d’ailleurs grâce aux forces des puissances de l’argent dont les Etats-Unis d’Europe sont l’objectif. Il est au contraire fortement probable que cela amènera à une dislocation de l’UE de toutes façons et ceux qui veulent reconstruire une autre Europe que celle des patries ou des nations ou des peuples, comme le souhaitait De Gaulle, trahissent le fond de sa pensée. Il ne voulait qu’une France indépendance libre de ses choix, de ses traités, de ses alliances, sans se soumettre à aucune autre autorité que celle de l’ONU, qui lui semblait pourtant une coquille vide à l’époque. Les mini-UE dans l’UE, les plans B, l’UE rénovée par des traités moins contraignants, le rêve impossible de « l’indépendance dans l’interdépendance », formule célèbre pour vendre aux français l’indépendance du Maroc, ne sont que des formules qui montrent que ces candidats ont peur du saut dans l’indépendance et de ne pas savoir convaincre les électeurs.

Ce n’est qu’une manœuvre politique destinée à retarder la décision de sortie par des négociations et d’ajouter le parfum démocratique du référendum lors d’une élection présidentielle. Cela montre un manque de courage ou de détermination chez certains et une volonté finale de ne pas sortir de l’UE pour d’autres. L’affrontement avec l’Allemagne de Mélenchon ne peut pas aboutir à une période d’entente cordiale. Les sacrifices demandés n’auront pas l’assentiment du peuple allemand qui a d’autres préoccupations démographiques qui divisent ce peuple pour longtemps. Il sera même difficile de trouver un consensus parmi les pays du sud tant l’écart s’est creusé entre la Grèce, le Portugal et notre pays. L’Allemagne sait que tous les yeux vont se tourner vers son porte-monnaie au fur et à mesure que l’écart de son économie avec les autres pays du sud se creuse. Mais elle sait aussi qu’il lui est difficile de partir d’elle-même car nombre de pays auront l’impression qu’elle part avec la caisse après avoir dépouillé un certain nombre d’entre eux. 

On peut comprendre que l’Allemagne, pilier de l’économie européenne, préfère que l’UE se disloque par la sortie d’un membre fondateur comme la France ou l’Italie. Nos relations avec elle ne sortiront pas d’une opposition de principe, plus politique que réelle. De toutes façons, l’UE, en difficulté interne et affaiblie par le Brexit qui la prive de ressources, ne résistera pas longtemps à la sortie de la France. L’Allemagne cherchera à regrouper autour d’elle les pays qui lui ont été historiquement liés et les pays du sud regarderont de nouveau vers le pourtour de la Méditerranée où l’Afrique en forte croissance ouvre des débouchés commerciaux énormes. Ceux-ci, dans le cadre d’un partenariat d’égal à égal, sont un moyen d’amener une diminution du flux migratoire. La politique vers l’Afrique est à repenser et la France peut y jouer un rôle majeur.

Il faut bien comprendre que chaque jour qui passe nous affaiblit un peu plus dans le concert économique mondial. Les politiciens qui sont dans les mains du Système des puissances anglo-américaines de l’argent, et ceux qui sont prêts à trouver des compromis ou à se retrancher derrière un référendum dont l’issue sera d’autant moins favorable à une sortie que le Président élu aura tergiversé, seront responsables d’un retard préjudiciable, voire d’un abandon de la décision qui s’impose. On ne peut faire confiance, si l’on croit que la France est victime de l’UE, qu’à un Président qui affirme haut et fort qu’il est élu pour cela et qu’aucun compromis n’est bon pour notre pays. C’est ainsi que De Gaulle a mené la France devant le diktat américain, la France libre de ses choix et de son destin. Informez-vous sur le candidat Asselineau, vous y trouverez peut-être la réponse à vos interrogations.


Tu veux ou tu veux pas ? Telle est la question de fond 

Qui est posée au peuple qui va élire son Président.

Tu penses que l’UE-OTAN c’est bon ou non ? 

Si non alors ne crois pas adapter les GOPÉ 

A ton bon vouloir, c’est un tout 

A prendre ou à laisser !
 
PS : Les GOPÉ, sont les Grandes Orientations de la Politique Européenne, publiées le 26 avril 2016 et imposées à tous les pays jusqu’en 2018, que le nouveau Président sera chargé de mettre en œuvre quel qu’il soit s’il ne sort pas immédiatement de l’UE. Mais les GOPÉ ne sont que l’émanation de la stratégie des puissances de l’argent (banquiers, grandes sociétés pétrolières, pharmaceutiques, numériques, etc.) mise en musique par la technocratie bruxelloise non élue mais payée pour cela. C’est d’elles que viennent l’augmentation de la TVA, loi Macron- El Khomri, la baisse de charges sociales aux entreprises, etc. Lisez-les sur le lien ci-dessous, vous comprendrez mieux ce qui vous attend… dans la dépendance à l’UE.



Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon